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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Moins d'une semaine après la triple sanction infligée à l'ex-Général de Brigade Ahmat  Koussou Moursal pour avoir osé adresser une lettre ouverte au chef de l'Etat, le débat fait «boom » sur les réseaux sociaux (expression empruntée au secrétaire général du MPS lors de l'opération « colère de Bohoma ») entre ses détracteurs et ses défenseurs. L'emballement médiatique a commencé au lendemain de la publication du décret présidentiel N°1221 datant du 09 juin consultable sur la page Facebook du Secrétariat général du gouvernement (SGG) dans lequel le Général de Brigade Ahmat  Koussou Moursal  est rétrogradé et rayé des effectifs des Forces armées de défense et de sécurité. Même si l'armée est une institution particulière, elle n'autorise pas tout pour régler des comptes. Cette décision inique vise à écarter et humilier un homme qui a servi son pays pendant plus d'une trentaine d'années dont le seul tort c'est d'avoir commis le crime de lèse-majesté en voulant rappeler au premier Baministe le pacte scellé entre eux dans la rébellion.

Pourquoi le Président tchadien Idriss Deby Itno, destinataire de cette lettre ouverte en sa double qualité de chef de l’Etat et chef suprême des Armées a eu la main très lourde contre son frère d’armes et plus proche collaborateur dans un passé assez récent ? Que se cache-t-il réellement derrière cette décision prise rapidement dans la colère ? Autant de questions troublantes qui n'auront pas de réponses immédiates. Pourtant, il n'y a rien de si compromettant dans le contenu de la lettre ouverte : aucune incitation à la haine, ni trouble à l'ordre public, ni encore à la révolte ou rébellion. Naturellement l’ex-Général de Brigade Ahmat Koussou Moursal a eu simplement le courage et l'envie d’administrer au président de la République un vaccin de rappel : « En effet, il faut rappeler que depuis 30 ans vous êtes aux manettes de ce pays, beaucoup de choses se sont passées. Vous avez posé des actes très louables pour le bien être de notre peuple, mais nous aimerions à travers cette missive attirer votre attention sur un certain nombre de situations frustrantes et humiliantes que vivent certains de vos compagnons de la première heure. Beaucoup traversent des moments critiques. Ils sont abandonnés à leur triste sort. Certains rongent les freins, particulièrement les Hadjaraïs. Et comme si cela ne suffisait pas, tous les cadres du Guéra sont exclus de toutes les chaînes de commandements militaire, sécuritaire et des postes de responsabilités de l'administration civile».

 

Si Mr Ahmat Koussou Moursal déplore dans le précédent paragraphe, l'exclusion des ressortissants du Guéra dans certains postes administratifs et militaires, cette réalité touche également un grand nombre de Tchadiens issus d'autres régions du pays. Il vous souviendra que le 26 juillet 2018, Dr Djiddi Ali Sougoudi eut violemment dénoncé déjà cette pratique discriminatoire dans son Coup de Badangaï 436 titré : «tribalisation à outrance dans les postes de responsabilité dans la Police Nationale du Tchad et la Gendarmerie !», dans lequel ce professionnel de la Santé déclara que : «C’est hallucinant, ce qui se vivrait dans la police nationale et dans la Gendarmerie en termes de responsabilisation dans les postes de police aussi bien dans la capitale que dans les provinces. Trois ethnies s'arrogent les grands postes de responsabilités : les Zaghawa sont postés au sommet des responsabilités et leurs cousins Goranes les secondent et leurs gendres et beaux-frères arabes les suivent de près sur l'échelle administrative. C'est quoi cette histoire qui consiste à faire occuper les postes de responsabilités par ce clan Zaghawo-Gorane? Hein? Et les autres ethnies? Et les autres Tchadiens? Arrêtez avec ce comble de l'ironie négative et de ce tribalisme si ambiant! Toilettes-moi cette police et cette gendarmerie tribalistes à outrance!».

