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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le Cameroun est le deuxième pays le plus touché d’Afrique subsaharienne par la pandémie de Covid-19. 650 cas ont été détectés. Ce constant dressé depuis hier mardi 07 avril 2020 pour le compte de la RTBF constitue un nouveau front s’ouvrant malheureusement dans un pays  déjà meurtri par deux conflits violents. La population, prise entre les feux des Djihadistes de Boko-Haram dans le Nord et ceux des rebelles séparatistes anglophones dans l’Ouest du pays, doit maintenant faire face à une violence supplémentaire. Charline Burton est directrice de l’ONG Search for common ground, active dans le domaine des conflits: « On a des populations qui sont en sous-nutrition, qui ont des conditions d’hébergement très précaires et des soins de santé qui sont déjà à la limite de ce qu’on peut offrir pour survivre. Et, donc rajouter, là-dessus, une épidémie, c’est rendre la situation encore plus compliquée pour ces milliers de déplacés »,s’alarme Charline Burton.Les conflits armés qui touchent le pays rendent la gestion de la pandémie  de Covid 19 extrêmement complexe. En zone de guerre, la réponse sanitaire passe d'abord par l'information: « Il n’est pas juste question de confinement ou de matériel médical. Dans des zones de conflits, il y a beaucoup de personnes qui n’ont déjà pas accès à l’information. L’information étatique est aux mains de certaines parties. Toutes les langues locales ne sont pas toujours représentées, ce qui pousse certaines personnes à ne pas écouter parce qu’ils ne s’y retrouvent tout simplement pas. Il y a aussi des zones contrôlées par des groupes rebelles où la population n’a pas accès à l’information tout court », explique Charline Burton.

Selon l’Agence Belga pour la RTBF,alors que les cas de contamination se multiplient dans le pays, le président camerounais, Paul Biya, qui a fêté ses 87 ans en février, reste lui muet. L’Etat semble à l’abandon.« A l’heure où tous les dirigeants dans le monde, prennent en main cette situation de crise, il a disparu. De toute évidence, il n’y a pas de capitaine à bord. La situation économique se dégrade puisqu’il n’y a pas de signaux forts. Il y a des spéculations sur des produits de première nécessité », déplore Nel Tsopo Nziemi, rédacteur en chef du magazine d’information africaine Brukmer. Ce mutisme a affolé la toile la semaine dernière. Certains internautes affirmaient même que le président était mort. Paul Biya « vaque normalement à ses occupations régaliennes », a rétorqué le ministre de la communication, René-Emmanuel Sadi, dans un « démenti formel ».Nel Tsopo Nziemi craint, lui, un soulèvement de la population: « les gens sont déjà asphyxiés par les difficultés de la vie et, là, ils doivent affronter cette crise sanitaire sans arme. L’Etat n’a pas mis en place assez de mesures d’accompagnement ».Pour le moment, les frontières du pays ont été fermées et les rassemblements sont interdits. Mais pour l’opposition, il faut aller plus loin avec un confinement total comme en Afrique du Sud ou à Lagos au Nigeria.Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDDHAC), l’une des principales organisations de la société civile, appelle les autorités à mettre cette mesure rapidement en place. Il exige également un accompagnement financier pour les plus pauvres.Le rédacteur en chef du magazine d’information africaine Brukmer, Nel Tsopo Nziem, tire la sonnette d’alarme. Pour lui, il faut attirer l’attention de la communauté internationale « pour qu’elle garde un œil sur cette situation extrêmement tendue ». L'ONG Seach for common ground a déjà noté un manque de suivi de la part de pays qui viennent habituellement en aide aux pays d’Afrique subsaharienne : « On craint qu’il y ait moins d’aide mais surtout, que certains groupes armés profitent de l’inattention de l’Occident pour perpétrer des attaques », s'inquiète Charline Burton. Une inquiétude renforcée par les propos tenus par le secrétaire général de l'ONU ce vendredi. Antonio Guterres estime que « le pire est à venir » dans les pays en conflit. Il y a quatre jours, il avait relancé son appel à des cessez-le-feu partout dans le monde pour aider à endiguer la progression du Covid-19.

Ahmat Zéïdane Bichara

 

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