Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Déli Sainzoumi Nestor, Éclairages

Le 06 août 2020, le Maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno, a donné de nouvelles instructions relatives à la riposte à la Covid-19. Il insiste sur l’application stricte des mesures barrières. Et ce, à quelques jours de la cérémonie de son élévation à la dignité de maréchal du Tchad. Les mesures gouvernementales interdisent le regroupement de plus de 50 personnes ! En ce début août 2020, un constat de terrain, dans la ville de N’Djaména, montre clairement que les Tchadiens commencent à fouler au pied les mesures gouvernementales prescrites dans le cadre de la riposte à la pandémie de coronavirus. Au nombre de ces mesures, l’interdiction de transport en amazone sur les motos, la fermeture des cabarets, centres de jeu, casinos et bars, le port obligatoire de masque. Le Gouvernement du Tchad, à travers un Arrêté du Ministre délégué à la présidence, chargé de la défense nationale, de la sécurité, des anciens combattants et victimes de guerre a aussi interdit les regroupements. « Le regroupement de plus de Cinquante (50) personnes sont formellement interdit » (article 2, arrêté N°027 du 19 mars 2020). Suite à la promesse du Chef de l’Etat, la population attendait que le gouvernement prononce la levée de ces mesures. Mais à la surprise générale, Idriss Déby Itno tranche ce 06 août lors d’une réunion extraordinaire du Comité de gestion de crise sanitaire : « J’ai présidé une réunion du Comité de Gestion de Crise Sanitaire. Nous avons évalué la situation épidémiologique.

La tendance est globalement maîtrisée mais la sensibilisation doit être intensifiée. Pas de relâchement dans l’observation des mesures barrières » (dixit, IDI).Le compte rendu de la réunion fait par le ministre de la communication, Chérif Mahamat Zène est fidèle. « le Maréchal du Tchad a exprimé sa vive préoccupation par rapport à un relâchement dangereux et injustifié constaté dans le suivi de la situation sanitaire, aussi bien par le Comité de gestion de crise sanitaire, que par tous les services de l’administration et de sécurité chargés du suivi de respect des mesures-barrières éditées par le Gouvernement ».Suite à cette importante réunion, le Coordonnateur national du Comité de riposte sanitaire, Professeur Choua Ouchemi, a pondu un message pour rappeler les Tchadiens à l’ordre. Pour lui, la baisse de vigilance est une erreur, car le virus est encore présent sur le territoire national. Suivant les instructions du Chef de l’Etat, le Coordonnateur rappelle aux citoyens que l’ouverture des marchés, des lieux de culte, des établissements scolaires et des agences de transport n’annonce pas la fin de la pandémie. « Pour épargner notre pays du retour au pire et surtout pour préserver les sacrifices consentis par les autorités, l’ensemble des partenaires et par chaque Tchadien que vous êtes depuis le mois de mars, la CNRS Covid-19 interpelle chacun d’entre nous, à tous les niveaux au RESPECT STRICT DES GESTES BARRIERES. Interpellons-nous les uns les autres pour appliquer ces gestes qui sauvent car chaque Tchadien doit se sentir responsable de la santé de tous », lit-on dans le message du Coordonnateur National de la riposte sanitaire.A qui s’adresse ce message ? A n’en point douter, c’est un message destiné à tous les Tchadiens et à l’ensemble des partenaires du Tchad. Mais comment vont-ils célébrer l’élévation du maréchal, le 11 août prochain ? A cette question, le Message du Coordonnateur national de la riposte sanitaire est muet. Pourtant, du côté du Palais de la démocratie (Assemblée nationale), les préparatifs vont bon train. L’Assemblée nationale, en sa deuxième séance extraordinaire, a approuvé, à l’unanimité, le projet de résolution portant délocalisation de la cérémonie d’élévation du président de la République, à la dignité de Maréchal du Tchad.

 La cérémonie officielle sera transférée dans la salle des banquets du Palais de la démocratie. Comme pour dire que l’hémicycle ne pourra pas contenir le beau monde qui fera le déplacement. Mais si, à ce jour, aucun arrêté ne vient abroger l’interdiction de regroupement de plus de Cinquante (50) personnes, qui seront les 49 privilégiés qui prendront part au banquet ? Le Chef de l’Etat vient de remonter les bretelles aux membres du comité de crise sanitaire ; aucune levée des mesures n’est en vue ! Selon les informations émanent du ministère de la santé publique, bien que la situation soit globalement maîtrisée au Tchad, la pandémie a relevé la tête dans le Chari Baguirmi, avec un foyer d’infection à Koudalwa, sur le site pétrolier. C’est pour cette raison qu’Idriss Déby Itno demande l’intensification de la sensibilisation  (mesures de prudence et contrôle strict des citoyens). Avec la covid-19, enfin, la vie de la population tchadienne a du prix ! La gouvernance sanitaire voudrait qu’une cérémonie devant réunir plus de 50 personnes soit différée en cette période. A ce jour, la pandémie a fauché la vie à 75 personnes au Tchad. Nous devons d’abord, à la sortie de la pandémie faire le deuil national en mémoire des disparus avant d’ordre des festivités pour célébrer la vie et l’honneur. L’Arrêté interdisant les rassemblements reste en vigueur et le Gouvernement, n’étant pas au dessus de la loi, n’a aucune marge de manœuvre pour organiser un grand banquet en l’honneur du maréchal du Tchad. Mais qui de Dr Haroun Kabadi, président de l’Assemblée nationale ou de Saleh Makki, président du Comité chargé de l’organisation de la cérémonie d’élévation à la dignité de Maréchal du Tchad osera proposer la remise à un autre temps de cette cérémonie tant attendue ? Mais si cette cérémonie doit avoir lieu à la date indiquée, elle doit, suivant les mesures gouvernementales, être réduite à une quarantaine d’invités. Au cas où la salle de banquet se remplie, le peuple comprendra que certaines mesures barrières sont utilisées au Tchad à des fins politiciennes. Elles n’auront été qu’une occasion pour restreindre les libertés des partis politiques et de la société civile. Wait and see.

Collaboration Journal Éclairages/Regards d’Africains de France

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article