 

Deux ans plus tard, la pratique de nominations sur la base d’appartenance tribale, et parfois confessionnelle est loin d'être éradiquée, bien au contraire, elle se généralise et se banalise malgré le tort qu'elle fait à la majorité des citoyens. Personne au plus haut sommet ne semble offusqué ni dérangé outre mesure. Aucune sanction n'est prononcée contre les adeptes de cette pratique injuste et éhontée. Si tel est le cas, pourquoi donc le pouvoir sort-il le bazooka contre l'ex-Général de Brigade pourtant il n'a pas fait autre chose que de convoquer les faits exactement comme son compatriote Dr Djiddi Sougoudi, sans qu’il ne lui soit reproché quoique ça soit. Heureusement ici, le droit d’expression lui est reconnu  et respecté. Tant mieux pour lui.Comme le Tchad se réclame être un Etat de droit, on pense que l'ex-Général de Brigade a été sanctionné en tant que militaire. Soit. Et même s'il a agi en tant qu’officier supérieur, un internaute tchadien en la personne de Lyadish Ahmed, s'est évertué à travers une publication sur sa page Facebook datée du 10 juin, à recentrer le débat sur le plan juridique : « Débat : discipline militaire et droits de la défense ». Selon lui, Il me semble, sans en avoir la certitude, qu'il existe des textes régissant la discipline militaire au Tchad. Je vois dans notre constitution (art. 175 à 178) la mise en place d'une justice militaire. Et je peux affirmer, avec certitude cette fois-ci, que ces textes, s'ils existent, prévoient des droits au profit de tout militaire qui a enfreint la discipline, en temps de guerre ou en temps de paix, avant toute sanction. Je ne sais pas si cette justice militaire est en service ou non. Il conclut sa réaction en lançant une série de questions pertinentes au chef de l'Etat Idriss Deby Itno : « Le président de la République, chef suprême des armées, général le plus gradé soit-il dans la hiérarchie militaire de notre pays, a-t-il le droit de se faire justice lui-même sans respecter les droits de la défense d'un militaire qui lui aurait manqué du respect ? Est-il possible de rayer un militaire des effectifs des forces armées sans que sa culpabilité ait été établie par une juridiction militaire indépendante ? ». Puisque le malheur des uns fait le bonheur des autres, le chef de l'Etat et son gendre de Général de corps d'armée, Mahamat Abbali Salah se sont ligués pour sceller le sort du Général de Brigade Ahmat Koussou Moursal, désormais rétrogradé au rang de soldat 2e classe et radié des effectifs des Forces de défense et de sécurité de l'armée tchadienne. Et comme cela ne suffisait pas, aveuglés par la rancune et la volonté de nuire vaille que vaille, ils lui infligent le coup de grâce en le privant de la pension, solde de réforme, et prime d'indemnité compensatoire. Les anciens compagnons de lutte sont devenus au fil du temps et au gré des circonstances, les véritables ennemis à abattre pour le régime incarné par Idriss Deby Itno. Tout se passe aujourd'hui comme si le fait d’être « Baministe », vous expose à la moindre incartade au courroux du président d'honneur du MPS.

 

Pire on assiste depuis quelques années à l'éclosion des bébés-MPS qui se rivalisent d'ardeur dans le mensonge, les intrigues sordides et le racolage politique dans le seul but de satisfaire leurs desseins bassement égoïstes. Il n'est pas étonnant de voir ces personnes se mêler à tous les combats même interpersonnels dont ils ignorent parfois les origines lointaines. C'est triste de constater l'acharnement gratuit de l'actuel Directeur des Droits de l'Homme, Abdel Nasser Garboa contre l’ex-Général de Brigade durement éprouvé par les circonstances de la vie. Il est une chose de revendiquer son origine Hadjaraï, mais c'est encore mieux de le prouver par ses actes qui passent par la connaissance de la culture, des valeurs et de l’histoire. Le respect des aînés et la solidarité comptent parmi les valeurs partagées par les ressortissants du Guéra. Partant du principe que nul n'est parfait, on peut avoir des choses à reprocher à Ahmat Koussou Moursal, mais le lieu n'est pas indiqué pour un tel déballage. C’est tout simplement  inconcevable voire inadmissible d'exposer à la vindicte populaire son grand frère. Si l'on en croit Abdel-Nasser Garboa, l’ex-Général de Brigade a torpillé certains cadres du Guéra auprès de Deby. A quoi ça sert d'étaler ces genres d’accusations graves sur la place publique, encore que leur véracité reste à prouver ? 

