Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Les Dirigeants de la République Démocratique du Congo ont récemment annoncé la finalisation d’un nouveau contrat à la suite de l’indignation populaire suscitée par la gestion relative au dossier du passeport biométrique. L’euphorie n’a toutefois été que de courte durée. Après la rupture annoncée avec Semlex, c’est finalement une filiale de ce groupe qui a été choisie pour la reprise des activités de production et de délivrance des passeports biométriques. En 2015, les autorités Congolaises avaient attribué le contrat de fourniture de systèmes d’identification et de documents d’identité a une société du nom de Semlex.En termes d’objectif, cette entreprise devait fournir 1850.000 passeports en l’espace de cinq ans. Cette échéance arrivée à terme, Semlex n’a toutefois été en mesure que de produire 693.000 passeports. Quelques années plus tard, l'agence de presse Reuters mettait à nu, un montage financier grâce auquel une partie des recettes générée par le passeport était transférée vers une entreprise à l’étranger. Cette agence de presse révélait également que le gouvernement congolais ne percevait que 35% des recettes liées à la délivrance du passeport.

 

A travers une enquête détaillée, Reuters précisait par ailleurs que l'essentiel des 185 dollars payés par le requérant du passeport allait en direction de deux sociétés. A ce sujet, le Dr Qemal Affagnon relate que le gouvernement Congolais ne percevait que 65 dollars sur les 185 payés.  Le responsable Afrique de l’Ouest d’Internet Sans Frontières ajoute que le reste du montant de 185 dollars était réparti entre Semlex et la société LRPS basée à l’étranger.  Bien qu’elle soit domiciliée aux Emirats arabes unis, les congolais découvrirent que cette société est détenue par Makie Makolo Wangoi, une proche de l’ex-président Joseph Kabila. De plus, certaines sources révèlent que depuis l’entrée en vigueur du contrat avec Semlex, cette société écran aurait déjà encaissé plus de 36 millions de dollars. Face aux accusations qui pèsent sur son prédécesseur, Félix Tshisekedi annonça que le contrat qui lie l’Etat Congolais à la firme Semlex n’allait pas être renouvelé. Le Dr Qemal Affagnon relate que la firme Semlexest parvenu à mettre en place un réseau de corruption qui sévit dans plus d’une dizaine de pays africains. Face au tollé que provoque cette affaire RDC, le chef de l’exécutif Congolais s’est empressé d’annoncer son intention de lutter contre les pratiques de détournement de deniers publics.

 

Dans ce pays d’Afrique centrale, nombreux sont ceux qui doutent cependant des intentions réelles du chef de l’Etat. En effet, même si ce dernier annonce vouloir créer une juridiction spécialisée dans la lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment des capitaux ainsi que le détournement des deniers publics, cet à travers un arrangement que le contrat de délivrance des passeports a été attribué à Locosem. Or, ce nom n’évoque rien de nouveau car il s’agit d’une filiale de Semlex. Le Responsable Afrique de l’Ouest d’Internet Sans Frontières, précise par ailleurs que Semlex est aujourd’hui sous le feu des critiques notamment de la part du collectif Le Congo n’est pas à vendrePour l’ONG Public Eye, Semlexet son partenaire Gunvor sont parvenus à fructifier leurs affaires dans une opacité totale. Un des rapports de cette organisation sur les activités de Gunvor s’intitule par exemple : Gunvor au Congo. Pétrole, cash et détournements : les aventures d’un négociant Suisse à Brazzaville. Copropriété du milliardaire suédois Torbjörn Törnqvist  et d’un oligarque russe lié au Kremlin en la personne de Gennady  Timchenko, cette société a arrosé de nombreux chefs d’État africains avec de l’argent frais. Des extraits de compte bancaire consultés par le magazine Médor font état de 48 millions de dollars distribués à des dirigeants africains.

 

Parmi les bénéficiaires de cette manne financière, on retrouve des proches de l’ancien président ivoirien Laurent Gbago et de l’actuel président du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso. C’est grâce à de telles pratiques que Semlex et son partenaire Gunvor parviennent à décrocher des contrats dans les secteurs tels que le pétrole ou les équipements militaires. En 2010 par exemple, plus de 20 % des bénéfices de Gunvor provenaient de son activité au Congo- Brazzaville. Le magazine Médor affirme cependant que d’importants fonds obscurs ont été rabattu vers le président Denis Sassou Nguesso durant cette période. Lors de la crise post-électorale ivoirienne de 2010, Semlex et Gunvor auraient également essayé de fournir des armes aux autorités ivoiriennes de l’époque. Le magazine Jeune Afrique qui a pris part à une enquête coordonnée par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) déclare que Gunvor fut l’un des principaux soutiens financiers de Laurent Gbagbo. Par la suite, Semlex est aussi parvenu à tirer son épingle du jeu en décrochant un contrat sur une période de douze ans. Ce contrat octroyé par les autorités ivoiriennes encadre la délivrance des cartes nationales d’identité ivoiriennes.

 

Ces dernières années, qu’il s’agisse de la reconnaissance faciale ou digitale, les techniques fondées sur la biométrie bénéficient d’un engouement général en Afrique. En dehors des Etats qui ont recourt à la biométrie, Air France envisage de lancer un projet d’embarquement biométrique afin d’améliorer le traitement des embarquements et des dépôts de bagages de ces voyageurs.Au Kenya, l’entreprise Idemia est parvenue à récolter les empreintes digitales, à géolocaliser les Kenyans et à les photographier. Malheureusement, un rapport compilé par une ONG  démontre que les données collectées par Idemia étaient proposées à la vente avant même la dernière élection que le pays à organiser .Or, Le Dr Qemal Affagnon observe que la biométrie permet d’inférer une vingtaine de conditions médicales.  Pour le responsable Afrique de l’Ouest d’Internet Sans Frontières, il s’agit d’un nouveau marché pour lequel certains acteurs sont prêts à en découdre. Le Dr Qemal Affagnon note également que certaines multinationales, notamment pétrolières, se battent également dans l’ombre afin d’investir dans la construction d’hôpitaux au nom du concept de la responsabilité sociale. Dans le même temps, les populations africaines qui donnent leurs empreintes biométriques dans le cadre de l’organisation des élections assistent à de nombreux crimes économiques.

Laurent Batonga, collaboration spéciale 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article