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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Cette violente charge du  critique littéraire provenant de Don Ebert contre l’homme des lettres et ancien ministre de l’Enseignement Supérieur Ahmad Taboye, qui lui-même joue ce rôle de critique littéraire depuis de nombreuses années, cache forcément une forme d’exaspération et de colère du premier vis-à-vis du second. Il est facile de se rendre compte que le critique littéraire se mue subitement en homme politique qui cherche à régler des comptes par le truchement d’une émission littéraire. Membre du jeune parti Les Transformateurs, Don Ebert a tendance à tout politiser. Il s’en prend régulièrement au pouvoir clanique d’Idriss Deby Itno.  Il faut lui reconnaître également une autre obsession celle de viser essentiellement les ressortissants nordistes de confession musulmane qui rendent de bons et loyaux services à l’actuel régime  honni par le peuple. Beaucoup sont tentés de se demander pourquoi s’attaque-t-il exclusivement aux cadres nordistes ? Pourquoi brandit-il la carte de la partialité en fermant les yeux sur les agissements de dignitaires politiques sudistes pourtant actifs dans le sérail du pouvoir? D’après les réactions des internautes originaires du Nord, y compris  le Centre-est du pays, les interventions de Don Ebert sont considérées comme nuisibles. Tel un serpent venimeux, il sème à travers ses propos l’intolérance et la méfiance entre Nordistes et Sudistes, Chrétiens et Musulmans. Que se passe-t-il dans la tête de Don Ebert ?

Ainsi dans sa critique littéraire du 2 novembre 2019 titrée : « Pourquoi Monsieur Ahmad Taboye, qui enseigne pourtant la littérature, qui écrit et parle pourtant très bien la langue de d'Ormesson, qui a pourtant écrit une grande et profonde œuvre n’est pas, à mon sens, un écrivain… » Don Ebert avance des raisons fondamentales liées au rôle de l’écrivain à la personne de l’Enseignant Chercheur Ahmad Taboye, auteur et dramaturge. Don Ebert l’auteur et politologue eut débuté sa critique avec une question très essentielle et thématiquement bien engagée: « Que peut faire un écrivain au milieu des ébranlements de sa société ».Selon lui, un écrivain :« ne garde pas son silence. Il avertit. Il dénonce. Il est transformé. Il est retourné. L’écart entre sa pensée et l’univers en proie aux catastrophes ne grandit plus chaque semaine, chaque jour, et il est alerté. Et il alerte. L’écart entre ses promesses et la situation de ses proches n’est plus scandaleux qu’il fut. Et il bouge. Il ne reste pas du même côté de la barricade.J'ai découvert l'œuvre de M. Ahmad Taboye très récemment. A la faculté de Sciences Po, une amie m'a conseillé en ces termes : Ce livre est fou, lis-le. Effectivement ! C'est devenu l'un de mes volumes préférés, mon objet littéraire encore non identifié. Dans ce livre théâtral, il y a des choses auxquelles je pouvais me raccrocher, qui correspondaient aux repères littéraires que j'avais jusque-là : c'est une pièce avec un début, un milieu, une fin, il y a une caractérisation des personnages assez précise, un environnement réaliste... C'est un livre farfelu mais assez plausible. Il y a aussi des choses qui, pour moi, étaient un peu nouvelles : c'est une œuvre qui interroge le processus de création littéraire en dépeignant un écrivain en train d'écrire. Je me suis mis à lire tous ses autres livres. Mais voilà ce qu'on dit de celui que je vous présente : « En Afrique, la démocratisation ayant accouché de la liberté d'expression, elle s'est aussi inscrite dans des clivages structuraux : le tribalisme, le clanisme ou le népotisme. Voilà pourquoi l'éclosion des partis politiques n'a donné naissance qu'à des partis ethniques, qui ne s'occupent que des leurs en abandonnant le reste du peuple. Alors, les citoyens ordinaires sont tenus à la débrouillardise, seule possibilité pour survivre ».

