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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

La problématique de la dépigmentation de la peau touche actuellement une frange importante des femmes africaines qui se servent des substances et produits éclaircissants pour rendre claire leur peau. Des voix s’élèvent de plus en plus pour décrier cette pratique dont les conséquences sont néfastes et dévastatrices en termes de santé publique. Nombre de femmes regrettent amèrement d’avoir dépigmenté leur peau car elles en subissent durablement les méfaits. Beaucoup ont du mal à s’accepter telle qu’elles étaient venues au monde. Si une proportion importante accuse les hommes d’être responsables de leurs malheurs parce qu’ils s’intéresseraient davantage aux femmes à la peau claire, à contrario le mythe du blanc et le complexe négatif du noir pourraient expliquer l’enracinement du phénomène de décapage dans les sociétés africaines. Le sujet est loin de faire l’unanimité. Les avis sont tellement divergents qu’ils déchaînent parfois de grandes passions. Cependant, la Rédaction ouvre ici une tribune où seules les idées constructives et les arguments comptent.  La diversité professionnelle des  enrichira certainement le débat autour d’un sujet complexe qu’est la dépigmentation.  Voudriez-vous bien donner votre avis sur les raisons qui expliqueraient entre autres la pratique assez répandue de la dépigmentation chez les femmes et certains hommes ? Y voyez-vous un sursaut individuel et sociétal pour éradiquer ce phénomène ?

 

Djö Adoum Goudja explique ce phénomène de dépigmentation en détaillant que: « Le corps humain est composé de différentes parties, notamment la peau. En ce dépigmentant, nous exposons les autres parties au danger. C'est pour dire que chaque partie a une fonction bien déterminé. Qu'on ne vous trompe pas, même les blancs nous envient parce que nous avons la meilleure peau ».

Vienne ensuite la Directrice artiste de l’Entreprise Zarlinga qui donne ici son avis sur la dépigmentation de peau : « Par un matin ensoleillé, je me suis rendue un jour à l’ambassade de France. Pendant que j’attendais mon tour, mon attention fut attirée par une jeune femme. Elle était noire. Très noire. Encore plus foncée que celle que j’ai photographiée à Bol. Car celle-là sa peau dessinait un reflet bleuté sous l’effet de la lumière. J’étais un peu jalouse  je l’envie toujours. Je crois que la nature sait ce qu’elle fait, comment elle nous programme et le mieux est de valoriser cette enveloppe identitaire qu’elle  nous a offerte naturellement. Mais tout le monde ne voit pas les choses de la même façon et la beauté est  relative et on dit qu’elle est dans les yeux de celui qui la regarde. Cependant être belle pour soi-même suffit largement. Il faut avant tout s’aimer soi même et respecter la personne qu’on est. Cela ne sert à rien de se détester et chercher plutôt à aimer le reflet de la personne à qui on rêve coûte que coûte à ressembler.  Le blanchiment n’est pas seulement un fait réel de notre société. Il est aussi présent partout. Dans les boutiques, les journaux, les marchés, et surtout dans le système publicitaire le plus efficace, le bouche à oreille. Evidemment de nombreuses femmes parlent de l’éclat de leur peau et prononcent inévitablement les termes « teint climatiseur », « gatitchatchichiya… », Accompagnés des tops des marques incontournables du blanchiment. A mon avis, plus qu’un besoin esthétique personnel, se blanchir la peau est devenu une nécessité d’affirmation comme conséquence à un complexe d’infériorité pesant et souvent ignoré. J’ai beaucoup voyagé dans les continents, et le seul pays où on m’a reproché ma couleur de peau, c’était au Tchad, précisément à N’Djamena vers la rue de 30m. Ce jour là je partais à Goudji. Un homme qui passait à coté m’a  lancé « c’est quoi ca ? Une femme noire comme ça on dirait la marmite de ‘bilibili’ ». Peu après une brève altercation, il m’avait suivi à la station de taxi pour présenter ses excuses. Mais il s’agit ici de l’illustration d’un cas dans un océan de critiques. Je me rappelle aussi des conseils d’une femme que je connaissais bien qui m’a dit en ces termes,  de manière très polie je cite : « loneki da ma samé tara. Tchatchichiyaké ! intimarabass zargakouroum keda ma adil ! », en arabe local qui veut dire « ta couleur de peau n’est pas bonne. Blanchie-la un peu. Il n’est pas bon pour une femme d’être noire ».

