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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Dans cette lettre ouverte relative à l’arrestation arbitraire depuis le 03 décembre du Secrétaire général de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme(CTDDH), Mahamat Nour Ahmed Ibedou,  monsieur Abdelmanane Khatab eut adressé au chef de l’Etat tchadien son indignation en pointant du doigt les dérives lamentables de la justice tchadienne qui se traduit par des défaillances notoires digne d’une Républicaine bananière. Publiée depuis le vendredi 13 décembre 2019, la lettre ouverte de monsieur Abdelmanane Khatab rappelle de façon claire et ferme la responsabilité du chef de l’Etat sur l’accusation de meurtre et de complicité de meurtre visant directement le secrétaire général de la CTDDH. Abdelmanane Khatab dénonce fermement le caractère illégal et arbitraire à la fois de son incarcération et de son audition par le juge d’instruction agissant immanquablement sous la pression de sa hiérarchie. Initialement convoqué pour être entendu dans une affaire de diffamation d’un neveu du président tchadien, il sera finalement retenu et emprisonné dans une autre affaire de meurtre de la défunte Fatimé Hamza Moussa élève de classe de Terminale au Lycée arabe Goni Dorodoumé ayant  été tuée en avril 2014. L’auteur supposé de cet acte condamnable s’avère être le neveu de monsieur Ibedou.  Depuis lors, les cauchemars et les ennuis ont commencé coupant tout sommeil au secrétaire général de la CTDDH Mahamat Nour Ahmed Ibedou, qui se voit formellement accuser de meurtre et complicité de meurtre, selon les déclarations faites par le Porte-parole de la Police Nationale Paul Manga et celles du Procureur de la République Youssouf Tom. Pour ce dernier, les enquêtes menées ont permis d’identifier et d’arrêter l’auteur de cet acte «lâche et barbare» qui n’est autre que le responsable adjoint à la mobilisation de la CTDDH. Le présumé assassin se nomme Malick. Ibet Ibrahim. Ces multiples déclarations ont été suivies par la condamnation du meurtrier Malick Ibet Ibrahim  par la Justice de son pays. C’est justement cette accusation de meurtre et de complicité de meurtre visant Mahamat Nour Ahmed Ibedou ayant poussé le Politico-armée Abdelmanane Khatab comme tant d’autres personnes ou organisations internationales ou celles de la société civile tchadienne à se lever, dénonçant ici les dérives de la justice tchadienne.Selon donc l’auteur de cette lettre ouverte à la personne de monsieur Abdelmanane Khatab : « Il n’est pas fréquent qu’un opposant politico-armé s’adresse au Président de la république pour exprimer son inquiétude et sa crainte pour l’avenir d’un compatriote tchadien. Vous passeriez sans doute d’excellentes fêtes de fin d’années auprès des vôtres, de vos épouses, enfants, petits-enfants, parents, amis, et proches. Une famille, parmi tant d’autres, est séparée en cette fin d’année, alors que vous pouviez leur éviter cette douloureuse situation. Il s’agit de la famille de notre compatriote et frère Mahamat Nour Ahmed Ibedou, secrétaire général de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l'homme (CTDDH), incarcéré arbitrairement à la prison d'Amsinéné depuis le mois de novembre dernier. Le mur du silence entourant l’histoire de notre frère, Mahamat Nour Ibedou, a fini par se lézarder ces derniers jours, grâce en particulier au travail courageux et inlassable de certains de nos concitoyens et de l’implication des organisations en charge de la préservation des droits et libertés individuelles. Monsieur le Président, cette injustice faite à un compatriote commence à être connue et réprouvée dans le monde entier, y compris par des organisations de défense des droits de l’homme. La détention arbitraire de Monsieur Ibedou restera dans les mémoires tchadiennes comme une des plus grandes injustices une fois de plus dans notre pays ».

