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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Après le limogeage du ministre de la santé, c’est au tour du très populaire ministre de la Justice de rendre son tablier vendredi en invoquant l’ingérence politique du président Jair Bolsonaro dans les affaires judiciaires, ce que dément catégoriquement l’intéressé. L’information a été rapportée par l’AFP et publiée vendredi 24 avril par le Journal de Montréal. Les graves accusations de l’ancien juge anti-corruption n’ont pas manqué de susciter de vives réactions politiques, certains y voient un motif suffisant pouvant déboucher à la destitution du chef de l’Etat. Le président d’extrême droite s’est défendu en fin de journée, indiquant que ces accusation étaient infondées lors d’un discours prononcé en présence d’une brochette de ministres, faisant bloc derrière lui, épaule contre épaule et tous sans masque, sauf celui de l’Economie, en pleine crise sanitaire du Covid-19.  Le chef de l’Etat, son ancien ministre ne se préoccupait que « de son égo, pas du Brésil », visant notamment « un siège à la Cour suprême ». Cette démission est un coup dur pour le président qui perd un poids lourd du gouvernement, huit jours seulement après le limogeage de son ministre de la santé Luiz Henrique Mandetta, également très populaire et favorable au confinement, contrairement au président.  M. Moro a quitté le navire au terme de plusieurs mois de tension avec le président qui avait pourtant promis lui donner « carte blanche » après l’éviction de l’un de ses hommes de confiance, chef de la Police fédérale, Mauricio Valeixo. L’ex ministre de la Justice a révélé que le président souhaitait remplacer le chef de la Police fédérale par « une personne avec qui il aurait un contact personnel, qu’il pourrait appeler pour obtenir des informations sur les enquêtes » en cours.

De son côté, le président Bolsonaro fait entendre un autre son de cloche en affirmant que M. Moro était d’accord pour laisser partir, mais seulement en novembre, après être assuré de sa propre nomination par le président à la Cour suprême. M. Moro a aussi démenti ces allégations sur Twitter. Le président brésilien nie catégoriquement avoir « réclamé d’information sur une quelconque enquête en cours ». Mais il a reconnu être intervenu à plusieurs reprises dans des dossiers de la Police fédérale, notamment concernant l’enquête sur l’attentat à l’arme blanche dont il a été victime pendant la campagne présidentielle de 2018. «Est-ce une ingérence de demander qui a voulu tuer Jair Bolsonaro ?», s’est-il interrogé, regrettant que les enquêteurs « accordaient plus d’importance » à l’enquête sur l’assassinat de l’ex-conseillère municipale de gauche Marielle Franco, en mars 2018. Malgré le démenti du chef de l’Etat, le procureur général a annoncé vendredi l’ouverture d’une enquête sur les accusations de M. Moro. «Ce sont des déclarations très graves, indiquant de possibles crimes commis par le président de la République », a rendu public dans un communiqué le président de l’Ordre des Avocats du Brésil. Pour l’ancien président de centre droit Fernando Henrique Cardoso (1995-2002), le président actuel est entrain de creuser sa propre tombe. Qu’il démissionne avant d’être démis. Qu’on nous épargne, au-delà du coronavirus, un long processus de destitution. «Notre pays doit combattre deux virus, le coronavirus et un autre virus qui se trouve au palais présidentiel de Planalto », a lancé pour sa part le gouverner de Sao Paulo, Joao Doria.

Yowanga S. Moussa  

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