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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                         Déli Sainzoumi Nestor, Éclairages N° 082 - du 05 Février 2020

Il y a presque 30 ans qu’ils ont combattu et combattent le Raïs d’Amdjarass. Contre les rebellions, il a résisté, arme à la main, comme l’ancien président de la République du Chili, Salvador Allende. Contre l’opposition démocratique, il s’est sauvé la face, à maintes reprises, à coup de tripatouillage des résultats électoraux. Même le fou d’Allah, le nommé Abubakar Shekau, s’en est pris farouchement à lui avant de disparaître pour toujours. Idriss Déby Itno (IDI) a été sur tous les fronts et peut clamer aujourd’hui comme  Jules César : « Je suis venu, j’ai vu et j’ai vaincu ». Sa longévité au pouvoir est le résultat d’une variable exogène. Il l’a mérité au prix de durs combats contre l’adversité, lui qui a juré par le ciel et par la terre, d’être le dernier seigneur de la guerre (1).En accédant au pouvoir, il avait promis à son peuple la liberté et la démocratie. « Le MPS par ma voix vous assurait de son engagement à œuvrer pour l’avènement d’une démocratie réelle, pluraliste, garantissant toutes les libertés individuelles et collectives. Aujourd’hui nous pouvons réaffirmer cet engagement », dixit Idriss Déby. Cela n’a été qu’une promesse d’ivrogne. Car, IDI sait plus que quiconque que la liberté et la démocratie sont comme les langues d’Esope, de véritables couteaux à deux tranchants. Le régime de Bamina fait une économie de la promesse. De l’eau a coulé sous les ponts de N’Djaména, mais le Tchad roule toujours en queue de peloton en matière de démocratie (163ème place mondiale sur 167 pays), nous renseigne The Economist. Comme pour dire que, le Tchad de Déby Itno a un statut de démocratie médiocre. En cause, la radicalisation à l’allure totalitariste du pouvoir en place qui n’a que faire du processus électoral, du pluralisme politique et des libertés fondamentales. Pourtant, les tenants du pouvoir central nous font rêver, chaque jour, des élections libres, équitables ou à plus forte raison, transparentes.

 

Fin janvier 2020, lorsque des rumeurs malveillantes enflaient sur la santé du Chef de l’Etat, tout le Tchad a frémi.  Les Tchadiens, dans leur ensemble, étaient inquiets au même titre que le cercle familial Itno. A cause des remue-ménages au sein de la grande famille Itno et à la résidence privée du Boss du Sahel (Villa Burkina), beaucoup voudraient Idriss Déby Itno vivant que mort ! La question de la succession d’IDI a commencé à tourner et à retourner dans les têtes. C’est alors que nous autres [observateurs], réalisons que, sous Idriss Déby et après Idriss Déby, les Tchadiens vivront dans un environnement hostile. A l’heure où nous écrivons ces lignes, tout se passe comme si, dans la famille présidentielle, les armes se fourbissent et les appétits s’aiguisent pour la succession.Assisterions-nous à une guerre de succession ? Il est trop tôt pour le dire. Ce qui n’empêche pas au site « AfriqueMidi.com » de titrer « Les fils de Président ». Nous ne disons pas qu’ils aspirent à la magistrature suprême, c’est plutôt le ciel qui semble vouloir imposer au peuple Tchadien le scénario Gabonais. En effet, le 08 juin 2009, sur son lit de mort  à Barcelone, Omar Bongo a désigné son fils Ali “le mal aimé“ pour le succéder. Cela arrive souvent lorsqu’il y a eu un long règne sans partage. Qu’importe le pays.Mais avant qu’il ne soit tard, nous appelons de tous nos vœux IDI à asseoir les dispositifs légaux pour offrir au Tchad une alternance démocratique en douceur à travers une élection. C’est une alternative, la seule voie salutaire pour le peuple tchadien.

 

Il n’est pas digne à Idriss Déby d’inscrire son nom sur la liste de la dizaine de présidents africains morts au pouvoir. Le père de la nation ne doit pas laisser son pays dans un chaos à l’exemple de la Somalie, de la Lybie, de la Centrafrique ou encore du Soudan. Eviter au Tchad la déchirure, c’est aussi cela le patriotisme et rien d’autre. Que ceux qui veulent mener le Tchad vers un Etat à régime monarchique abandonnent leur plan démoniaque. Car, dans l’immédiat Idriss Déby n’acceptera pas d’inscrire son pays dans une monarchie héréditaire. Erreur d’analyse. Nous ne saurions être affirmatifs, car la gestion irrationnelle actuelle de la chose publique laisse entrevoir une zone d’ombre. Pour dire vrai, IDI, le pseudo démocrate tchadien ne saura organiser civilement son départ du pouvoir. Antoine Glaser et Thomas Hofnung (2) nous font comprendre, à travers une analyse percutante que les autocrates africains préparent toujours leur succession. Pour sûr, IDI n’échappera pas à la règle, lui qui, en novembre 1991 avait, à travers le journal la Gazette du Golfe, souhaité que « le MPS se conduise comme le dernier mouvement en armes à prendre le pouvoir au Tchad, et qui devrait assurer la mise en place d’un Etat de droit ». Beau discours ! Le soldat Déby acceptera-t-il de quitter le palais rose sans qu’une balle quitte le canon de son  AK-74 russe ?

           

(1): Du titre de l’article de Robert Buijtenhuijs, « Idriss Déby, le dernier seigneur de la guerre du Tchad ? », in Politique africaine n°44, décembre 1991, pp. 128-133.

(2): Antoine Glaser et Thoma Hofnung, Nos chers espions en Afrique, éditions Fayard, 2018.

 

Collaboration depuis  N’Djaména la capitale tchadienne avec le journal Éclairages

 

 

 

 

 

 

 

 

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