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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le 2e forum national inclusif a ouvert ses travaux, jeudi 29 octobre 2020 en présence du chef de l'Etat qui a prononcé un discours loin d'être convainquant pour tout le monde. Ce sont 600 participants qui prennent part à ce forum afin d’évaluer les  74 résolutions issues du 1er forum à l'origine de l'avènement de la 4e république. La tenue de ce 2e forum comme le précédent il y a 2 ans, est loin de faire l'unanimité car on note l'absence d'une frange importante des partis politiques et de la société civile. L'UST a décliné aussi l’invitation. Le maréchal Idriss Deby Itno et son gouvernement s'enferment dans leur logique d'exclusion et de fuite en avant. C'est à croire que leurs actes sont à l'antipode des discours flatteurs servis à longueur de temps au peuple tchadien. L'arrogance, c'est le propre d'un pouvoir qui se moque allègrement des valeurs démocratiques. On a souvent envie de  dire que ce n’est pas la dictature ou l’autoritarisme qu’il faudrait craindre, mais le dictateur ou l’autoritaire. En Effet, il suffit de faire un tour d'horizon concernant le règne des anciens dictateurs africains déjà défunts ou ceux encore en exercice, pour se rendre compte de prime abord, tous affichent des airs sympathiques et sincères dans leurs discours lorsqu’ils s’adressent à leurs concitoyens. Comme le ridicule ne tue pas, ces Dirigeants sans foi ni loi se métamorphosent au gré des circonstances en bons démocrates tolérants afin d'amadouer leurs peuples et rouler dans la farine leurs adversaires politiques, le plus souvent à l'approche des échéances électorales. Le discours du Président tchadien Idriss Deby Itno, à l’ouverture du 2e forum national inclusif en est la preuve tangible. Il y a à la fois de l'autosatisfaction et le sentiment d'avoir atteint un objectif : « Le pari que nous nous sommes fixés, de concert, à la clôture du premier Forum National Inclusif, est tenu. Nous voilà, aujourd'hui, réunis, dans cette belle enceinte pour de nouvelles retrouvailles fraternelles et citoyennes comme promis malgré quelques mois de retard causés par la survenance de la pandémie du COVID-19. Je ne peux, en ces instants précis, dissimuler l'émotion qui m'anime, en assistant, à ce rassemblement des Tchadiennes et Tchadiens, issus de divers horizons socio-culturels et d'obédiences politiques». Et pourtant, sans avoir le courage de reconnaître le refus d'y prendre part d'un certain nombre des compatriotes mécontents pour telle ou telle raison, le Maréchal savoure devant Dieu et devant son peuple son plaisir : «Je ne peux, en ces instants précis, dissimuler l'émotion qui m'anime, en assistant, à ce rassemblement des Tchadiennes et Tchadiens, issus de divers horizons socio-culturels et d'obédiences politiques». En effet, ce rassemblement des Tchadiennes et Tchadiens dont il croit avoir réussi d'organiser, n'est que, véritablement de la poudre aux yeux. Beaucoup de leaders de l'opposition démocratique et une partie des militants de la société civile ont choisi de boycotter ce 2e forum de trop et surtout inutile. Comme une montagne qui accouche d'une souris, beaucoup de Tchadiens avisés n'attendent rien de meilleur de ce Forum National Inclusif.

Déjà 30  ans au pouvoir, mais le président Tchadien est resté égal à lui-même alors que le pays s'enfonce du jour en  jour dans l'impasse voire dans l’abîme. Même si lui, le redoutable dictateur voit son Tchad faire de progrès en empruntant le chemin de la modernité : «A travers cette forte ferveur patriotique qui se lit sur tous les visages, vous montrez tout votre engagement à être les acteurs privilégiés de l'histoire du Tchad et de la marche de la Nation vers le progrès et la modernité ».Au moment où une chasse aux sorcières est organisée à travers la HAMA contre les médias privés lui coupant son sommeil de Dirigeant médiocre, Idriss Deby Itno  n'a pas vu mieux de tromper le peuple tchadien qu'il a engagé le pays sur la voie de l'émergence économique et de la prospérité sociale. Sans se voiler la fâche, le président tchadien sans nommer un seul de ces futures réformes qui seraient dévoilées tout au long de ce Forum National Inclusif  déclare d'une manière incohérente : « Les réformes engagées étaient plus que nécessaires car il fallait impérativement procéder à la modernisation de nos Institutions, réfléchir sur la meilleure façon de gouverner le Tchad en impliquant les collectivités et tous les acteurs et en définissant de façon claire le rôle des uns et des autres. Notre monde étant en perpétuelle mutation, le Tchad, pays stratégique, que la géographie a placé au cœur de l'Afrique, en plein Sahel, a l'obligation de disposer d’Institutions efficaces capables de faire face aux multiples défis. Deux ans après cet engagement collectif, il serait présomptueux de dire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. D'ailleurs, en vous proposant des évaluations biennales du vaste chantier des réformes, nous avions conscience du caractère perfectible de notre programme et de la nécessité d'opérer des ajustements progressifs pour plus d'efficacité et d'efficience ».

