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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le désarroi suscité par l’épidémie de coronavirus en Italie où le manque de main-d’œuvre fait craindre une crise d’ordre économique, en particulier dans le secteur agricole, le gouvernement entend faciliter la régularisation de milliers de clandestins, a rapporté vendredi 15 mai, le site RTBF sous la plume de notre confrère Antonino Galofaro. Seront concernés par cette décision, les ouvriers agricoles ou ceux aidant chez les plus fragiles. Il s’agit de leur accorder un permis de séjour temporaire, non seulement pour « garantir la protection sanitaire individuelle et collective » en cette période de crise épidémique, mais c’est pour faire également « émerger les rapports de travail irrégulier ». Ce sont au total entre 100 000 et 300 000 sans-papiers, susceptibles d’être régularises. Ces chiffres proviennent des autorités italiennes. Portée par Italia Viva, un parti politique de centre gauche de l’ancien premier ministre Matteo Renzi, cette initiative fait partie de nombreuses dispositions contenues dans un décret économique présenté mercredi soir par le président du Conseil, Gineppe Conte, pour répondre à la crise causée par le coronavirus. Après discussion, le texte sera soumis au vote du parlement.

L’opposition de la droite portée par Matteo Salvini est vent débout accusant la ministre de l’Agriculture de « ne pas penser aux Italiens ». Concrètement, à compter du 1er juin jusqu’au 15 juillet un employeur pourra solliciter contre paiement de 400 euros la régularisation pour six mois d’un travailleur non déclaré. L’initiative peut également venir du clandestin qui pourra réclamer sa régularisation temporaire en versant au trésor public 160 euros. Mais il devra remplir quelques conditions telles que : avoir travaillé avant l’échéance de son permis de séjour au plus tard le 31 octobre dernier et avoir résidé en Italie encore au 8 mars, soit deux jours avant le début du confinement général.Les secteurs éligibles sont l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’aide à la personne et au travail domestique. Cependant nombre des associations se sont rapidement empressées pour dénoncer la dimension « jetable » imposée aux clandestins par ce décret gouvernemental. Cette position  rejoint celle du député de gauche Nicola Fratoianni  qualifiant d’acte erroné et injuste,  la régularisation à durée déterminée, liée exclusivement aux exigences productives du moment. En réalité, six mois après sa régularisation temporaire, l’étranger pourra obtenir un permis de travail s’il dispose toujours d’un contrat de travail dans les domaines arrêtés par les autorités. Mais l’élu de la gauche italienne ne décolère pas contre cette mesure considérée comme le nième cadeau accordé aux mafias.

Il règne dans le secteur agricole des pratiques illégales : les travailleurs au noir, étrangers comme nationaux, sont soumis à des « caporaux » intermédiaires gérant la main-d’œuvre en toute illégalité en lui niant ses droits. Connu sous l’appellation de « caporalato », en italien, ce phénomène est une forme d’esclavage moderne entre les mains du crime organisé. Pourtant, « c’est dans l’absence de règles et de droits que se crée le chantage de la survie obligeant à accepter des salaires extrêmement bas, des conditions  de travail et de vie inhumaines et des horaires sans limites », s’alarme l’écrivain spécialiste des mafias Roberto Saviano dans une tribune publiée dans les colonnes du journal La Repubblica le 12 mai en défense de cette régularisation massive. Pour les opposants à la norme, la mesure risque d’être détournée par ces « caporaux » qui pourront l’utiliser pour régulariser leurs actions illégales. Toutefois, le texte gouvernemental dispose que des procédures pénales seront engagées à l’encontre des employeurs tentés de favoriser l’immigration clandestine, de recruter exploiter de mineurs ou de personnes destinées à la prostitution. Les employeurs véreux préférant les travailleurs au noir encourent de lourdes peines, a prévenu la ministre de l’Intérieur Liciana Lamorgese. Elle s’est aussi félicitée pour le «phare allumé» sur ces «immigrés irréguliers». C’est bien l’épidémie de Covid-19 qui a été l’élément déclencheur permettant aux autorités italienne de disposer de nouvelles données sanitaires plus fiables pour contrôler le coronavirus dans les contextes sociaux les plus difficiles et pour répondre au manque de main-d’œuvre causé par la pandémie.

Moussa S. Yowanga

 

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