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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Accusée d'avoir collecté les données de dizaine de  millions d'utilisateurs à  des fins de manipulation politique, la société Cambridge Analytica avait annoncé  dans un passé récent, qu'elle mettait fin à ses activités. Sa réputation en lambeaux, la société britannique annonçait son sabordage en 2018 devant le monde entier. Alors que les internautes Africains commençaient à tourner la page de cette douloureuse expérience, de nouveaux  éléments  issus de quelque 100 000 documents dévoilent l’étendue de nouvelles opérations orchestrées par  Cambridge Analytica. Dans les pays où, les campagnes électorales se font  à travers les médias, de  récentes révélations montrent que Cambridge Analytica continue de démarcher des clients  notamment  sur le  continent africain. En Afrique, Cambridge Analytica, s’était  fait connaitre en 2013 et 2017 pour avoir conçu la campagne politique du président Uhuru Kenyatta.C’est ainsi que Cambridge Analytica collectait pour le parti au pouvoir  des données ayant servi à asseoir la stratégie de campagne de l’homme fort de Nairobi.Au Nigeria,l’ex-Président  Goodluck Jonathan a pour sa part eu à déclarer  qu’il ignorait l’existence des services de la société de conseil en communication britannique auprès de son parti politique.Or, Cambridge Analytica avait pris en main l’organisation complète  de la campagne électorale de 2015 pour Goodluck Jonathan.

A cette époque, un ancien employé de Cambridge Analytica avait  révélé à la presse  que la mission au Nigeria était payée par une personnalité  nigériane, en l’occurrence une des plus grosses fortunes du pays.Ce dernier, paniqué à l’idée d’un changement de régime  mis la main à la poche  pour que les élections tournent en faveur du président sortant de l’époque Goodluck Jonathan.Le milliardaire nigérian  aurait ainsi signé un contrat  avec  Cambridge Analytica pour diffuser des vidéos dépeignant entre autres, Muhammadu Buhari comme un musulman extrémiste.Après le scandale engendré par les révélations sur ses pratiques sulfureuses, plusieurs têtes pensantes du groupe ont très vite pris la décision de quitter le navire alors qu’il était en train de sombrer.Quelques hauts dirigeants de la société qui était à  l’agonie ont ainsi rejoint une autre compagnie du nom d’Emerdata.Crée sur les cendres de Cambridge Analytica en 2017, la firme est spécialisée dans le traitement des données. Au sein d Emerdata, l’ex directeur général  de Cambridge Analytica s’y est fait  inscrire  comme administrateur. Il en est de même  pour  le président de SCL Group,  société mère de Cambridge Analytica. Autre fait troublant, la nouvelle société Emerdata, partagerait  une adresse dans un quartier d'affaires de Londres avec SCL Group, société mère de Cambridge Analytica. Pour le Dr Qemal Affagnon, les nouvelles révélations au sujet des activités de Cambridge analytica montrent que le moment est opportun pour que les Etats Africains demandent plus de garantie à Facebook concernant la protection des données des internautes africains.

Or regrette il, au Nigeria, les autorités peinent à promulguer une loi sur les droits numériques, un projet défendu par Paradigme Initiative, une ONG qui travaille en étroite collaboration avec Internet Sans Frontières.«Ces dernières années, on a vu Facebook érodé à plusieurs reprises la vie privée des internautes Africains tout en continuant de fructifier des millions de données dans la plus grande tranquillité.Facebook a  ainsi mis la main sur le répertoire des contacts de plusieurs millions d’abonnés mobiles y compris ceux qui ne disposent d’un compte Facebook.Cette opération qu’on peut qualifier de hold-up  a  permis à  l’entreprise de récupérer les numéros des correspondant de millions d’abonnés mobiles,les  dates, heures, les  durées de leurs conversations téléphoniques et leurs  SMS émis depuis des portables Android. Pourtant ces données n’appartiennent pas à Facebook s’est exclamé le responsable Afrique de l’Ouest d’Internet Sans Frontières.Dans le même temps, c’est cette entreprise qui entend  désormais former des entrepreneurs en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Cameroun, en République Démocratique du Congo, au Bénin et en Guinée Conakry  avec la bénédiction des gouvernements de ces différents  pays » .Pour le Dr Qemal Affagnon, le fait que Facebook soit en mesure de mettre la main sur les données des abonnés mobiles qui ne disposent d’un compte Facebook fait craindre le pire. «Ces données a-t-il dit sont issues des traces que les individus laissent sur une application qui consomme peu telle que Whatsapp par exemple.Ça donne une ampleur du volume de données manipulable à des fins de propagande politique dans les pays Africains où, Whatsapp qui appartient également à Facebook est utilisé par certaines populations analphabètes dans leur langues nationales».Cette année, plusieurs scrutins seront organisés sur le continent africain, notamment dans l'espace francophone. Au-delà des menaces de manipulation qui pèse sur ces scrutins, la faible protection des données personnelles met en péril l’exercice des libertés individuelles dans des pays où, le téléphone mobile est le canal de communication par excellence.

Laurent Batonga

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