Comme nous  renseigne ce Maxime Chattam :« Pour régner, pour gouverner, il faut plaire au peuple. Lui mentir si nécessaire.Mais dire ce que les gens ont envie d'entendre. Le faire est secondaire.On calme la colère, les déceptions, par encore plus de démagogie. Puis vient le moment de tourner, de laisser sa place au partie d'en face, une fois que le peuple en a marre d'entendre trop de mensonges ». C'est exactement, c'est ce que nous découvrons dans le discours d'ouverture  de la 2ème édition du Forum National Inclusif : «En vous proposant des évaluations biennales du vaste chantier des réformes, nous avions conscience du caractère perfectible de notre programme et de la nécessité d'opérer des ajustements progressifs pour plus d'efficacité et d'efficience ». On se demande parfois si Idriss Deby Itno a pris conscience des réalités et de la souffrance de son peuple. D'autant plus que l'on voit apparaître quelques graines de sincérité dans son allocution : « Mes chers frères et sœurs, Comme nous le savons, les premiers pas de la Nouvelle République ne furent pas aisés compte tenu d'un certain nombre de contraintes exogènes et internes. La pandémie de la Covid-19, la persistance de la menace sécuritaire consécutive au terrorisme et ses implications économiques et financières ont mis à rude épreuve la nouvelle République. Mais, nous pouvons nous réjouir des avancées notables capitalisées. Sans orienter le cours de vos discussions qui seront d’ailleurs libres, indépendantes et sans aucune censure, je note que les réformes institutionnelles ont été presque conduites à terme. Aujourd'hui, la citadelle institutionnelle née du premier forum national inclusif affiche complet. Il vous revient, cependant, d'analyser l’efficacité opérationnelle de nos institutions et de tirer les leçons qui s'imposent, pour soit opérer un recadrage ou soit rectifier le tir ».

Toutefois, cet homme qui gère le pays d’une main de fer reconnait quand-même que:«certaines nouvelles institutions ont mieux fonctionné et d’autres ont montré des signes de faiblesses. Sur le terrain des reformes de la justice ou celles en lien avec la consolidation de la paix et de la stabilité, les actions encourageantes ont été enregistrées comme chacun de nous le constate à l’aune des faits et des actes. En matière de promotion de la femme et des jeunes, d’importants résultats ont été également obtenus». En bon flatteur, il n'hésite pas à se tourner vers les organisateurs et les invités à ce Forum National Inclusif pour solliciter leurs différents témoignages : « Il ne me revient pas de faire une recension des actions capitalisées surtout que l’ossature des participants à ces assises est formée majoritairement de jeunes et de femmes. Leurs différents témoignages vont sûrement mieux nous édifier ». Il s'est adressé à eux comme s'il avait pris l'habitude de respecter et de prendre en compte les avis contraires aux siens: « Rien de ce qui touche à la vie de la Nation ne doit être occulté. Aucun sujet n'est tabou. Une réflexion poussée doit se faire pour nous permettre de recenser objectivement les préoccupations réelles et les désidératas profonds des Tchadiennes et des Tchadiens. Il est plus que nécessaire de replacer l’État et la Nation au cœur de toutes nos actions. Chacun de nous doit comprendre que l’État s'incarne à travers le citoyen. A cet égard, chaque citoyenne et citoyen doit être sensibilisé et responsabilisé sur le devenir du pays ». Sur ce point, on peut lui tirer chapeau, puisque ces 30 ans de pouvoir, lui ont permis d’apprendre la rhétorique. Malheureusement entre ses paroles qu'il lâche sans aucune vérification et les actes, il y a souvent un grand gouffre : « Le devenir du pays passe inéluctablement par la concorde nationale, la cohésion sociale et la paix. C'est à juste titre que ce forum revêt une dimension inclusive et participative. Il n’est pas taillé sur mesure comme le font croire certains détracteurs qui ont fait le serment du nihilisme absolu et de toujours peindre le Tchad en noir. Je dis haut et fort que personne n’est exclu de ces assises qui visent au premier chef à consolider l’unité nationale et à renforcer la démocratie à la base ». En lisant cet extrait de son discours, on a l’impression que le président tchadien s’était trompé de peuple. Il s’est servi des mots comme la concorde nationale, la cohésion sociale et la paix, comme s’il n’a jamais été de ceux-là ayant pris le pouvoir par la voie des armes. C’est bien paradoxal que le pays soit dirigé pendant une trentaine d’années par un homme incapable de juguler la corruption et la question de conflits agriculteurs éleveurs, face cachée de l’iceberg.

La Rédaction

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