Abdel Nasser Garboa estime par ailleurs que : « Les Hadjaraï sont parmi les Tchadiens qui ont payé le plus lourd tribut et ces sont les derniers aujourd’hui dans ce pays. Personne n'a jamais pu bénéficier d'une bourse ou d’une promotion parce qu'il est Hadjaraï. Nous nous battons au quotidien pour faire vivre nos enfants grâce à nos relations et parfois même combattus par nos propres parents qui ont des entrées au palais de Déby parce qu'ils pensent qu'on va leur ravir la vedette. La seule fois où personnellement mon CV est entré chez Déby pour ma nomination ce n'est pas un Hadjaraï qui l'a fait et je sais qu'aucun ne le fera. Durant mes études aucun Hadjaraï n’a envoyé un franc pour me soutenir. Donc de grâce, laissez le Guéra et le peuple Hadjaraï en dehors de vos querelles d'intérêt personnels. Que ça soit Ahmat Koussou et d’autres personnes (s'ils sont réellement Hadjaraï) tapies dans l'ombre veulent s'adresser à Déby ou se rebeller qu’ils le fassent en leur noms et non celui des Hadjaraï. Il y a beaucoup de gens qui s'investissent dans cette région parce qu’ils sont redevables envers la vie que les ressortissants de cette région leurs ont donné pas à cause de ce qu’ils reçoivent quelque chose de là-bas. Donc de grâce, laissez nos pauvres parents s'occuper de leurs champs en ce début de saison de pluie ».

 

A travers les réseaux sociaux, la publication de Abdel Nasser Garboa a suscité énormément de réactions pour la plupart très hostiles. Beaucoup d'internautes se sont donnés à cœur joie pour dénoncer le caractère opportuniste de son intervention inappropriée sur les réseaux sociaux.  Pour Idriss Abgoudja :« C'est honteux sans avoir honte de dire ça. Je crois que le problème est entre Ahmat et Déby et non entre Ahmat Koussou et Abdel-Nasser. C'est de la pire lâcheté et je ne comprends pas pourquoi Abdel-Nasser se sente victime dans ce ring en racontant des sottises pour ridiculiser les autres ressortissants de la région et se faire ridiculiser lui même. Si ce n'est pas les cadres de cette région que vous étiez ensemble récemment dans le bureau du Ministre de la Justice que tu les fustiges en disant qu'aucun d'entres eux ne le fera, tu ne seras pas DG de droits de l'homme depuis des années et je t'assure que si Djimet Arabi n'est pas Ministre de la Justice tu ne seras pas là depuis. Dire que durant mes études aucun Hadjaraï m'a envoyé un franc pour me soutenir, Allah wa Allah tu es sûr que tes oncles ne t'ont pas soutenu? Ou bien tu veux qu'on te fasse une collecte des fonds dans toute la région pour t'envoyer en études ».

