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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Beaucoup de Tchadiens semblent s’étonner de la manière dont les cadres nommés à des hautes fonctions de l’Etat sont débarqués comme des indésirables par Idriss Deby Itno. Professeur Avocksouma Djona Atchénémou et bien d’autres ont appris à leur dépend en voulant servir légitimement leur pays. Jetés comme des citrons pressés, certains d’entre eux sombrent dans l’oubli et l’anonymat le plus total après avoir été payés en monnaie de singe. Alors que d’autres refusent de baisser les bras en s’adhérant à d’autres partis politiques, en se drapant d’habits d’opposants contre un pouvoir cynique et clanique qu’ils ont aidé à installer durablement et sans partage. Pire, le sort de ces hauts cadres de l’Etat mis injustement sur la bande de touche ou totalement ignorés par le régime MPS ne sert jamais d’exemples à ceux, en quête vaille que vaille de postes de responsabilités, même minuscules soient-ils ! La banalisation des décrets de nominations encouragent les gens médiocres à vouloir occuper des postes dont ils sont intellectuellement incapables de gérer  au détriment des méritants le plus souvent humiliés en raison de leur probité morale et conscience professionnelle.  Comme quoi, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Cette pratique décriée par tous devrait conduire les autorités disposant d’un pouvoir de nomination de se remettre en cause  en privilégiant le mérite et la probité sans lesquels il ne peut y avoir l’édification d’un Etat égalitaire. Une  série de questions très essentielles taraude notre esprit : Les Tchadiens en général et les jeunes cadres en particulier, sont-ils réellement préparés pour faire de la politique? Comment faire pour sensibiliser ces novices en politique afin de ne pas succomber un jour au mirage de ce régime corrompu prêt à les embaucher avant de s’en débarrasser comme des haillons ?

Dans son intervention  circulant sur les réseaux sociaux depuis le 25 octobre 2019, qu’il eut  donné lors d’une conférence de rentrée politique de l’UNDR ayant eu lieu du 18 au 19 octobre à Bongor, le professeur Avocksouma eut abordé plusieurs points relatifs à cette problématique de nominations de complaisance et le renvoi sans aucun motif valable de certains cadres qui refusent de tremper dans les magouilles sordides et les eaux troubles du régime MPS. Son exposé a porté sur le thème de la « Jeunesse tchadienne et droits et libertés politiques : quelle contribution pour l’enracinement de la démocratie au Tchad », l’intervention de l’Enseignant-chercheur Avocksouma, a certes été très longue pour être publiée le même jour, mais le fond mérite d’être salué en raison de la pertinence et la justesse des idées défendues. Il  y a problématique de leçons importantes à tirer,  qui certainement susciteraient pour l’avenir de ce pays des vocations dans l’opposition en vue de l’enracinement de la démocratie balbutiante et mise régulièrement à rude épreuve par le pouvoir incarné par le président Idriss Deby Itno. Dans un pays où la politique suscite peu de vocation parmi les jeunes, les dinosaures politiques semblent être les seuls et uniques maîtres des lieux. En effet, le professeur Avocksouma a entamé son intervention par de mots sympathiques adressés à l’endroit de ses militants et plus particulièrement les jeunes du parti prenant part à ladite conférence de presse : « Camarade Président National, Camarades Vice-présidents, vous tous camarades en vos grades et responsabilités, avant de débuter mes propos, je vais d’abord vous faire observer ce qui suit : un certain français du nom de Tellerand a dit ceci :« Quand on entre dans l’armée comme soldat, objectif visé est d’en sortir général ».Moi, je dis que quand on créé un parti politique, c’est pour conquérir le pouvoir d’Etat et pour diriger le pays. L’UNDR n’a pas été érigée pour n’être éternellement qu’un chef de file de l’opposition. C’est une idée qu’il faut enlever de la tête de tout militant. Aux prochaines élections, nous allons les gagner et implanter en pays tchadien un état de droit, soucieux du véritable développement du Tchad que nous aimons, sans exclusion, sans discrimination du genre. Sans opposition nord-sud, musulmans-chrétiens, éleveurs-agriculteurs. Un pays qui sera comme les autres. Un Tchad qui ne sera plus le dernier dans tous les classements mondiaux que ce soit par rapport au climat des affaires, aux indices du développement humain, aux indicateurs en matière de santé ou d’éducation ».

