Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

En cette période de déconfinement progressif, la Commission européenne a suggéré mercredi un retour organisé à la libre circulation au moment où les  autorités helvétiques annonçaient un accord sur le sujet  avec les pays voisins. C’est notre consœur Solenn Paulic qui rapporte cette information publiée le 13 mai sur le site de La Presse canadienne. La fin de l’interdiction de se déplacement librement dans l’espace Schengen n’est qu’une question des jours ou de semaines. Le contexte économique difficile milite pour l’ouverture rapide des frontières, dont la Suisse et quatre pays ont déjà partiellement traduit en acte en annonçant le 13 mai un arrangement entre voisins français allemands  et autrichiens pour revenir progressivement à la norme. La Commission présentait en effet le même jour à Bruxelles une stratégie pour sortir de façon harmonieuse des contrôles aux frontières. Elle ne voulait plus se retrouver à la traine après qu’au  moins 14 Etats membres aient décidé début de verrouiller leurs frontières avec l’apparition du coronavirus. Même là, certains ne l’ont pas attendue. Le Conseil fédéral suisse a indiqué que c’est à partir du 15 juin, si tout va bien, que les frontières des quatre voisins seront bel et bien ouvertes. Du côté allemand, le ministre de l’Intérieur a tenu à peu près le même discours. La libre circulation reprendra dès ce 15 mai dans les trois pays baltes comme ils l’ont annoncée il y a dix jours. Toutefois, la Commission s’est abstenue d’arrêter un calendrier : elle a mis en débat une stratégie en trois phases, sans y associer de dates ou de durées, reposant sur des critères précis à suivre à chaque stade tels que la situation épidémiologique, les capacités hospitalières et les gestes barrières de part et d’autre. Dans la première phase la plus immédiate, il est recommandé aux vingt sept d’assouplir les contrôles actuels, en particulier pour les frontaliers. Le ministre luxembourgeois Jean Asselborn, dont le pays abrite la symbolique ville de Schengen s’en était beaucoup ému ces derniers jours auprès de son collègue allemand. En second lieu, les pays membres pourront envisager de rouvrir intégralement des portions de leurs frontières comme ce qui est prévu par Berne avec ses voisins si les situations épidémiologiques sont similaires. Et en dernier lieu, c’est la phase où plus aucune restriction de déplacement ne devra être en vigueur dans l’UE.

Cela correspondra si possible à la période des vacances d’été, sans garanties. Cette stratégie est bien connu des ministres de l’Intérieur qui en soigneusement élaboré le contenu avec Bruxelles, toute ces dernières semaines. Mais elle a déçu certains partisans de la libre circulation comme l’eurodéputé allemand Andréas Schwab qui n’est pas satisfait de l’état du marché intérieur et aurait voulu que la Commission soit plus intransigeante dans son message. Selon un certain nombre d’élus, taper du poing sur la table sur des sujets comme le marché intérieur ou la libre circulation, les piliers du projet européen, devrait en effet être une évidence. D’autant que la stratégie de la Commission n’évite pas non plus l’écueil de la discrimination. Si Bruxelles n’aime pas ça, il sera toujours possible de «discriminer» certaines zones ou pays où le virus est encore virulent ou présente des risques. Ainsi, la Suisse et l’Autriche n’ont-elles aucune intention à ce jour d’assouplir quelque directive que ce soit avec l’Italie. Officiellement, la France n’a pas instauré de contrôles avec l’Italie, mais cela se fait de façon implicite grâce à la mesure limitant les déplacements à 100 kilomètres. Et c’est le statu quoi qui prévaut du côté de la frontière espagnole qui restera encore fermée. Les Espagnols, eux-mêmes ont d’ailleurs annoncé de leur côté une «quatorzaine» pour tous les voyageurs arrivant dans le pays. Cette pratique discriminatoire imposée par la crise sanitaire pourra perdurer tant que l’épidémie ne sera pas contenue dans ces zones hautement risquées. D’autres types de discriminations pourraient également se mettre en place dans certains pays, cette fois plus difficilement justifiables. L’Autriche envisagerait de n’accueillir que des Allemands pendant les mois à venir et refuserait cette possibilité aux Tchèques, qui connaissent pourtant une situation semblable. La Commission a vivement déconseillé ces derniers jours les Etats membres de s’abstenir d’appliquer de telles pratiques qui n’étaient pas autorisées. Il n’est «pas possible de dire, quand on ouvre sa frontière à un pays donné, qu’on n’accepte pas telle ou telle nationalité», a dénoncé mardi un fonctionnaire. Un Italien résidant en Allemagne devra donc toujours pouvoir entrer en Autriche. Il n’est pas «possible de choisir ses touristes à la carte», s’inquiète encore Andreas Schwab. Ces discriminations de nationalité pourraient éventuellement être assimilées à une violation des règles de 2004 sur la libre circulation, martèle la Commission, sans grande certitude toutefois.

Moussa .S Yawanga

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article