Don Ebert ne perd pas le fil de ses idées. Il fonce droit en brisant le silence avec des phrases choisies en âme et conscience. Il assume la responsabilité de ses propos. Voilà pourquoi, il estime que :« Abdoulaye-Service et Faty-Hélène sont la cristallisation du peuple d'un Etat africain qui continue à croire encore à un espoir futur ».M.Taboye est un « intellectuel spécifique », peut-être, mais surtout pas un « intellectuel collectif ». Un intellectuel collectif peut et doit remplir d’abord des fonctions négatives, critiques, en travaillant à produire et à disséminer des instruments de défense contre la domination réelle et symbolique qui s’arme aujourd’hui, le plus souvent, de l’autoritarisme ; fort de la compétence et de l’autorité du collectif réuni, il peut soumettre le discours dominant à une critique logique qui s’en prend notamment au viatique langagier courant, mais aussi à l’argumentation ; il peut aussi le soumettre à une critique sociologique, qui prolonge la première, en mettant à jour les déterminants qui pèsent sur les producteurs du discours dominant et sur leurs pourriture ; il peut enfin opposer une critique proprement objectif, lucide et scientifique à l’autorité à prétention scientifique des experts, surtout économiques.Mais il peut aussi remplir une fonction positive, en contribuant à un travail collectif d’invention politique. L’effondrement des régimes de type soviétique et l’affaiblissement des partis communistes dans la plupart des nations ont libéré la pensée critique. Mais la doxa néolibérale a rempli toute la place laissée ainsi vacante et la pensée critique s’est réfugiée dans le « petit monde » académique, où elle s’enchante elle-même d’elle-même, sans être en mesure d’inquiéter qui que ce soit en quoi que ce soit.C’est ça un livre d’engagement, non ?! C’est exactement comme une boîte à outils. Il faut que ça serve, il faut que ça fonctionne. Et pas pour soi-même. Ou pour le système en place.S’il n’y a pas des gens pour s’en servir, à commencer par l’écrivain lui-même qui cesse alors d’être écrivain, c’est qu’il ne vaut rien ou que le moment n’est pas venu. On ne revient pas sur un livre comme celui-ci, on en fait d’autres, on en a d’autres à faire. Et je crois que c’est curieux que ce soit un auteur qui passe pour un pur intellectuel, Proust, qui l’ait dit si clairement : « traitez mon livre comme une paire de lunettes dirigées sur le dehors, eh bien, si elles ne vous vont pas, prenez-en d’autres, trouvez vous-même votre appareil qui est forcément un appareil de combat».

«La politique est partout », croit-il  en enchaînant dans le même ordre d’idées, mais sous forme d’une conclusion : «comme le reprendrait volontiers Edward S. Said. On ne peut lui échapper en se réfugiant dans le royaume de l’art pour l’art et de la pensée pure, pas plus d’ailleurs que dans celui de l’objectivité désintéressée ou de la théorie transcendantale. Les intellectuels sont de leur temps, dans le troupeau des hommes menés par la politique de représentation de masse qu’incarne l’industrie de l’information ou des médias ; ils ne peuvent lui résister qu’en contestant les images, les comptes rendus officiels ainsi que les justifications émanant du pouvoir et mises en circulation par des médias de plus en plus puissants et pas seulement par des médias, mais par des courants entiers de pensée qui entretiennent et maintiennent le consensus sur l’actualité au sein d’une perspective acceptable. L’intellectuel-écrivain doit, pour y parvenir, fournir ce que Wright Mills appelle des « démasquages » ou encore des versions de rechange, à travers lesquelles il s’efforcera, au mieux de ses capacités, de dire la vérité. C'est vraiment ce que M. Ahmad Taboye fait ? Quand on est celui qui a écrit « La main sur le cœur » de Hinda Déby et celui qui gère la Fondation qui en est sortie, ça donne ça, le silence coupable...S'il fallait coller une étiquette sur ce livre, ce serait sans doute « trompe-œil ». Pour tenter de toucher les gens, il a voulu paradoxalement aller au plus intime ; mais je crois profondément à cette vertu de l'écriture. Mettre l'autre à notre place un bref instant. Lui faire entendre, comprendre, sentir ce que c'est d'habiter cette peau-là, avec cette histoire-là... Essayer d'expliquer le décalage, la peur, la solitude, et jusqu'à la difficulté de trouver comment se définir. Depuis toujours, il raconte des histoires, alors cette fois il a du mal à puiser dans la sienne.Un écrivain n'écrit pas en vain, M.Taboye !!! Il faut dénoncer la dictature, condamner les violations fragrantes des droits de l'homme, mépriser la monarchisation de la République, détester le clanisme et la lâcheté ! »

Ahmat Zéïdane Bichara/Moussa S. Yowanga

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