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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Notre consoeur Camille Wernaers de la RTBF, c’est bien elle l’auteure de cette information titrée : « femmes et Colonisation » ou : « Aux origines de l'hypersexualisation des femmes noires », publiée depuis le samedi 04 juillet 2020 sur le Site de son journal numérique. Ainsi,la journaliste Camille Wernaers de la RTBF nous renseigne que cet article est écrit pour l’émission de radio «Les Grenades, série d'été», à retrouver chaque samedi de l'été sur La Première, de 9h à 10h.Selon la Journaliste Belge, il y a 60 ans, le 30 juin 1960, le Congo devenait indépendant. Or, l’histoire des colonies est aussi l’histoire de la domination masculine qui continue de laisser des traces dans notre société. A l’époque, cette domination se retrouve jusque dans les représentations des femmes noires, souvent seins nus à côté d’hommes blancs rigolards sur des cartes postales. «L’histoire coloniale est une histoire masculine, racontée par le haut, et qui ne se pose pas la question de l’intime», analyse Amandine Lauro, historienne spécialisée dans le genre et la colonisation. «Il y a eu une culture de l'impunité face aux violences sexuelles durant la colonisation. Les territoires coloniaux sont des territoires d’opportunisme sexuel pour les colonisateurs, ils pouvaient y faire ce que l’Église et la famille les privaient de faire sur le territoire européen, parfois avec de très jeunes filles».En 2018, au moment de la sortie du livre "Sexe, race et colonie", qui s’intéresse aussi aux violences sexuelles dans les colonies et dont le travail collectif a été salué, les médias avaient massivement partagé ces images coloniales et participé, de fait, à leur circulation. Le collectif Cases Rebelles, composé de personnes concernées, avait réagi : «[…] sous prétexte de dénoncer ou d’analyser, les bonnes âmes reconduisent la violence en diffusant massivement des images de femmes non-blanches humiliées, agressées, dont certaines sont encore des enfants sur les clichés en question. Comme si la reproduction de ces images avait cessé d’être profondément attentatoire à leur dignité, comme si elles n’affectaient plus leurs descendant.e.s et tout.e.s les héritier.e.s – côté victimes – de cette violence coloniale. […] Nous estimons que ces images, issues du pillage dévastateur des corps, doivent impérativement être restituées aux communautés qui ont subi ces agressions."Ces images peuvent être décrites et ce serait bien suffisant. Les victimes peuvent être anonymisées, floutées. Il est possible de masquer les parties génitales. Elles peuvent être dépornographiées, désexualisées. Mais il est certain que ces choix sont extrêmement moins vendeurs, moins choc, moins attractifs», conclut le collectif. Selon l'historien Pascal Blanchard, qui a co-dirigé le livre, il est important de montrer ces images. « C’est le même débat qui a été fait quand on a montré des images de la Shoah pour la première fois. Fallait-il les montrer ? Mais pour vraiment comprendre ce passé, il faut en montrer l’indicible. Sans quoi, on ne peut déconstruire. Comprendre, sinon, montrer cette notion de «safari», de culture-monde, de puissance du porno-colonial ? », a-t-il déclaré à Libération.De nos jours, l’hypersexualisation et l’objectivisation des femmes racisées font encore partie de leur quotidien. L’actrice Priscilla Adade en témoigne : «J'ai reçu récemment une demande d'un journaliste pour une interview un soir tard », «juste pour le plaisir ».

Elle ne s’arrête pas que là. En commentant cette information pour le compte de son journal, Camille Wernaers rapporte enfin que l’héritage de cette histoire coloniale est toujours là, l’assignation aussi. Je reçois des propositions pour jouer des rôles d’infirmières ou de prostituées. Comment est-ce qu’on représente les femmes noires ? On ne m'a jamais donné un rôle de bourgeoise ».C'est également ce qui ressort du livre « Noire n'est pas mon métier »et des témoignages des actrices noires qui dénoncent le sexisme ambiant du monde du cinéma auquel se rajoute un racisme décomplexé. Les actrices expliquent se voir proposer des rôles comme celui de mamas en boubous, mères célibataires à problèmes ou prostituées. Elles entendent des réflexions liées au prétendu appétit sexuel des femmes noires, des croyances issues de la colonisation.  Par ailleurs, les femmes noires reçoivent une insulte toutes les 30 secondes sur Twitter. Selon Amnesty International en effet, les femmes noires ont 84% de risque en plus d'être mentionnées dans un message abusif ou problématique que les femmes blanches sur les réseaux sociaux.Pendant les manifestations qui ont suivi le meurtre de George Floyd aux USA, le site pornographique Pornhub a souhaité s’associer au mouvement Black Lives Matter et s’opposer publiquement au racisme. C’était sans compter le collectif Shout qui critique l’objectivisation des filles et des femmes.Le collectif a partagé en réaction une recherche sur le site pornographique avec les tags « esclaves noires » et « kkk », pour Ku Klux Klan, un groupe terroriste suprématiste blanc aux Etats-Unis. Ces mots-clés renvoient vers des vidéos pornographiques.C’est également à cause de la pornographie que le hashtag #PasVosBeurettes a dû émerger en France en juillet 2019. Le site pornographique xHamster avait alors partagé dans un tweet le classement des termes les plus utilisés dans son moteur de recherche. Tout en haut du classement se trouvait le mot « beurette », à côté d’autres mots (charmants) comme « viol », « pute » et « salope ». Le site s’en félicitait. De nombreuses femmes avaient alors twitté contre la fétichisation des corps des femmes maghrébines.Le mot « beurette » est le féminin du mot beur, qui signifie « arabe » en verlan. Le terme au féminin n’a pas toujours été hypersexualisé. « La « Beurette voilée » apparaît comme genre pornographique dans les années 2000. Dévoilée lors de l'acte sexuel par l'homme blanc, elle s'émancipe alors de son milieu d'origine et des hommes arabes, analysent [les sociologues Eric Fassin et Mathieu Trachman dans un article]. Et c'est là que se trouve le paradoxe : elle s'émancipe, mais pour se soumettre au plaisir des blancs par la suite », selon le site Les Terriennes qui continue « Cet article rappelle le dévoilement des femmes musulmanes en Algérie en mai 1958, où les mêmes mécanismes sont à l'œuvre : les femmes des généraux français vont sélectionner des femmes algériennes, souvent celles qui travaillent chez elle, et les pousser à arracher leur voile dans l'espace public» .Une fois encore, l’histoire et les violences coloniales permettent d’analyser les violences contemporaines.

La Rédaction

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