Monsieur Idriss Abgoudja n’est d’ailleurs pas le seul à s’attaquer frontalement à Abdel-Nasser Garbao. Sur Tchad Forum, Pascal Mayanga est aussi l’un de ceux qui n’ont guère apprécié la sortie tonitruante sur le réseau social Facebook de l'actuel Directeur de Droits de l'Homme. Pour lui : « Facebook, on peut beau décider, un temps soit peu, de prendre du recul, toujours un post fait réagir. Le dernier post de l'opportuniste Abdel-Nassour Garboa ne peut laisser indifférent toute personne dotée de bon sens. Le fameux directeur de droits de l’homme dans ces missives, se désolidarise d'une lettre ouverte adressée par des personnes se revendiquant être de la communauté Hadjaraïs. Dans ce courrier nulle part est inscrit le nom de Garboa pour que ce dernier se désolidarise. C’est juste par opportunisme, Abdel a fait cette sortie pour qu'il ne soit pas associé afin de perdre son post dont il n’a ni la compétence ni l'expérience pour l’occuper. Dans son post il reconnaît volontiers qu’il l’a eu son poste grâce au non Hadjaraïs. Lui qui taxait les autres d'être régionalistes, pourquoi veut-il être aidé sur la base ethnique ? Sauf erreur de ma part, Abdel-Nasser, c'est un autre Hadjaraïs qui l'a sorti de nul part. Certainement ce n’est pas à cause de son bac qu'il est entrain de gravir les escaliers professionnels. Mon cher Abdel-Nasser, tu disais que les Hadjaraïs étaient dans toutes les batailles, oui les Hadjaraïs est un peuple fidèle dans ces relations… »

 

Finalement on retient que l'apparition sur le net de monsieur Abdel-Nasser Garbao est veine. Il a agi en vrai troubadour près à tout pour défendre son gagne pain sans se soucier de l'adversité du moment dont fait face son prochain de la même région. Pourtant Abdel-Nasser Garbao semble ignorer le rôle de Directeur de Droits de l’Homme  qui est le sien à savoir la défense des plus faibles au détriment de son gagne-pain si possible. C'est ce qu’on appelle défendre les principes et les convictions.

En effet, dans une publication assez récente au titre très évocateur : « Se servir et sévir : de la gouvernance patrimoniale au retour des dérives dictatoriales », Lyadish Ahmed eut constaté  qu’: « Il y a à peine un peu plus d'un mois, pour avoir critiqué la mainmise de l’épouse du président de la République sur les deniers publics par le biais de sa fondation, Yahya Dillo, un ex-ministre, ancien chef rebelle, promu représentant de la CEMAC au Tchad, a été suspendu de ses fonctions à la demande du régime de N'Djamena, sans avoir été préalablement invité à s’en expliquer. Il est aussi poursuivi en justice pour je ne sais quelle infraction. Aujourd’hui, c’est le général Ahmat Koussou, un autre ancien rebelle, du temps où Idriss Déby lui-même l’était, passé il y a 10 ans par le secrétariat particulier du dictateur, qui vient d'être «rayé des effectifs» des forces armées pour avoir dénoncé notamment une inexplicable exclusion des «ressortissants du Guéra de toutes les chaînes du commandement militaire et des postes de responsabilités dans les administrations » depuis 30 ans. Je peux le dire avec force : Idriss Déby a vengé sa femme et s’est vengé. Et contre son ancien camarade de Bamina, on peut dire qu’il a été sans pitié. La page facebook du SGG indique que le malheureux n'aura droit à aucun kopeck. Qu'il soit père de famille ou qu'il ait un enfant malade en ces temps difficiles, c'est tant pis pour lui. Qu'il crève. « La satisfaction qu'on tire de la vengeance ne dure qu'un moment », disait Henri IV. À méditer. Ces sanctions sont un avertissement pour tous ceux qui s'avéreraient à commettre le crime de lèse-majesté. C'est la stricte application des règles de la nouvelle gouvernance : se servir et sévir contre tous ceux qui oseraient y trouver à redire ».

La Rédaction

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Ahmat 16/06/2020 08:40

Que la paix règne et que la haine se éffasse dans les coeurs de nos dirigeants pour qu'ilsrespectent et appliquent les lois. ce pays à besoins de droits.