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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Aujourd’hui, la pauvreté n’est l’apanage d’aucun pays ni d’un continent. Elle sévit de façon indifférenciée. Lorsque les gens fuient de plus en plus leur pays en temps de paix comme c’est le cas du sud de l’Italie, le Mezzogiorno, Aurélie Didier n’est pas passée par quatre chemins pour mettre la pauvreté sur le banc des accusés. Selon un article de la RTBF daté de mardi 05 novembre dernier, notre consœur s’appuie sur le rapport annuel de la Svimez, l’Association pour le développement de l’industrie dans le Mezzogiorno, en établissant un constat fort inquiétant  selon lequel depuis 2002, deux millions d’Italiens migrent vers le nord du pays ou partent dans d’autres pays étrangers. Le phénomène s’est accru ces dernières années, dit-elle, avec le départ massif des jeunes diplômés allant chercher à réaliser leurs rêves ailleurs. Les régions du sud d’Italie sont gravement affectées par la crise socio-économique ; «Le sud est entré dans une récession économique (-0,2% en 2019 NDLR), le nord du pays garde une croissance faible, mais le sud, la situation sociale est très précaire », explique Luca Tomini chercheur et politologue à l’ULB, après avoir parcouru le rapport. Le chercheur pointe plusieurs causes profondes à l’origine de l’appauvrissement du sud d’Italie : « Criminalité, corruption, inefficacité de l’administration publique, absence de l’Etat et manque de lutte contre la criminalité organisée. Ce sont toujours les mêmes facteurs qui bloquent le sud. On assiste à un déclin depuis 30 ans qui, après la crise de 2008, s’est encore plus aggravé. Aujourd’hui la situation empire encore à cause d’un manque de vision stratégique de l’Etat. La situation du sud n’est même pas à l’ordre du jour dans l’agenda politique ».

La faute revient aux différents gouvernants qui ont progressivement abandonné cette partie du pays en baissant de façon significative les investissements publics, année après année : ils sont de 280 euros par personne dans le nord, contre seulement 102 euros dans le sud, d’après les chiffres contenus dans le rapport de la Svinez. Malgré le déblocage d’un fonds de 20 milliards d’euros par l’Union européenne, couvrant la période 2014-2020, seulement 20% de cette enveloppe ont effectivement été investis. Le rapport énumère bien les causes de cette paupérisation.Ce sont entre autres l’incapacité de l’administration centrale et régionale d’utiliser pleinement de ressources disponibles qui pourraient stimuler fortement la croissance dans le sud ». Tout n’est pas négatif dans ce rapport. L’introduction du revenu de citoyenneté est évaluée de manière positive. Il s’agit d’une première tentative de réponses pour s’attaquer aux problèmes qui minent le sud d’Italie : quelque 845 000 familles vivant dans une situation de pauvreté absolue en 2017, elles ne sont plus que 822 000 en 2018. C’est grâce à l’impact positif du revenu citoyen. «Mais ça n’a pas d’effets sur le taux de chômage et sur l’occupation des jeunes. Or, il y a un an le revenu citoyen a été introduit come solution pour le chômage. Et ça ne marche pas. Le rapport dit clairement qu’il n’y a pas cet effet. Les autorités italiennes semblent prendre conscience de la situation. Car au début de la semaine, le Premier ministre Giuseppe Conte a promis «un grand plan pour le sud » pour la fin 2019. «Avec les contraintes budgétaires italiennes, je ne sais pas comment ils vont faire. Le budget sera bouclé dans les semaines qui suivent. Le risque, c’est qu’au-delà des paroles, on ne voit pas grand-chose en termes d’investissements stratégiques dans le sud de l’Italie », déclare le politologue. La situation ne fait que s’aggraver dans le sud du pays et l’actualité le prouve : lundi dernier Arcelor Mittal a annoncé qu’il résiliait son offre de rachat de l’aciérie italienne. Il préfère aller s’installer dans les Pouilles à cause d’un manque de protection juridique liée à la protection du site. Les hauts fourneaux vont être fermés dans 30 jours. Le secteur de l’aciérie emploie 8000 personnes directement et en si grand nombre également en sous-traitance, dans une région fortement dévastée par le chômage et qui risque de souffrir plus encore dans les mois voire les années prochaines.

Moussa S. Yowanga

 

 

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