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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Déli Sainzoumi Nestor, Eclairages 87 du 31 mars 2020.

Suite à l’annonce du gouvernement relative à l’enregistrement du premier cas de Coronavirus sur le sol tchadien, des mesures ont été prises et sont vulgarisées à travers les provinces et départements. La Cellule de veille et de sécurité sanitaire et le ministère de la défense et de la sécurité sont allés dans les détails jusqu’à la fermeture des cabarets et de certaines boutiques. Et pour mettre en application ces mesures, l’Etat compte, non pas sur le sens civique et/ou de responsabilité de chacun, mais plutôt sur la force de la coercition. C’est ainsi que la police nationale et d’autres agents de renseignement ont été déployés dans les rues et ruelles de la capitale.

 

Le combat contre le coronavirus, cet ennemi virtuel, est devenu une affaire politico-militaire. Sans état d’âme, sans aucune mesure de précaution, les agents de sécurité entassés comme des sardines en boîte dans leurs véhicules Toyota Pick-up parcourent les quartiers à la recherche des récalcitrants. Au moindre crissement de ces véhicules, les citoyens alertés se sauvent. Mais, ce qui est gênant dans tout cela, ce n’est pas le travail que fait l’armée ni sa manière de le faire. Le regroupement de ces agents de l’Etat dans un même véhicule est de nature à inquiéter. L’une des mesures d’hygiène recommandées pour la lutte contre le coronavirus, précise qu’il faut éviter les contacts rapprochés. Nos agents en patrouille ne sont-ils pas au courant de cette disposition ? Le plus grave encore est celui des agents de renseignement qui sillonnent  débits de boisson, restaurants et auberges pour surprendre les tenanciers et ceux qui violent les mesures barrières. Nous les avons vu à l’œuvre ; ces agents accostent les responsables des établissements, marchandent avec eux et finissent par empocher quelques billets de nos francs CFA. Et si d’aventure le gérant avec qui ils discutent tête-à-tête est porteur du coronavirus ? On comprend donc, les descentes des groupes de policiers dans les quartiers mettent en danger toute la communauté.

 

Si les attroupements sont interdits, les forces de l’ordre doivent éviter, elles aussi, de s’embarquer par groupe de cinq à dix dans un même véhicule. Bref, il nous faut une police civilisée pour amener les populations à un sursaut national. La véritable lutte contre le coronavirus ne passe pas par la violence. Seule la solidarité et la collaboration avec les populations peuvent être des voies pour une adhésion patriotique aux mesures gouvernementales. C’est pourquoi, nous disons que le Tchad d’aujourd’hui, celui qui fait face à deux redoutables ennemis (le coronavirus et la secte Boko Haram) doit développer partout « l’éthique de la reliance » selon l’expression chère à Edgard Morin. Chaque citoyen doit se relier en esprit aux autres et à la terre-patrie. C’est une arme efficace pour donner du courage afin de faire face à l’adversité. Justement, dans La Peste, Albert Camus, nous enseigne la solidarité en temps de crise. Et ce, à travers Meursault, un personnage qui se rend toujours disponible pour rendre service. La police nationale doit développer des solidarités ouvertes avec les populations, afin de poursuivre l’objectif commun qui est de bouter le coronavirus hors du Tchad. L’inventivité collective qui fait appel à la violence coercitive pour contraindre les citoyens au respect des mesures qui contribuent à la sécurité et à la santé est un leurre. En effet, dans les quartiers de la capitale, les gens font semblant de respecter la décision interdisant la fréquentation en groupe des cabarets, bars et restaurants. Mais que voit-on ? En pleine pandémie de coronavirus, des Tchadiens se réunissent, boivent et mangent à guichet fermé !

 

Le Tchadien est par nature un animal politique, c’est-à-dire social. La vie en autarcie (confinement ?) n’a pas sa place dans son esprit. Voilà donc tout le mal. Pour éduquer et sensibiliser un tel peuple, il faut l’amener progressivement à comprendre les conséquences de la corrélation entre individu et société. A travers une bonne communication, il est possible de faire comprendre à tous que la lutte contre le coronavirus est une lutte collective, mais la réussite dépend du comportement de chacun. En ce temps de crise sanitaire et psychologique, la solidarité par peur du quand dira-t-on n’a pas droit de cité. Notre survie dépend de la prise de conscience de chaque individu. Qu’il s’agisse de la crise du coronavirus ou de la lutte contre la secte Boko Haram, la conscience morale nous invite au devoir citoyen. Descartes nous le dit : « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». Nous devons respecter les consignes du gouvernement pour nous protéger et protéger les autres. Il convient en effet de lutter contre l’ignorance, les mentalités rétrogrades et l’obscurantisme. Après tout, c’est au président de la Cellule de veille et de la sécurité sanitaire et son collègue ministre délégué à la présidence chargé de la défense nationale de travailler pour former une totalité organique avec les gouvernés. C’est de cette manière seulement que l’urgence sanitaire  et sécuritaire sera l’affaire de tous.

                         Collaboration Journal tchadien Eclairages/Regards d’Africains de France

 

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