Après ce propos liminaire, le conférencier du jour, eut passé au vif du sujet en  s’adressant au public en ces termes : «Maintenant abordons notre thème à proprement parler. Quel est le problème ? La question de la participation en politique de façon générale se pose avec d‘autant plus d’importance qu’il n’est pas concevable dans un pays de parler d’un approfondissement du processus démocratique sans que la participation même de toutes les catégories de la société soit effective et croissante, en particulier de la jeunesse. Au Tchad, le contexte actuel est marqué par le désintérêt des populations vis-à-vis de la politique du fait d’un déficit criard de culture politique démocratique et de l’inefficacité des politiques actuelles à transformer positivement les conditions de vie des populations, notamment en créant des emplois pour une population de jeunes en croissance rapide. Ceci mène à un cercle vicieux. Plus les jeunes se désintéressent de la politique et de la chose publique, plus les décisions qui concernent leur futur sont prises par d’autres, plus âgés évidemment. Si vous n’êtes pas là, le partage se fait forcément sans vous. C’est naturel. Et cette situation se voit quotidiennement chez nous. Qui consulte les jeunes ou même la population sur les politiques socio-économiques de notre pays ?Qui se soucie de la santé, de l’environnement qui concerne la prospérité actuelle ou future de notre pays ?Qui fait le contrepoids aux pratiques de nos dirigeants qui prennent des décisions à l’emporte-pièce dont les conséquences sont lourdes pour des millions de nos concitoyens ? Tout cela parce que la grande majorité de la population dont les jeunes sont absents. Aucune population d’un continent n'est aussi jeune que celle de l'Afrique. Et pourtant les jeunes africains ont rarement leur place en politique. Face aux divers enjeux de développement nationaux et internationaux, la participation des populations à la vie politique en général et des jeunes en particulier s’avèrent plus que jamais importante. Les jeunes ont d’autant plus intérêt à y participer que leur avenir immédiat et futur en dépend grandement ».

Comme le souligne René Bellaiche dans sa citation très ancienne, mais devenue célèbre : «Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait… Et si maturité voulait… ». Le professeur Avocksouma en tant qu’acteur politique et écrivain a très tôt compris que la force d’un parti politique comme l’UNDR réside dans la solidarité de ses membres, composés justement des personnes âgées et  jeunes. En revanche, la solidarité à elle seule ne suffit pas pour rendre un parti politique fort redoutable capable d’affronter les obstacles. Il va rendre les jeunes solides avec une formation pertinente sur le militantisme.  Ce sont probablement ces raisons qui ont convaincu cet ancien ministre de rallier le parti de la calebasse (UNDR) pour transmettre à la jeunesse son expérience et les amener à se battre pour leur avenir. Estimant dans cette partie titrée : « Attitudes et pratiques actuelles à propos des jeunes » que : «Quand on pérore que la jeunesse est le fer de lance de la nation, je ne sais pas de quoi il s’agit concrètement. Quand on raconte que l’année 2020, par exemple, sera celle de la jeunesse tchadienne, je ne demande qu’à croire. Ce qui n’a pas été fait en presque 30 peut-il l’être au cours d’une seule année fût-elle celle qui coïncide bizarrement avec les élections au Tchad? Dans la réalité et dans les bouches de nos dirigeants, le constat constant est le suivant : il est essentiellement infantilisant et moralisateur : Le paternalisme.Il se traduit par des admonestations, des cajoleries et des blâmes du genre: les jeunes doivent faire ceci...; les jeunes devraient faire cela; les jeunes doivent faire attention...; les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas suffisamment conscients de ce qui se passe, le jeunes ne savent pas où ils mettent les pieds, les jeunes doivent faire attention à ce qu’ils font...Et pour mieux donner un contenu arrangeur contre les jeunes, ils considèrent que les jeunes sont homogènes. Ceci traduit une méconnaissance de la pluralité des conditions que vivent les jeunes. Les jeunes des villes ne peuvent pas être ceux des campagnes. Les jeunes scolarisés n’ont rien à voir avec les bouviers et autres corvéables à merci. Cette méconnaissance s’appuie sur l’hypothèse erronée de l’identité des désirs et des vécus des différentes catégories de jeunes. Méconnaissance dont la persistance fausse la perception, conduit à de mauvais diagnostics et à des solutions qui ne sont pas toujours adaptées à la réalité de la situation. En fourrant tout dans un même panier, on fait du saupoudrage. Quelques bancs par-ci, quelques cahiers par-là et la manœuvre est parfaite. Si des jeunes s’insurgent quelque part, ce sont forcément des ingrats et des malintentionnés. Les jeunes, après tout, sont des éternels insatisfaits, soutient-on».

