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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Ceux des Tchadiens qui ont lu certaines de ses œuvres littéraires  telles que : «La Coopération sous-régionale et la gestion durable des Eaux du Lac-Tchad» ; «Les conditions d’une émergence au Tchad » et enfin « Bientôt le nouveau siège! Quelle Radio et Télévision pour la quatrième République de l’émergence ?», ceux-là bien évidemment sauront sans se torturer les méninges, cette forme de République idéale dont rêve Moustapha Abakar Malloumi, journaliste et ancien Coordinateur du Développement des Affaires, puis conseiller en relation avec le Gouvernement et la Compagnie pétrolière canadienne United Hydrocarbon au Tchad. Dans ces ouvrages littéraires pour la plupart publiées dans son pays par des maisons des Editions locales, il aborde quelques sujets importants pour alerter l’opinion et sensibiliser la société tchadienne sur des enjeux vitaux du pays. Il revient aujourd’hui pour dénoncer le repli ethnique qui gangrène l’administration tant publique que privée au Tchad, d’où cette interrogation légitime : « Pourquoi le facteur ethnique est-il devenu un refuge pour s’octroyer des faveurs indues au Tchad ?». La Rédaction a décidé de décrypter et de porter cette réflexion à la connaissance du public. Le journaliste et économiste Moustapha Abakar Malloumi apparaît tantôt comme un théoricien  tel un chercheur défendant un autre modèle de « vivre-ensemble » qui semble être totalement différent des pratiques sociétales et politiques actuelles au Tchad, où le communautarisme ou le facteur ethnique accentué par l’égoïsme ou la cupidité de « tout-avoir » que pour soi-même et pour sa communauté balaie les valeurs d’éthique débarrassées de toutes formes de préjugés entre les citoyens d’une même patrie. Lui, cet ancien enseignant de la Communication et des Nouvelles technologies de l’Information qui a vendu son savoir dans plusieurs Instituts de N’Djaména et les médias locaux et internationaux, se préoccupe et se projette désormais vers une République égalitaire, porteuse des valeurs saines, où : « L’ethnie devrait être comprise comme une source de richesse culturelle et non un refuge pour s’octroyer des faveurs indues ». Il espère voir se développer des capacités et assentiment de tous les Tchadiens dans un environnement de diversités sociales et culturelles  et surtout à partager harmonieusement dans une justice impartiale leur lieu de vie qui est leur héritage commun et profiter surtout  des ressources naturelles ou des richesses de leur patrie, là où aucune personne ne serait vu comme « un intouchable » qui se croit tout permis ou « un ayant-droit » ou les valeurs de son ethnie à lui sont au dessus des valeurs Républicaines. Tantôt Moustapha Abakar Malloumi peut être dépeint comme un partisan acharné de la IVème République devenue l’Alpha et l’Omega des tenants du pouvoir actuel de N’Djaména. Toutefois, il éprouve de l’insatisfaction par rapport au rendement attendu,  en refusant surtout le « sans-lieu » qui n’apporte rien de nouveau. Mieux, il clarifie sa vision des choses à savoir faire naître un espace émergent pour tous, susceptible de briser cette tendance au repli communautariste et ethnique véritable frein au développement. Evidement, il ne véhicule pas des valeurs de socialisme à l’américaine, ni celles du communisme qui souvent endort le peuple en le rendant moins combattif. Et il ne ressemble pas à cette catégorie de ses compatriotes qui  font le jeu du pouvoir, des véritables « Troubadours »  gagnés par la peur et les promesses non tenues des caciques du régime qui regardent le peuple d’en haut. Il joue simplement le rôle d’un citoyen préoccupé par le devenir de son pays. C’est une contribution qui vaut son pesant d’or pour éveiller les consciences et rappeler à tous les tenants du pouvoir d’agir de façon responsable et impartial dans l’exercice de leurs fonctions pour satisfaire les attentes légitimes de toute la population. C’est une profonde réflexion accès sur le développement d’une nation. Il le dit d’ailleurs de lui-même dans ce premier paragraphe de son analyse : « Plus un pays se développe, moins sa population deviendrait attachée à la fibre ethnique. C’est la logique de la vie. Plus un pays se développe, plus ses sociétés évolueraient vers un meilleur niveau de vie et donc leurs besoins deviendraient de plus en plus croissants et exigeants. L’individualisme prendrait ainsi de plus en plus de l’importance à tel point que les individus auraient du mal à répondre convenablement ou du moins comme à l’accoutumée à l’appel du communautarisme. Les besoins nouveaux des réalités nouvelles qu’ils vivent les préoccuperaient plus que toutes autres considérations même d’ordre communautaire. Dans cette quête permanente de la satisfaction personnelle, de nouvelles alliances se constitueraient, se déferaient ou se recréeraient à la faveur des circonstances qui s’imposeraient. La pression des besoins du moment laisserait peu de marge au désir d’accomplir le devoir vis-à-vis de sa communauté notamment une participation assez régulière aux activités sociales de celle-ci. Outre la communauté, les anciennes connaissances en subiraient le même sort. Par exemple rendre visite ou répondre régulièrement aux invitations des anciens amis pour des activités sociales deviendraient de moins en moins prioritaires. La priorité serait plus dictée, malgré tout, par la force de la nouvelle réalité qui est la recherche de la satisfaction personnelle. Même si chacun tenterait d’afficher un attachement apparent à la fibre communautaire, personne ne pourrait se soustraire à cette exigence du temps nouveau. Celle de se préoccuper d’abord du bien-être de sa petite famille ou de sa propre personne. Prêcher le contraire friserait l’hypocrisie et la malhonnêteté. Cette nouvelle donne pourrait pour autant ne pas se traduire par une rupture brutale et totale avec les anciennes habitudes. Même si le cœur pourrait continuer à battre et se vouloir attentif à l’appel de la communauté ethnique ou des anciennes connaissances, plus on avance dans le dédale du développement de notre pays, la nostalgie du passé s’estomperait d’elle-même. Et de nouvelles réalités surgiraient et viendraient prendre place dans nos cœurs de manière à effriter encore davantage les résidus des anciennes habitudes chères à la communauté ethnique ou aux anciens amis ».