Et cette lettre ouverte ne s’arrête pas là. Son auteur ne perd pas le fil de ses idées. Ainsi s’adresse-t-il au Président de la République du Tchadien en ces termes : «Monsieur le Président, vous n’en n’avez peut-être pas conscience, mais la justice tchadienne a pris depuis bien longtemps des allures exécrables et arbitraires. Elle n’est plus la gardienne des lois et règlements. Elle est décriée aussi bien de l’extérieur qu’à l’intérieur. Vous êtes, comme on dit, à la croisée des chemins et je comprends ce genre de situations où, parce qu’on a décidé de ne pas perdre, quoi qu’il advienne, on s’engage finalement dans des voies sans issue. La triste situation de notre compatriote Ibedou n’augure rien de bon. Si aujourd’hui personne n’a pu prendre le courage à deux mains et venir vous demander le réexamen des conditions de sa privation de liberté, voire une clémence pour notre compatriote Ibedou pour lui permettre de rentrer chez lui auprès des siens, nous exigeons la libération sans condition de Monsieur Ibedou. Vous savez pertinemment qu’il n’est pas normal de jeter un citoyen en prison impunément au mépris des droits de la défense et d’une garantie procédurale dans notre pays prétendu être un « État de droit ». Je pense aussi qu’il n’est pas compliqué de le renvoyer devant un tribunal compétent, indépendant et impartial avec un dossier étayé reposant sur des faits matériels et incontestables en lui accordant tous les droits universels des justiciables, à commencer par le droit à la présomption d’innocence. Je ne suis pas du genre à faire la morale aux autres, mais au-delà d’une certaine limite cela n’est plus acceptable. Cette limite, au demeurant, est atteinte lorsqu’il s’agit de la dignité ou de l’intégrité d’un frère ou d'un compatriote qui est en jeu ».

En conclusion de sa lettre ouverte monsieur Abdelmanane Khatab s’est servi de plusieurs articles des Droits civils et politiques du 9 juin 1995 pour pousser son interlocuteur, le premier magistrat tchadien en la personne d’Idriss Deby Itno à libérer le détenu Mahamat Nour Ahmed Ibedou, incarcéré arbitrairement à la prison d'Amsinéné dans la banlieue de la Capitale tchadienne. C’est Abdelmanane Khatab qui s’adresse encore au président Idriss Deby Itno : « Ai-je besoin de rappeler que le Tchad État-souverain a adhéré au Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 9 juin 1995. A ce titre, Monsieur Mahamat Nour Ahmed Ibedou doit donc bénéficier des droits énoncés aux articles 9 et 14 de ce texte. Art. 9.1 : « Nul ne peut faire l'objet d'une arrestation ou d'une détention arbitraire. Nul ne peut être privé de sa liberté, si ce n'est pour des motifs et conformément à la procédure prévus par la loi » Art. 9.4 : «Quiconque se trouve privé de sa liberté par arrestation ou détention a le droit d'introduire un recours devant un tribunal afin que celui-ci statue sans délai sur la légalité de sa détention et ordonne sa libération si la détention est illégale » Art. 14.1 : «Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal compétent, indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera […] du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle »Comme vous le savez, le Tchad a également adhéré au Protocole facultatif se rapportant au Pacte. Or, ce protocole donne compétence au Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies pour examiner toute plainte individuelle alléguant une violation du Pacte par le Tchad.C'est la raison pour laquelle je me permets de vous suggérer, Monsieur Président, pour sauver les apparences ainsi que la face aux yeux du monde bien qu’il est très difficile de vérifier leur respect de droit de l’homme au Tchad et éviter de poser un cas de conscience aux Juges chargés d’instruire le dossier de Monsieur Mahamat Nour Ahmed Ibedou. Je vous demande une fois de plus d’ordonner l'arrêt des poursuites à l’encontre de Monsieur Ibedou par l’intermédiaire des procureurs généraux qui vous sont directement subordonnés en droit.En remettant en liberté le frère Mahamat Nour Ahmed Ibedou ainsi que les autres personnes détenues arbitrairement de tous les lieux de privation de liberté au Tchad, vous utiliserez ainsi à bon escient les pouvoirs qui vous sont reconnus par la loi. Dans l’attente que le bon sens l’emporte en cette année qui commence, veuillez croire, Monsieur le Président, à mes sincères salutations citoyennes ».

La Rédaction

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