Après m’avoir cité quelques produits bon marchés, je me suis rendue compte que contrairement à son visage pâle, ses pieds étaient ni blanc, ni noire, ni brun mais un véritable amas du nage aux nuances dégradées. En fonction de l’endroit où vous trouvez, beaucoup de pressions s’exercent sur vous quand vous avez le teint foncé. Sauf que lorsque vous vous fichez des jugements des autres, tous ces mots se convertissent en rien du tout.  Hélas il y a celles qui sont très sujettes à ces réactions et filent se payer des mixtures chimiques pour obtenir le résultat attendu par leur harceleur ou harceleuse. Dire que les hommes sont responsables ou nous poussent à se blanchir n’est pas forcement vrai. Ces femmes sont seules responsables de leurs projets.  Et même dire que nous sommes conditionnées ou influencées par les médias qui montrent ou valorisent souvent des femmes de teint clair ou de quelque caractère physique que ce soit  n’est pas vrai selon moi. Sauf si tu es dépourvue de confiance en soi et de l’amour pour la personne que tu es. Notre peau, est notre enveloppe identitaire. Elle ne nous protège pas uniquement mais c’est une signature avec laquelle nous sommes venues au monde. Raison pour laquelle il est très important d’éduquer nos enfants dans ce sens. Très jeunes les enfants regardent, les adultes ou même les adolescentes de leur entourage se métamorphoser progressivement. Les adolescentes quant à elles regardent aussi leurs idoles (stars de showbiz)  se transformer progressivement via des chirurgies esthétiques et des techniques de blanchiment raffinées. Elles  grandissent  la plupart dans cette culture de blanchiment aujourd’hui banalisée. Et quand le complexe est plus fort que la raison, peu importe les campagnes de sensibilisation, il serait presque impossible de les sevrer de ce penchant  parce qu’il fait partie intégrante de leur personnalité. Les produits  éclaircissants sont très néfastes pour la peau et coûtent souvent chers en finance et en conséquences. Pourtant entretenir une peau naturelle ne coûte presque rien parce que les ingrédients sont souvent les mêmes que ceux que nous utilisons dans nos cuisines quotidiennes: les huiles végétales, la spiruline, les fruits, le miel, etc. Pendant mes courses, que ce soit au Tchad, en Amériques ou en Europe, j’ai toujours été interceptée par des curieuses et des curieux pour connaître mon pays d’origine et souvent complimenter ma couleur de peau.  Plus qu’une enveloppe identitaire, nos couleurs sont des ambassadeurs culturels ».

 

Elle est talonnée par Etienne Abdoulaye Gabatche  que va dans le même sens: « J’ai toujours eu comme de la nausée lorsque je vois la peau d'une personne dépigmentée. Mais je ne condamne jamais ces personnes, surtout les femmes, car elles le font à cause des hommes. Parce qu'à un moment donné, c'était les filles minces, après celles qui sont rondes et maintenant c'est les brunes. Elles deviennent comme un produit qui s'adapte sur le marché. Ce n'est pas de leur faute. Les séries télévisées n'aident pas aussi, car il n'y a pas une peau noire ou bronzée dans NOVELAS que les femmes aiment regarder ».

 

Tout en restant prudent, Ali Hamata Achene n’accable pas les femmes qui se dépigmentent : « Je n'accuse pas les femmes qui se dépigmentent, mais plutôt les hommes.car ce sont les hommes qui aiment les femmes au teint clair et parfois les encouragent même dans cette pratique.  Il n’existe pas  une offre sans demande ».

 

Le point de vue de la Communicatrice d’Entreprise, Fondatrice & CEO de Multi Actions communication et présidente de l’ONG Solidarité Jeunesse Chrétienne,la Togolaise Akossiwa Jeannine Middrah converge avec celui de madame Salma Khalil: «La dépigmentation, je ne saurai dire ce qui motive chacun à s’y investir. Je me rappelle avoir vu récemment une vendeuse ambulante IBO totalement dépigmentée et airant sous le soleil, ce qui a plus attiré mon attention. Comment elle était brûlée par le soleil faisant ressortir les grosses tâches noires qu’elle portait. En réalité, avons-nous besoin de tous ces produits ? Il faut vraiment comme le phénomène de cheveux crépus qui prend  de l’ampleur qu’un mouvement existe pour ramener ceux qui se livrent à ces pratiques à la source. Pour que chaque noir puisse porter fièrement sont teint noir. Le teint d’origine que nous avons est très beau, il suffit d’en prendre bon soin en l’hydratant correctement. Se dépigmenter n’est pas nécessaire, aimons-nous avec le beau teint noir que nous portons et assumons avec fierté»

 

Ratou Nang Jean, lecteur assermenté laisse aussi son point de vue sur la question de la dépigmentation des femmes africaines : « Pour moi, quand tu te donnes à cette pratique, tu dois aussi cesser de prier Dieu. Car en te dépigmentant la peau, tu veux corriger ce que Dieu a fait pour toi. Donc tu remets en cause la perfection du plus haut, tu te remets au-dessus de lui. Donc, tu n’as pas de foi. Nous les hommes, nous devons cesser de les draguer et même de les marier. Car nous sommes en partie responsables».

La Rédaction

 

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