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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Sur le continent Africain, 2020  est une importante année électorale car au moins six élections présidentielles seront organisées. Alors que certains pays se sont déjà rendus aux urnes, d'autres à l'image de la  Côte d’Ivoire, du  Ghana, Niger ou du Burkina sont également appelés à se prêter à ce jeu démocratique.   Dans un contexte marqué par de nombreuses revendications sociales, les manipulations  électorales ont la peau dure sur un continent  la progression du téléphone mobile est exponentielle. Mode d'emploi de certaines pratiques dissimulées au cœur des réseaux sociaux  qui transcendent les clivages politiques en Afrique. Premier successeur de Félix Houphouët-Boigny à la tête de la Côte D’Ivoire, Henri Konan Bédié qui a été chassé du pouvoir par un putsch en 1999, a annoncé ce samedi qu'il serait candidat à l'investiture de son parti pour l'élection présidentielle du 31 octobre 2020. A travers  son ambition de revenir dans le jeu politique ivoirien,  l'ancien président de Côte d’Ivoire se retrouve cependant mêlée à une vaste opération de désinformation et d’influence politique sur  Internet. Il convient toutefois de préciser que grâce aux possibilités interactives offertes par les réseaux sociaux, les hommes politiques et  les candidats aux élections sont de plus en plus nombreux à faire usage de telles pratiques en Afrique.

Connu pour avoir fait la promotion du concept de l'ivoirité, Bédié qui  a terminé troisième lors  la présidentielle de 2010 derrière Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, semble chérir le rêve de retrouver  le fauteuil présidentiel une fois de plus. Afin de mettre toutes les chances de son  côté cette année, le politicien dont le pouvoir s'est  effrité en quelques heures à Noël 1999 face à une mutinerie de soldats , aurait sollicité les services d’une agence de communication digitale .Henri Konan Bédié qui en 2016,  a su convaincre Allasane Ouattara de faire sauter le verrou de la limite d'âge  à l'élection présidentielle  s’est de fait appuyé sur une entreprise Tunisienne de relations publiques . Le Dr Qemal Affagnon relate que le Sphinx de Daoukro qui lorgne désormais  en direction de la présidentielle prévue pour octobre 2020, n’est cependant pas le seul politicien africain à se  faire épingler dans les rouages des nouvelles campagnes d'influence et d’infox. En effet, les révélations sur les tentatives de manipulation lors  des scrutins  à travers les réseaux sociaux pour influer sur le choix des électeurs se sont multipliées aux quatre coins du continent Africain. En 2015, le responsable Afrique de l'Ouest d'Internet Sans Frontières relève que Cambridge Analytica a ainsi  été sollicitée afin de diffuser de fausses  vidéos lors de la campagne présidentielle qui a connu la participation de Muhammadu Buhari. A la suite de nombreuses révélations concernant cette affaire, Goodluck Jonathan affirma qu'il ignorait l’utilisation par son parti des services de la société britannique de conseil en communication Cambridge Analytica . Au Kenya, le Dr Qemal Affagnon insiste aussi sur l’emprise de Cambridge Analytica sur les scrutins de 2013 et 2017 qui ont  été remportés par l'actuel président Uhuru Kenyatta.

En Afrique du Sud,le responsable Afrique de l'Ouest d'Internet Sans Frontières pointe un doigt accusateur sur les politiciens en l ’occurrence Jacob Zuma .  En prenant  l’exemple de Zuma, le Dr Qemal Affagnon précise que l'ancien chef d'État a recruté des mercenaires à New Delhi dans le but de s'attaquer aux opposants de son ex épouse sur Twitter . A latête de l'Afrique du Sud de 2009  à 2018, Jacob Zuma sollicita  ainsi les services d'une agence de  cyberinfluence en Inde.  Cette agence fut chargée de colporter des fausses informations sur les inforoutes de la nation arc-en-ciel. A la fin de l'année 2017, les services fournis par cette  agence de  cyberinfluence  devaient venir en  aide à  l'ex épouse du politicien  éclaboussé dans des scandales qui lui ont valu son poste en 2018. A l'époque,Nkosazana Dlamini-Zuma après cinq années passées à la tête de l’UA,  souhaitait  tenir les rênes du parti ANC face à Cyril Ramaphosa  qui est  devenu depuis lors président de l'Afrique du Sud. Lors  de la  Présidentielle de 2018 au Mali, le responsable Afrique de l'Ouest d'Internet Sans Frontières rappelle les activités orchestrées par des pages  des pages Facebook qui  ont servi à  diffuser de fausses informations à l'avantage du clan du président IBK. Bien que ces  fausses pages Facebook fussent  gérées par une société israélienne, le Dr Qemal Affagnon  note que certaines d'entre elles étaient tenues à jour et informaient le public depuis des installations au Sénégal. Toujours en Afrique de l’Ouest, le président togolais Faure Gnassingbé, réélu en février de cette  année a également profité de ce genre  de campagne d'influence et d'infox. De façon concrète, le Dr Qemal Affagnon  explique que ces opérations d’influence se basent sur une série de pages Facebook non authentiques. Bien souvent ces pages Facebook qui tentent de se substituer aux médias locaux ciblent les mobinautes dans plusieurs pays africains. Des observations menées dans différents pays, il ressort que ces pratiques  sont orchestrées  de mauvaise foi.   Ces réseaux  d’influence parviennent ainsi à utiliser de faux comptes en se faisant  passer pour des habitants des pays ciblés. En procédant de la sorte, ils en profitent  pour  publier et aimer leur propre contenu, conduire des personnes vers des sites en dehors de Facebook  en se présentant comme des entités de presse indépendantes. C'est ainsi que près de  3,8 millions de comptes Facebook ont suivi les publications politiques de la société tunisienne UReputation qui depuis les berges du lac de Tunis a abreuvé les internautes africains de fausses informations.

Laurent Batonga

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