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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                                      Edition spéciale sur le nouveau Coronavirus.

La RTBF eut publié depuis dimanche 22 mars l’information signée du journaliste Grégoire Ryckmans selon laquelle, d’après une étude chinoise, les personnes de groupe sanguin O sont mieux immunisées contre le coronavirus que les autres groupes avec un risque d’infection 33% moindre. Selon cette étude, les personnes de groupe A auraient 20% de risque supplémentaire d’être infectées. Cette inégalité s’explique par une différence dans l’action des anticorps mais ce lien supposé entre le groupe sanguin et la sensibilité au coronavirus n’est pas encore attesté par la communauté scientifique. Une vingtaine de scientifiques issus de plusieurs universités, hôpitaux ou instituts chinois ont publié les résultats de leurs travaux dont le but était de faire un lien entre le groupe sanguin d’une personne et sa capacité à résister contre un risque d’infection au Covid-19. Dans cette étude, publiée sur le site MedRxiv, les chercheurs chinois rattachés notamment à l’Université de Shenzhen indiquent qu’ils ont étudié 2100 personnes infectées par le virus (venant de trois hôpitaux de Wuhan et Shenzhen). Parmi les cas observés, 10% étaient décédés. Ils ont été ensuite comparés à près de 3700 habitants de Wuhan qui étaient non infectés. Ils ont ensuite comparé la proportion de personnes de chaque groupe sanguin (A, B, AB et O) parmi des échantillons de la population et de patients atteints de Covid-19, comme l’expliquent clairement nos collègues de France Info. Parmi les 3694 personnes « lambda » sur lesquelles s’appuie l’étude, les chercheurs ont noté une répartition d’environ 32% de groupe sanguin A, 25% de B, 9% de AB et 34% de O. Parmi les 1775 patients testés positifs au Covid-19 à l’hôpital Wuhan Jinyintan, cette répartition est de 38% de groupe sanguin A, 26% de B, 10% de AB et 26% de O.

 

Selon notre confrère de la RTBF Grégoire Ryckmans, après avoir fait le tri entre les personnes en fonction de leurs groupes sanguins, les chercheurs ont observé que les personnes du groupe O avaient 33% de risque en moins d’être touchées par le nouveau virus, quand celles du groupe A avaient un sur-risque de 20% par rapport aux autres groupes sanguins. Résultat : les chiffres semblent significatifs, les chercheurs en concluent : « Les personnes du groupe sanguin A ont un risque significativement plus élevé de contracter le Covid-19 par rapport aux groupes sanguins non-A, tandis que le groupe sanguin O a un risque significativement plus faible de contracter l’infection par rapport aux groupes sanguins non-O ».Sans distinction d’âge ou de sexe, le coronavirus semble moins toucher les personnes du groupe 0 que celles du groupe A. Ce résultat ne surprend pas Jacques Le Pendu, directeur de recherche à l’INSERM au laboratoire de recherche en cancérologie et immunologie Nantes-Angers (INSERM-Université de Nantes). « Ce n’est pas étonnant. Nous avions trouvé la même chose en 2003 pour le SARS (SRAS) sur une épidémie à Hong-Kong », précise-t-il à France-Inter. Son équipe spécialisée sur les virus de gastro-entérites s’était d’ailleurs intéressée plus tard aux données parues à l’époque. Elles soulignaient déjà cette différence entre groupes sanguins. En 2008, une étude publiée dans Glycobiology sur le SRAS indique que la différence de résistance face au virus en fonction des groupes sanguins réside dans les anticorps. L’étude s’attache à observer leur rôle au moment de l’infection par le virus. Suivant notre groupe sanguin, nous développons des anticorps différents à partir de la naissance. Les personnes du groupe sanguin A auront des anticorps B, les B des anticorps A. Quant aux O, ils développent à la fois des anti-A et des anti B. Une sorte de double défense immunitaire qui pourrait procurer une immunité naturelle légèrement supérieure. Le SRAS est un coronavirus et, compte tenu de sa proximité avec le COv2-19, le même mécanisme pourrait vraisemblablement être à l’œuvre. Et si cette plus grande résistance des personnes du type O se confirme, cela pourrait être une bonne nouvelle. Pourquoi ? Parce que le groupe du type O est majoritaire à l’échelle mondiale (45% de la population sont O + ou O-) et sa répartition est à peu près la même d’un pays à l’autre. Si ces personnes du groupe O sont plus résistantes, cela veut dire qu’elles portent en elles des anticorps qui leur permettent de ne pas être contaminées et cela signifie que leur système immunitaire permet de ralentir l’épidémie même si rien n’empêche qu’elles soient aussi infectées. Par ailleurs, l’étude chinoise montre un désavantage pour le groupe sanguin A (20% d’affinité supplémentaire au coronavirus) mais n’indique rien concernant le groupe B. « Sûrement parce que l’échantillon est trop peu important », indique Jacques Le Pendu interrogé par France Inter.

 

Quoi qu’il en soit termine-t-il son commentaire sur les attaques du Coronavirus, le rôle des anticorps et la fonction dont ils fonctionnent chez les « O » pourraient être utilisés comme arme contre la propagation du virus.  En "boostant" les anticorps grâce à des pro-biotiques, par exemple, le nombre de contaminations pourrait être réduit. Malgré cette opportunité de mieux connaître le virus et l’ouverture de travailler sur de nouveaux moyens pour lutter contre le Covid-19 via les anticorps, les résultats de cette étude doivent être nuancés. En effet, comme indique très clairement sur le résumé de l’étude publiée en ligne, il s’agit d’un « preprint ». C’est-à-dire, une prépublication scientifique dont les contours sont précisés explicitement : « Les prépublications sont des rapports de travaux préliminaires qui n’ont pas été évalués par des pairs. Elles ne doivent pas être suivies comme des guides de pratiques cliniques ou de comportements liés au domaine de la santé. Elles ne doivent pas non plus être présentées par les médias comme des vérités établiesLe but de ces prépublications est donc de mettre à disposition de la communauté scientifique des données déjà analysées même si elles n’ont pas le même statut que les publications « validées » qui doivent passer par un processus bien plus long avant d’être mises en ligne. La fiabilité de ces travaux doit donc encore faire l’objet de l’approbation d’autres scientifiques et il est trop tôt pour affirmer si ce lien entre le coronavirus et les différents types de groupes sanguins est avéré ou non. Car d’autres pistes comme l’absence d’anticorps anti-A dans le sang (cfr ci-dessus) pourraient être prédominants. Les scientifiques ajoutent aussi que « cette hypothèse nécessitera d’autres études concrètes pour être prouvée ». « Ils affirment qu’il pourrait y avoir d’autres mécanismes à l’œuvre » pour expliquer les liens entre groupes sanguins et Covid-19. Des mécanismes qui « auront besoin d’autres études pour être élucidés ».En conclusion, plusieurs études indiquent que les personnes du groupe O seraient légèrement moins susceptibles d’être contaminées et celles du groupe A légèrement plus, comme c’était le cas pour le SARS-Cov de 2003. Cela dit, ces conclusions sont le fruit d’une prépublication dont la fiabilité n’a pas encore été prouvée et ne doit être analysée comme telle.

Ahmat Zéïdane Bichara

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