«Le discours moralisateur  se caractérise aussi par de nombreuses imprécations », considère-t-il, en enchaînant que : «les jeunes sont considérés comme un groupe sensible à tout ce qui peut entraîner la déstabilisation de l’Etat et qui se traduit par : la désobéissance, les mouvements d’humeur, l’anarchisme,... L’armada constituée des policiers féroces n’est destinée en fait qu’à maîtriser les jeunes et empêcher qu’ils s’expriment. On dit que les jeunes au Tchad, comme partout ailleurs en Afrique francophone, sont caractérisés par « le goût de la facilité », « la contestation stérile » et « la critique systématique ». Ils ne seraient pas, dans leur grande majorité, des personnes susceptibles d’être constructives. Les jeunes, ça ne fait que critiquer et encore critiquer pour ne rien proposer. On dit que les jeunes sont facilement manipulables du fait de leur ouverture aux idéologies d’importation qui leur parviendrait par le canal des réseaux sociaux. En clair, la jeunesse est vulnérable, elle est insouciante, elle est peu avisée. Par conséquent, elle doit être encadrée pour pouvoir un jour jouer pleinement son rôle. Mais on ne préconise pas à quelle date ou à quelles périodes. Vous l’aurez bien compris, quand il s’agit des enfants des présidents qu’ils s’apprêtent à préparer à leur succession, eux ne sont pas des jeunes peu avisés, insouciants et peu sûrs d’eux. Les leurs sont des génies, des brillants. Ils sont forcément bien avisés et surtout faits pour gouverner la cité et surtout s’imposer aux autres. Quand il s’agit donc de vous, les dirigeants ont des jugements dévalorisants. Mais qui est en fait considéré comme jeune ? Selon la charte africaine de la Jeunesse de l’Union Africaine, est jeune toute personne âgée entre 15 et 35 ans. Définir ainsi la jeunesse seulement par l’âge la réduirait à un seul de ses aspects même si c’est un acte politique majeur ».

Vienne ensuite le dernier point de cette partie de sa conférence. Selon cet homme d’Etat  et SNA adjoint  au sein de l’UNDR : «Des jeunes et de la gouvernance peut être décrite comme tout ce qui renvoie au processus lié à l’action de gouverner. Elle affecte la vie au quotidien de tous les acteurs ainsi que de toutes les composantes. La participation de la jeunesse dans la gouvernance peut être considérée comme une exigence fondamentale de démocratie. Et en Afrique, le baromètre démocratique se trouve être les élections. Alors à l’image de leur poids démographique, les jeunes devraient constituer plus de 60% des listes électorales si les inscriptions se déroulaient normalement, et s’ils prenaient la responsabilité de s’inscrire. Il s’agit, pour participer au jeu démocratique, d’être conscient de l’importance de cette force, de s’impliquer et de participer aux élections en optant pour des choix judicieux, utiles, conséquents et responsables. Dans tout type de gouvernement, il est crucial que les jeunes aient des plateformes ou cadres où ils puissent exprimer leurs opinions et participer à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques gouvernementales. Dans la plupart des pays, en particulier au Tchad cependant, la participation des jeunes est encore peu développée. Les jeunes doivent continuer à tenir leurs gouvernements responsables et plaider pour plus de mécanismes qui permettent leur engagement de façon plus significative et plus durable. Tout jeune a le droit de participer librement aux activités de sa société et les Etats doivent prendre des mesures afin de leur garantir ce droit comme le prescrit la charte africaine de la jeunesse à travers :« l’accès des jeunes au Parlement et à tous les autres niveaux de prise de décision conformément aux lois ;la création d’une plate-forme pour la participation des jeunes à la prise de décisions aux niveaux local et national, régional et continental de la gouvernance ;l’accès équitable des jeunes hommes et des jeunes femmes à la prise de décision et à l’exercice des responsabilités civiques; l’accès à l’information pour permettre aux jeunes de connaître leurs droits et les opportunités qui leur sont offertes pour participer à la prise de décision et à la vie civile ».

Ahmat Zéïdane Bichara/Moussa S. Yowanga

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