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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le journal canadien Le Devoir eut publié depuis le mardi 24 mars l’information signée par notre confrère Fabien Deglise, selon laquelle la pandémie du Coronavirus rendra doublement  victimes des populations des pays vulnérables ou disons-le autrement des pays pauvres. Selon lui, c’est le drame dans la tragédie. Au moment où le Covid-19 a amorcé sa progression au cœur de plusieurs pays à faible revenu, dans les Caraïbes, comme sur le continent africain, les spécialistes de la solidarité internationale s’inquiètent désormais de l’amplification des conséquences de cette maladie sur ces territoires aux prises avec des infrastructures médicales déficientes et parfois avec des conflits armés et des crises sociales. Relayés au second plan des préoccupations des donateurs habituels, ces pays se préparent donc à devenir les victimes collatérales de la guerre sanitaire mondiale en cours, selon eux, « C’est extrêmement inquiétant, lance à l’autre bout du fil la pédiatre Joanne Liu, ex-présidente de Médecins sans frontières. En ce moment, c’est chacun pour soi et il n’y a pas d’élan du cœur pour aider des pays où l’accès au soin est difficile. Imaginez : hors d’une crise de Covid-19, nous ne sommes pas capables d’amener les ressources nécessaires à des populations qui vivent dans des contextes de conflits ou de déplacement forcés». Et pourtant, les besoins sont là. Jeudi, le président haïtien, Jovenel Moïse, a déclaré les deux premiers cas de contamination au coronavirus dans son pays qui fait face à une crise politique et sociale sans précédent depuis plusieurs décennies et encore plus depuis le début de son mandat. Le pays a imposé un couvre-feu à sa population entre 20 h et 5 h et interdit les rassemblements de plus de 10 personnes. En République dominicaine, sa voisine, 21 cas ont été recensés, tout comme un premier décès, indiquent les chiffres à jour de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la propagation mondiale du Coronavirus. Sur le continent africain, la Covid-19 a fait son premier mort au Burkina Faso cette semaine, et le virus continue sa progression en Afrique du Sud, en Algérie, au Sénégal, au Rwanda, au Cameroun ou en Côte d’Ivoire, les pays les plus touchés avec entre 9 et 116 cas détectés, selon les dernières données disponibles vendredi. Rappelons que les capacités de dépistage restent limitées dans beaucoup de ces pays. « La situation est encore plus à risque dans ces pays qui ne sont pas préparés à faire face à une pandémie, estime Marie Fall, professeur de géographie et spécialiste de la coopération internationale à l’Université du Québec à Chicoutimi.

Pour le journaliste de ce média canadien Le Devoir, les structures sanitaires en place ne sont pas suffisantes pour prendre en charge les personnes infectées ni pour faire de la prévention. Dans les pays où la survie relève du miracle quotidien, les crises sociales et sanitaires existantes vont être amplifiées par un tel virus. »Selon elle, les comportements et les pratiques sociales dans ces pays représentent également des facteurs de risques importants. « Les populations ne sont pas informées correctement sur l’ampleur de la menace et vivent en grand nombre dans des espaces limités, dit-elle. Au Sénégal, 20 personnes peuvent cohabiter dans la même maison, alors qu’au Canada, ce sont des familles de quatre. L’accès aux moyens de subsistance ou de transport complique également les choses. Là-bas, les autobus sont bondés », et la promiscuité séculaire y devient incompatible avec les règles de distanciation physique et sociale commandées pour ralentir la progression du virus, dit Mme Fall.Mercredi, le directeur général de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, a d’ailleurs appelé les pays africains « à se préparer au pire » et à le faire « dès aujourd’hui », étant donné que plus de 352 cas ont été recensés dans 30 pays du continent jeudi, soit 129 de plus que la veille. Il s’agit d’une croissance de 57 %. Et il aurait pu ajouter de s’y préparer seuls. «Il est difficile de créer une attention envers autrui quand on se sent en danger, dit Joanne Liu. Nous sommes centrés sur nous-mêmes. C’est normal dans ces circonstances. Mais qui va aider les pays fragilisés, si ce n’est pas nous ? Personne ne va vouloir partager ses masques de protection ou ses respirateurs artificiels, car tout le monde en a besoin. Ces pays vulnérables sont donc livrés à eux-mêmes. » Et la fermeture des frontières vient également compliquer le principe d’entraide internationale, en entravant le déplacement d’humanitaires vers les endroits où les besoins vont se faire criants. D’ailleurs, Médecins sans frontières envisageait vendredi la fermeture de plusieurs missions internationales, pour lesquelles l’envoi de personnels est devenu difficile, alors que la plupart des pays du globe se sont refermés sur eux-mêmes depuis plus d’une semaine, pour enrayer la propagation du virus. Vendredi, le Canada a réitéré son engagement à aider les pays les plus vulnérables à faire face à la pandémie et rappelé que 50 millions de dollars ont été débloqués « pour minimiser les répercussions de la maladie dans les pays dont les systèmes de santé sont particulièrement mis à l’épreuve », a dit Karina Gould, ministre du Développement international, par voie de communiqué. Lors de sa conférence de presse téléphonique quotidienne, le directeur général de l’OMS a également souligné vendredi que « la solidarité entre les pays », tout comme « la solidarité entre les générations », était la clef de voûte pour traverser la crise actuelle en limitant le nombre de morts liés à la maladie.

Ahmat Zéïdane Bichara

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