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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Déli Sainzoumi Nestor, Directeur du Publication(D.P) du journal Eclaraiges(le 3ème Œil)

A ce jour, officiellement, le Tchad a enregistré 10 décès liés au coronavirus (Covid-19) alors que la lutte pour la sensibilisation a commencé depuis le 19 mars 2020. Le Gouvernement justifie ce drame par le non respect strict par la population des mesures barrières. La lettre ouverte du Directeur des droits de l’homme du Tchad vient balayer d’un revers de la main les échappatoires des officiels. En dehors de gros discours de nos autorités, l’Etat tchadien est même incapable de gérer non seulement les malades de coronavirus, mais aussi les cadavres : une source indique que la morgue de l’Hôpital général de référence nationale (N’Djaména) ne peut accueillir que 50 corps. Pas plus !Selon nos confrères du journal La Voix, la morgue de l’Hôpital de N’Djaména (HGRN), d’une capacité de 50 places déborde.En effet, à travers sa lettre ouverte adressée au Chef de l’Etat le 30 avril 2020, l’actuel Directeur des Droits de l’Homme au Ministère de la Justice, Abdel-Nasser Mahamat Ali Garboa, s’indigne sur la gestion actuelle de la riposte au coronavirus.  Membre du Conseil national du salut du MPS et ancien journaliste, Abdel-Nasser Garboa demande à Idriss Déby Itno et aux Forces de Défense et de Sécurité de sévir, sans cela, la covid-19 fera plus de mal que Boko haram.Les propos avancés par Abdel-Nasser Garboa dans sa lettre relèvent d’un constat de terrain. Un constat qui montre clairement que la riposte gouvernementale contre la covid-19 n’a pas encore commencé. Une remise en cause des actions de la Cellule de veille et de la sécurité sanitaire que dirige le Ministre d’Etat, Kalzeubé Payimi Deubet. « Ce midi, je me suis rendu à la morgue de l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN). J’étais allé constater de visu ce qui se passe là-bas (reflexe de journaliste). Ce que j’ai vu m’a complètement bouleversé. D’abord, avant de me décider d’y aller, j’étais alerté par un concitoyen dont la famille était obligée d’aller à l’hôpital la Renaissance pour chercher une équipe spécialisée pour la désinfection des corps des personnes mortes de Covid-19. L’Hôpital Général de Référence Nationale, le plus grand hôpital du Tchad, dirigé par un Professeur de rang magistral, Vice-président de la Cellule scientifique de lutte contre le COVID-19, ne dispose pas d’une telle équipe. J’étais abasourdi par cette découverte. Ensuite, l’unique équipe logée à l’hôpital de la Renaissance n’a pas un véhicule de déplacement. A quoi servent les dizaines (pour ne pas dire les centaines) d’ambulances achetées et livrées pompeusement ? ».

Somme toute, les propos du Directeur des droits de l’homme nous font comprendre que le corps médical et l’ensemble de la population tchadienne n’ont pas encore pris la mesure de la situation. D’où la proportion des contaminations et l’augmentation du nombre des décès en ces jours. « Le plus choquant pour moi se situe au niveau de la manipulation des corps. Après l’opération de désinfection, un gendarme en faction fait appelle à cinq membres de la famille du défunt ou défunte pour venir porter le corps dans le cercueil et l’amener à la maison ou au cimetière. Les personnes désignées pour porter les corps ne sont pas protégées. Certaines d’entre elles portent des « masques » qui, en réalité, ne sont que des cache-yeux. Une fois le corps mis dans le cercueil et fermé, celui-ci est remis à la famille comme d’habitude pour être entouré des membres de famille sans aucune protection et emmené au cimetière ou à la maison selon les cas ». A travers cette lettre ouverte, on apprend que la dépouille des personnes décédées « ont mis plusieurs jours à la morgue en dehors des casiers frigorifiques. Ainsi, ces corps sont en début de décomposition. Sans être un spécialiste de la santé, je peux affirmer qu’un corps qui se décompose laisse couler des liquides qui sont potentiellement (un euphémisme) infectieux. Encore que, je suis convaincu que la désinfection n’est pas faite à l’intérieur du corps ». Ce que tout le monde peut témoigner, c’est aussi l’organisation des obsèques. « Les cercueils fabriqués en face du Camp GMIP de N’Djaména ne sont absolument pas étanches. Vous imaginez donc le risque auquel tous les gens qui entourent le cercueil sont exposés ? Pour les Musulmans, ce corps est exposé devant un parterre de personnes pour une prière funèbre, sans cercueil, et les gens manipulent le corps à mains nues. Ensuite, ces personnes saluent toute l’assistance pour la présentation de condoléances ».Au-delà de la lettre ouverte d’Abdel-Nasser Garboa, plusieurs sources estiment que la communication officielle est mitigée. Dans les quartiers, la réalité est autre. En plus du personnel soignant contaminé, plusieurs personnes ont été en contact avec les patients qui sont à ce jour pris en charge. Par ignorance comme par négligence des mesures pour les règles usuelles d’hygiène et d’assainissement prises pour circonscrire le mal, beaucoup de personnes sont contaminées. A qui la faute ? A lire entre les lignes, l’auteur de la lettre ouverte au président de la République point d’un doigt accusateur les responsables de la Cellule de veille, du Ministère de la santé publique, ceux de quelques hôpitaux de la capitale (Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN), Hôpital de la Renaissance et  l’Hôpital provincial de Farcha).  Et ce n’est pas tout.

Collaboration Journal Eclairages/ Regards d’Africains de France

 

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