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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Hier dimanche 19 juillet, le correspondant de l'AFP à Damas a rapporté une information publiée par le Journal le Devoir selon laquelle les électeurs syriens sont appelés aux urnes pour élire leurs députés malgré la situation chaotique du pays ruiné par la guerre. Le pouvoir de Bachar al-Assad a réussi à reconquérir l’immense majorité du territoire tout en faisant face à une crise économique sans précédent. Il s'agit, selon l’AFP, les troisièmes élections parlementaires à être organisées dans ce pays depuis le déclenchement en 2011 d'un conflit dévastateur ayant emporté plus de 350 000 vies humaines et contraint de millions de personnes à l'exode. En revanche les caciques du régime sont frappés de sanctions occidentales. Dès 07H00, plus de 7000 bureaux de vote ont ouvert dimanche 19 juillet dans les zones contrôlées par le pouvoir central. Selon la commission électorale, la fin de vote est fixée à 19h00. C'est une première d'organiser le scrutin dans d'anciens bastions rebelles passés sous le contrôle du gouvernement de Damas. Il ne guère de doute que le parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle et proche du clan Assad, sortira vainqueur comme lors de toutes les législatives antérieures. Le parlement syrien compte 250 députés élus pour un mandat de quatre ans. Ce scrutin se déroule en l'absence de la majorité des opposants en exil ou vivant dans les secteurs sous contrôle de rebelles. Le couple présidentiel a accompli son devoir civique dans un bureau de vote à Damas, a annoncé une source présidentielle syrienne qui publie des photos du président et son épouse élégamment habités et portant tous les deux des masques pour se protéger contre l'épidémie du nouveau coronavirus.

A Damas, des dizaines d’électeurs dont certains portant également des marques et respectant les mesures de distanciation sont allés voter, a constaté un  correspondant de l'AFP. Un fait insolite : non loin d'un bureau de vote sur l’Avenue de Damas, des bénévoles ont brandi des programmes et des photos de leurs candidats, tentant d'influencer le choix des électeurs qui s'engouffrent dans les isoloirs. Il est à relever qu’un incident malheureux s'est produit la veille du scrutin :une personne a été tuée et une autre blessée dans une explosion de deux bombes près d'une mosquée dans la banlieue sud de la capitale, selon l'agence de presse officielle Sana. Initialement prévues en avril, les élections ont été retardées à deux reprises en raison de la pandémie qui a contaminé 496 personnes et fait 25 morts dans les régions du régime, selon les données officielles. L'opposition en exil a qualifié de « mascarade » ces élections parlementaires. Nasr Hariri, figure de l'opposition  a «fustigé «un Parlement de façade, utilisé par le régime pour faire passer des législations qui servent la clique au pouvoir». Selon la commission électorale, des bureaux de vote ont été installés pour la première fois dans la Ghouta orientale, ancienne enclave insurgée aux portes de la capitale. Mais aussi dans des territoires reconquis de la province d'Idleb, ultime grand bastion djihadiste et rebelle du Nord-Ouest, qui reste dans le viseur du régime. Damas a enchaîné ces dernières années les victoires grâce au soutien militaire de la Russie et de l'Iran, jusqu'à reprendre le contrôle de plus de 70 % du pays, morcelé par la guerre. Aujourd'hui toutefois, les programmes des candidats sont dominés par les questions économiques et sociales, promettant notamment des solutions à la flambée des prix et la réhabilitation des infrastructures. « Les députés vont devoir fournir un effort exceptionnel pour améliorer les services» à la population, réclamait samedi Oumaya, employée dans une clinique dentaire. Depuis plusieurs mois, l'économie syrienne bat vraiment de l'aile, avec une dépréciation historique de la monnaie. Plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon l'Organisation des Nations unies. Des bureaux de vote spécifiques ont été installés dans les différentes provinces pour permettre aux déplacés de voter pour des candidats de leur région d'origine. Mais les millions de Syriens à l'étranger, dont une majorité de réfugiés, ne pourront pas participer aux élections à moins de rentrer au pays.

Moussa S.Yowanga

 

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