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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

En procédant à la création d’un chapelet connecté, l'Église catholique qui  compte encore de très nombreux fidèles  fait part de sa volonté de  s’adapter à l’évolution du monde. En Afrique où,plus de quatre chrétiens sur dix pourraient se retrouver  à l’horizon 2060, le Vatican tente dès maintenant d’attirer l’attention de la jeunesse  en faisant  usage des canaux modernes.«Ne nous laissons pas voler le visage jeune de l’Église et de la société; ne laissons pas les marchands de la mort voler les prémices de cette terre!» lançait l’ancien archevêque de Buenos Aires lors de sa visite à Maurice en septembre 2019. Le pontife qui multiplie les déclarations fortes dans les domaines de l’économie et de la diplomatie mondiale, a également eu à déclarer devant les nombreux fidèles venus  le rencontrer à Maurice«Malgré la croissance économique que votre pays a connu ces dernières décennies, ce sont les jeunes qui souffrent le plus, ce sont eux qui ressentent le plus le chômage et ont un avenir incertain».En poursuivant son plaidoyer en faveur des jeunes devant les autorités politiques et civiles du pays, le pape François en a profité pour  les  inciter à être vigilants et à choisir une croissance économique qui profite  à tout le monde.Pape de l’ère globale, le souverain pontife  dirige aujourd’hui une  institution qui en dépit de plusieurs carences, fournit encore de nombreux services sociaux liés à l’éducation  et la santé, des prérogatives que les gouvernements  en Afrique ont  du mal à garantir  à  leurs populations. Homme d’une grande simplicité, qui se présente comme fidèle à sa parole,  Jorge Mario Bergoglio, de son vrai nom tente depuis son arrivée à la tête de l’Eglise catholique d’insuffler un vent de modernité au sein  d’une institution qui perd du terrain en Afrique.Le responsable Afrique de l’Ouest d’Internet Sans Frontières, Qemal Affagnon précise   à ce sujet :« L’Eglise catholique est très active dans plusieurs pays d’Afrique et elle se  prononce sur la situation politique de ces pays au nom de sa mission prophétique ».Pour avoir séjourné à Kinshasa dans le cadre d’une mission d’observation électorale, Qemal Affagnon se rappelle que le 10 janvier 2019, quand Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur du scrutin présidentiel en RDC, le résultat annoncé par la commission électorale congolaise a été contesté par l’Église catholique. Au Tchad également,  l’archevêque de N’Djamena, par ailleurs président de la Conférence épiscopale tchadienne, ne manque pas de dénoncer la mauvaise gestion du pays.

Au Bénin, face à la crise post-électorale qui est intervenu suite aux législatives du 28 avril 2019, la Conférence Épiscopale du pays a aussi proposé ses services pour une médiation en vue d’un retour au calme.Malgré la complexité des difficultés socio –politiques pour lesquelles elle ne manque pas de proposer sa médiation, l'Église catholique ne perd toutefois pas de vue l’importance de se réinventer sur un continent jeune. Le 5 septembre 2019 par exemple, lors de son voyage apostolique au Mozambique, le pape François a de nouveau adressé aux jeunes des paroles d’espérance et d’encouragement à l’endroit des jeunes en disant: « Ne vous laissez pas voler la joie ! », en réponse à la double question posée par les jeunes qui souhaitaient savoir comment réaliser leurs rêves tout en contribuant à apporter une solution aux problèmes du pays .Pour ce faire, le souverain pontife  prône une transformation en profondeur de l’Eglise et en donne l’exemple à travers  des gestes qui bien souvent, ont un impact médiatique fort. Sur les réseaux sociaux par exemple, il  compte plus de 17 millions de followers sur son compte Twitter et 5 millions sur  Instagram. A l’ère des nouveaux médias, l’Eglise tout en cherchant à poursuivre sa mission dévangélisation amorce désormais un retour en force auprès de la jeunesse.Le Vatican estimant que le rosaire en bois est dépassé vient de mettre au point un chapelet de haute technologie. Le nouveau bijou qui allie design et intelligence artificielle veut ainsi aller chercher les jeunes dans les confins du monde digital.Par le biais d’un  partenariat entre le Saint-Siège et le fabricant taïwanais Acer, l’Eglise vient ainsi de faire son entrée sur le marché très convoité des  objets connectés.Toutefois, cette initiative n'est pas bien accueillie au sein de l'Eglise. De nombreuses voix dissidentes rappellent que le rosaire est la prière des pauvres et estiment par conséquent que l’Eglise en lançant un chapelet connecté est entrain de faillir à sa mission. De plus, alors que le Pape explique qu'Internet est une ressource que   l’Eglise devrait exploiter afin de former une communauté, des voix réfractaires à ce projet mettent en avant les menaces autour de la collecte des données générées par les utilisateurs du chapelet connecté.Si l’appareil qui vient d’être mis sur le marché contient de nombreux  capteurs, sa conception se base sur  les fondamentaux de la religion.

A travers les débats que le nouveau chapelet suscite au sein du clergé, le responsable Afrique de l’Ouest d’Internet Sans Frontières, Qemal Affagnon note que certaines voix au sein de l’Eglise dénoncent une atteinte à la liberté religieuse. De par son mode de fonctionnement, le nouvel objet qui vient d’être mis en vente fait office de capteur d’activités.Quand cette fonction est activée, l’objet est en mesure de comptabiliser les pas effectués ainsi que les calories brûlées chaque jour par son acquéreur. En dehors des moments de prière,  le chapelet peut être également porté comme un bracelet au poignet et pour l’activer, il suffit de faire le signe de croix en le gardant en main. Ce  mouvement permet de lancer l’application mobile sur le téléphone portable de l’utilisateur qui peut alors choisir entre différents rosaires, ou  passer d’une  prière à l’autre en secouant l’objet religieux.Contrairement au modèle du chapelet classique, l’appareil est fait de dix grains d’agate noire et d’hématite. La  croix est l’élément central du dispositif car elle stocke toutes  les données d’utilisation.  Sur la base des informations fournies par le  fabricant  taïwanais Acer, le chapelet  contient une batterie qui lui donne une autonomie de quatre jours et le petit bijou  serait également résistant à l’eau et à la poussière. Pour donner plus de poids à son virage numérique, l’Eglise catholique prévoie d’ores et déjà un chapelet connecté écoresponsable en plastique totalement recyclé.Depuis plusieurs  années, l’Eglise catholique se retrouve  au cœur de plusieurs scandales de mœurs. Dans ce genre de contexte, une énième  polémique concernant les  données personnelles avec l’essor de l’économie de la mobilité grâce à la géolocalisation en temps réel viendrait sérieusement écorner sa réputation.

Laurent Batonga

Contribution 

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