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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                             Déli Sainzoumi Nestor,Éclairages 85 du 03 mars 2020.

La Semaine Nationale de la Femme Tchadienne(SENAFET) 2020 doit offrir aux femmes l’occasion de crier haro sur les crimes perpétrés avec viol et demander au Gouvernement de trouver des moyens pour éduquer la population masculine.

Au premier trimestre 2020, N’Djaména a enregistré des cas d’assassinat, parmi les victimes… des femmes. Les malfrats les ont violés avant de leur donner la mort. Cette situation ne relève pas seulement de l’insécurité qui prévaut dans la capitale tchadienne, mais elle semble instaurer une ère nouvelle où le viol devient une épidémie au Tchad. La semaine nationale de la femme 2020 dont le thème est « Genre : enjeux et perspectives » doit conduire la gent féminine à méditer sur leur sort et débattre de la question cruciale du viol. L’exemple vient d’être donné par Me Aché Mahamat Fadoul de l’Ong l’Organisation pour le secours et le développement de la femme au Tchad (OSDFT) qui, à travers un point de presse, demande aux autorités en charge de la sécurité de doubler d’effort pour la sécurisation de la ville afin que les femmes vivent dans la quiétude et vaquent normalement à leurs occupations.

Le viol est une arme pour anéantir la femme

Le viol n’est pas un phénomène nouveau au Tchad. En 2016, l’affaire Zouhoura, du nom de la lycéenne de 17 ans violée par quatre jeunes dont le fils de l’actuel président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki. Suite aux manifestations de protestations des lycéens, ce viol est devenu une affaire d’Etat. Idriss Déby Itno a réagi et promis que les coupables seront punis. Mais quatre ans après, tout montre que le pouvoir central n’a pas pris la leçon ; puisqu’après la prison de Koro Toro les violeurs ont été mis à l’abri, loin du Tchad. Pourtant, ce viol était vu comme « une véritable arme pour anéantir les femmes », disait la coordinatrice France-Tchad-Centrafrique à Amnesty international, Delphine Lecoute. En 2018, la session criminelle de la Cour d’appel de N’Djaména, en étudiant 25 dossiers, s’est retrouvée avec 16 cas de viols. Dans la même année, une source policière aurait enregistré  46 cas de viols dans la capitale tchadienne. En février 2020, la session criminelle de la même Cour d’Appel a examiné 75 dossiers dont 45 portaient sur les viols. On apprend lors de cette session qu’un boutiquier a violé une mineure de 04 ans. Ce qui montre que les violeurs vivent avec nous et que le phénomène bat son plein. Ce qui est révélé au public n’est que la partie visible de l’iceberg ; de nombreux cas passent sous silence. Si l’affaire Zouhoura n’a pas permis à la gent féminine de faire entendre sa voix et d’exprimer ses revendications, le 08 mars 2020 qui pointe à l’horizon devrait (enfin) lui permettre d’exprimer son ras-le-bol, et demander au régime Mps de doubler la mise pour assurer la sécurité des femmes.

Appliquer la loi dans sa rigueur pour persuader les autres malfrats

Rien n’est perdu. Il est encore possible de faire bouger les lignes. Les tchadiennes ont besoin d’une tête d’affiche pour se mettre au devant de cette lutte. « Il suffit parfois d’un geste pour changer le cours de l’histoire. Le 1er décembre 1955, Rosa Parks avait trouvé le sien : refuser de se lever pour céder sa place à un Blanc dans un bus », nous renseigne l’ancien directeur de publication du journal Notre Temps, Nadjikimo Bénoudjita. Il faudra que les femmes tchadiennes suivent cet exemple pour dire non aux viols, aux crimes et autres violences basées sur le genre. En ce début de mars 2020, les femmes quelles qu’elles soient doivent demander aux pouvoirs judiciaire et exécutif  d’œuvrer afin que les assassins des femmes violées et/ou assassinées soient situés sur leurs sorts, à travers l’application de la loi dans toute sa rigueur.

Le viol est un problème de santé public

Au Tchad, il est encore difficile aux victimes de dénoncer les violeurs à cause des pesanteurs socioculturelles. La situation s’empire à cause de l’absence des mécanismes gouvernementaux pour dissuader les violeurs. Dans la province de la Tandjilé, il ne se passe pas un mois (semaine ?) sans que des mineures ne soient violées. L’âge des enfants victimes de cette barbarie varie entre 03 et 16 ans. Dans cette région, le viol n’est dénoncé que lorsque la situation de la victime nécessite des soins d’urgences et des traitements médicaux. Une source indique que de nombreuses mineures violées seraient malades. Car certains séropositifs estiment qu’en violant les mineures, ils pourraient se débarrasser du VIH et sida. Les pratiques occultes aussi justifient la constance de ce phénomène dans la Tandjilé. Ce qui pourraient être pour les derniers cas à N’Djaména.

Que dit Hinda Déby Itno lorsque les malfrats violent dans nos rues

De tout cela, les conséquences visibles sont entre autres : le traumatisme psychologique, l’absence de l’estime de soi, la honte, la contamination des maladies sexuellement transmissibles, ainsi que les grossesses (précoces) non désirées. Ce phénomène récurrent vient compromettre l’avenir de la jeunesse tchadienne. C’est pourquoi, il est du devoir des femmes de lancer dès début mars 2020, une action, une campagne pour une tolérance zéro du viol. La première dame, Hinda Déby Itno doit réitérer sa volonté de lutter contre cette pratique, elle qui a déclaré en 2015 à Laï (Tandjilé) que « c’est aussi avec amertume que nous apprenons que des mineures dont l’âge varie parfois entre 7 à 10 ans sont quotidiennement enlevées dans la Tandjilé, séquestrées et violées par leurs violeurs qui, après leurs forfaits, réussissent le plus souvent à prendre la poudre d’escampette, pour des raisons inavouées et jusqu’ici, non encore élucidées ».

Collaboration Journal Éclairages/Regards d’Africains de France

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