Il poursuit son analyse tout en étant lucide sur la persistance de certaines habitudes qui sont têtues, comme le confirme cette expression populaire « Chasser le naturel, il revient au galop ». Il rappelle : « Néanmoins quelques membres de la communauté ou de l’ancienne connaissance pourraient survivre à cette épreuve d’un temps nouveau. Par exemple, seraient probablement démarqués et appelés dans le nouveau cercle restreint d’amis, les heureux élus de la communauté ou de l’ancienne connaissance qui réussiraient à s’adapter au nouveau contexte et continueraient à partager un intérêt commun avec l’individu en question. Cette logique nous conduirait à insinuer que l’ethnie ou l’ancienne connaissance aurait moins pesé lorsqu’il s’agit d’effectuer un choix rationnel devant la demande des nouveaux besoins de sa propre personne ou de sa petite famille. Autrement dit ni l’amitié ni l’ethnie ne serait suffisamment et nécessairement un salut sur le long terme. Beaucoup d’entre nous avions entendu parler ou étions souvent témoins des cas d’individus ayant tourné le dos à leurs anciens amis ou des personnes socialement bien nanties mais ne portant aucune attention aux misères parfois de leurs parents les plus proches. De ce point de vue, placer toute sa confiance à un être humain susceptible de changer de sentiment ne pourrait être une garantie à long terme. Le salut pourrait se trouver dans l’Etat, puisque celui-ci n’a pas de sentiment pour changer. Suivant notre logique, nous voyons que la quête pour les besoins « nouveaux » préoccuperait l’individu plus que toute autre considération. Il se verrait plus occuper à chercher à satisfaire ses besoins « nouveaux » que de répondre de manière régulière à l’exigence du communautarisme. De ce qui précède, on voit que le communautarisme et l’ethnisme résisteraient difficilement à la réalité d’un pays émergent où l’individu serait sous la pression constante des besoins nouveaux à satisfaire. Inversement, l’attachement à la communauté ethnique pour ne pas dire le repli identitaire pourrait fournir des ingrédients « empoisonnés » susceptibles d’hypothéquer notre marche vers l’émergence, puisque ces ingrédients « empoisonnés » pourraient affaiblir les institutions étatiques. L’une des expressions qui rendraient le mieux ces ingrédients « empoisonnés » est la complaisance ou le népotisme. Accorder une faveur indue relavant d’un bien commun à un proche parent qui n’a pas qualité d’en jouir est un exemple de la manifestation d’un attachement à la communauté au détriment de la République. Or, la réussite matérielle d’un proche aurait moins de chance de faire des émules positives sur l’ensemble des membres de l’ethnie encore moins du clan ».

Moustapha Abakar Malloumi tente de minorer la réussite matérielle individuelle à l’opposé du développement d’un pays qui aurait une incidence positive sur la vie de tous. Il en est convaincu  et le clame haut et fort : « Par contre, le développement du pays a plus de chance d’avoir une incidence positive sur la vie de tout le monde. La réussite personnelle étant du domaine du privé, le bénéficiaire peut ne pas le distribuer à tous les membres de la communauté. Par contre si le bénéficiaire était le Tchad, les dividendes se répercuteraient sur tout le monde, car il s’agit ici de la réussite d’un pays qui est la « chose commune » à tout le monde. De ce point de vue, notre salut se trouverait davantage dans la réussite de la « chose commune » que dans la gloire d’un individu, fut-il un proche. Nous aurions ainsi tous intérêt à jouer notre partition, chacun dans son coin, afin d’apporter le support nécessaire à notre pays à réussir son développement. Ce support suppose que chacun pose l’acte rationnel au profit du pays au lieu de se laisser guider par des considérations ethniques ou communautaires. Il est souhaitable que cet acte rationnel se manifesterait à tous les niveaux en commençant par le recrutement ; parce qu’il s’agit ici de confier la gestion de notre « chose commune » à quelque niveau que ce soit, à de mains sûres et expertes. A qui appartiennent ces mains devrait peu nous importer. L’essentiel serait qu’elles soient retenues sur la base de leur compétence et leur intégrité et non sur des considérations ethniques ou communautaires. En agissant de la sorte, chacun de nous serait non seulement en train d’exercer sa copropriété sur ce bien commun mais aussi participer à parfaire ce bien pour son propre intérêt. Les retombées d’un Tchad développé toucheraient tous les citoyens indépendamment de leurs sensibilités sociales. Chacun aurait plus intérêt à veiller au grain à la prospérité de la « chose commune » et décourager tous les facteurs susceptibles de constituer une entorse au développement de celle-ci. L’une des raisons qui encourageraient le communautarisme ou l’ethnisme dans la société serait la faiblesse des institutions étatiques. Dès lors que l’individu commence à ne plus avoir foi en des institutions publiques, il chercherait refuge auprès de la communauté ou de son ethnie. L’autre raison plausible serait la carence des messages (en matière de vivre-ensemble) dans les différentes structures de socialisation de nos concitoyens. Au lieu de promouvoir le vivre-ensemble entre les concitoyens, nos échanges dans nos lieux de socialisations tendent à valoriser le communautarisme et l’ethnisme à outrance de la société ».

La Rédaction

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