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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Avec un bilan macabre de 92 morts porté rapidement à 98 et 47 blessés annoncé avant hier mardi 24 mars sur le terrain par le chef suprême des armées, Idriss Dey Itno en personne, cela prouve le caractère extrêmement violent des combats ayant opposé les soldats de l’armée tchadienne et les combattants de Boko Haram, dans la presqu’île de Bohoma, située dans la province du Lac-Tchad. «Cette action de Boko Haram, je dirai que c’est pour la première fois. J’ai assisté à beaucoup des opérations, j’ai mené beaucoup des opérations mais en un seul coup perdre autant d’hommes, dans l’histoire, c’est la première fois que j’ai subi ça. Je suis écœuré », a lancé le chef de l’Etat visiblement très remonté. L’attaque surprise des combattants de Boko Haram rappelle étrangement un passage biblique : «Ne vous lassez pas distraire, soyez vigilants. Votre adversaire, le diable, rôde autour de vous comme un lion rugissant, qui cherche quelqu’un à dévorer ». Le diable incarné par Boko Haram a profité clairement d’un certain nombre de failles pour frapper un grand coup en infligeant une cuisante défaite à l’armée tchadienne, qui restera gravée à jamais dans les annales. C’est un véritable affront pour le Tchad et son armée. Après tout, comment peut-on s’en étonner si le Tchad, au lieu d’éteindre bien le feu qui brûle sa propre maison, s’empresse toujours d’aller éteindre celui brûlant les cases de ses voisins ? Autrement dit, c’est la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Si la mission de l’armée est d’assurer entre autres la défense de l’intégrité territoriale, il revient aux autorités de doter les forces de défense et de sécurité des moyens matériels et financiers conséquents pour mener à bien celle-ci. Or tel n’est pas souvent le cas. Interrogé lors de son déplacement sur le lieu des affrontements, le président tchadien a fait un terrible aveu : «Pour la protection de la population, nous avons estimé nécessaire en son temps de mettre une unité des forces de défense et de sécurité pour sécuriser la population de ce village là. Comme vous le savez cette unité a été dégarnie un peu pour des raisons opérationnelles ou pour des besoins opérationnels ailleurs ».

Le président explique maladroitement que l’unité des forces de défense et de sécurité basée dans la presqu’île de Bohoma, un territoire exposé a connu une réduction de ses effectifs pour nécessité impérieuse. Motif : un marché a été conclu entre Idriss Deby Itno et la France pour l’envoi fin mars 2020 d’un bataillon de près de 500 soldats pour sécuriser les frontières du Mali, du Burkina et du Niger. Comme pour cacher quelque chose aux Tchadiens, Christophe Bigot, envoyé spécial de la France pour le Sahel veut rassurer que la France va appuyer le Tchad : «Je ne veux pas trop entrer dans les détails mais c’est une aide qui peut être aussi bien financière qu’opérationnelle ou technique. L’essentiel est que les besoins tchadiens aient pu être couverts et que la volonté du président Deby puisse se traduire par une action qui donnera un coup de pouce décisif à l’action menée pour la force conjointe du G5 dans cette zone des frontières ». La date de l’attaque choisie par les combattants de Boko Haram correspond étrangement à celle de départ du bataillon tchadien vers le Niger pour le compte du G5 Sahel. Aussi, tout laisse à penser que le groupe terroriste est bien informé de la baisse des effectifs des soldats positionnés  à Bohoma. Submergé par la colère, le chef de l’Etat tchadien a rendu un vibrant hommage à tous les valeureux soldats et gradés tombés sur le champ de bataille : « Je voudrais dire aussi aux Tchadiens jusqu’au dernier mort y compris les blessés, ils n’ont pas cédé le terrain, ils ont gardé le terrain. Ils se sont accrochés sur ce terrain. Y en a qui sont morts, d’autres sont blessés, Nous les avons enlevés d’ici. Personne n’a fui. Ce sont des valeureux membres de forces de défense et de sécurité qui ont fait leur preuve dans toutes les opérations au Lac-Tchad et ailleurs. Ce sont des anciens, ce sont de grands hommes, des guides. Ce sont ceux-là qu’on a perdu. Paix à leurs âmes ! ». Au-delà de la douleur et la consternation, le chef suprême des armées, a voulu prendre le taureau par les cornes en affirmant que : «Nous allons revoir tout notre dispositif pour éviter ce que Bohoma a connu ». En clair, le président de la République reconnait explicitement qu’il y a eu des insuffisances, des faiblesses à corriger. Tout comme il peut y avoir également des fautes graves qui méritent des sanctions exemplaires pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. Plus globalement, il est peut-être temps d’avoir le courage de se poser les vraies questions. Et surtout, il faut profiter de cet événement douloureux pour remettre à plat l’engagement des contingents tchadiens aussi bien au sein de la Force multinationale de lutte contre le Boko Haram qu’au G5 Sahel ? Comme la lutte contre la pandémie du Coronavirus engage toutes les forces vives du pays, il n’en demeure pas moins que la guerre contre le groupe jihadiste  Boko Hiram requiert la mobilisation effective de tous les fils du pays. Quoi qu’il en soit il ne peut y avoir une armée forte sans le soutien total de son peuple et la vision éclairée des plus hautes autorités.

Yowanga  S. Moussa

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