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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Patrick Saint Krespel, Eclairages N° 084 - du 25 Février 2020

Depuis quelques semaines, c’est tout le sud du Tchad qui bouge. Du remue ménage aux toilettages, les ressortissants du grand Mayo-Kebbi, ceux de laTandjilé et du Logone occidentale se préparent pour accueillir le chef de l’Etat. Une tournée aux rendements économiques peu probants.C’est désormais connu par tous, l’agenda du chef de l’Etat tchadien pour l’inauguration des chrysanthèmes fait l’objet des débats. On en parle à longueur de journée. Des administrateurs vident les bureaux et effectuent les déplacements dans le Tchad profond pour, dit-on, préparer la visite du président Idriss Déby. Une grosse perte pour l’administration tchadienne déjà piégée par des incompétents qui envahissent les services centraux.

L’étape de Bongor : le Pont sur le Logone.

Cadre du Mayo-Kebbi, Gayang Souaré a enfin trouvé du boulot. A la tête du comité du comité d’organisation du lancement du projet de construction du pont reliant Bongor à Yagoua (Cameroun), ce politique de la dernière heure a embouché la trompette depuis un certain temps pour se faire une place au soleil. Nous l’avons vu à l’œuvre le 20 février, lors d’une réunion de concertation  des cadres du Mayo-Kebbi Est. Criant haut et fort que la construction du pont sur le Logone contribuera au développement du Tchad, le ministre de l’élevage néglige les impacts sociaux et environnementaux du projet. Et c’est d’ailleurs ce que les ressortissants du Mayo-Kebbi entendent relever de vive voix au chef de l’Etat. Certes, l’élévation d’un pont reliant les deux villes sœurs participera à l’intégration sous-régionale et facilitera le déplacement des personnes et des biens, mais les bongorois semblent être les gros perdant. Ce pont mettra en vacance quelques petits métiers autour du fleuve et chassera de leur terroir un certains nombres de riverains. Déjà quelques voix s’élèvent pour  revendiquer à coup de gourdin les indemnités. Pendant que la jeunesse du Mayo-Kebbi attend de Déby Itno des mots qui rassurent,  le ministre Gayang Souaré lui, s’attèle à la rédaction d’une motion de remerciements au président de la République. Une parfaite récupération politique de l’événement.

L’étape de Laï : programme d’appui au développement local

Le ministre de l’Economie et de la planification du développement, Issa Doubragne a donné le ton lors de sa visite de terrain, il y a de cela quelques semaines. Idriss Déby lancera à Laï, le programme d'appui au développement local et à la finance inclusive. Ce programme dont le lancement est prévu cette semaine est soutenu par le PNUD. Il entre dans le cadre du PND 2017-2021 et concerne deux millions de ménages sur l'ensemble du pays. « L'étape de Laï pour laquelle nous nous préparons au lancement officiel par le président de la République Idriss Déby lui-même d'ici le 28 février, marquera le départ des prochaines étapes dans cinq autres provinces du Tchad sur les 23. Ce qui va permettre progressivement d'aller ver les 23 provinces du pays, montrant la dimension et l'envergure de cet important programme », a déclaré Issa Doubragne. Selon des sources concordantes, la première étape de ce programme sera exécutée par le PNUD jusqu'en 2022. Ce qui rassure. Mais pour le reste, rien n’est sûr lorsqu’on sait que plus de 50 milliards de francs CFA ont déjà été investis dans le secteur agricole, sans aucun rendement. C’est le cas de la réhabilitation en 2010 de la ferme de Boumou. Les 3.000 hectares de terre cultivable ne sont jusque-là pas bien exploités. Et, les partenaires techniques et financiers ne croient même plus à la politique de modernisation de l’agriculture au Tchad.  A cause de nombreuses initiatives sans résultats.

L’étape de Moundou : l’abattoir moderne et l’emploi

En construction depuis 2013, l’abattoir ultra moderne de Moundou sera enfin opérationnel pour le plus grand bien de tous. D’une capacité de production de 20.000 tonnes par an, soit 200 bœufs et 400 petits ruminants par jour, cette unité de production  servira aux tchadiens de la viande de bonne qualité et permettra la mise en valeur sur le plan international de la viande made in Tchad. Réalisé grâce au financement de la BDEAC, l’abattoir de Moundou est l’une des rares infrastructures qui mérite l’attention de tous. Mais les ressortissants du Logone occidental, militants du MPS n’entendent pas les choses de cette oreille. Ils plaident pour le recrutement exclusif des jeunes originaires de leur région. Ce qui ne corrobore pas la politique du gouvernement. Tout compte fait, nous estimons que l’argent qui sera injecté pour cette grande tournée de santé aurait pu servir au réaménagement de la route nationale qui va de N’Djaména à Moundou en passant par Bongor et Kélo. Une route qui ne cesse d’endeuiller des familles à cause de sa dégradation très avancée.

Collaboration Éclairages/Regards d'Africains de France

 

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