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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Au moment où le débat entre détracteurs et défenseur du Franc Cfa fait rage, le journal de Montréal s’est penché sur la question en publiant un article le 13 novembre dernier pour mieux éclairer le public sur les enjeux de cette monnaie qui divise les Africains en général et les économistes et politiciens en particulier. Il y a aujourd’hui de vifs débats sur le rôle, l’utilité et la nocivité de cette monnaie pour les économies africaines. Dans sa rubrique Porte-monnaie «On parle d’argent », le média canadien énumère cinq points clés pour appréhender la problématique du Fcfa créé il y a aujourd’hui 74 ans. Le premier point est relatif au 14 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale qui partagent cette monnaie commune. Cet espace est un vaste marché qui compte 155 millions d’habitants. Historiquement, le Fcfa qui s’appelait alors «franc des colonies françaises d’Afrique », a officiellement vu le jour le 26 décembre 1945, soit quinze ans avant l’indépendance des colonies. L’appellation originelle sera abandonnée au profit de la dénomination de «franc de la Communauté financière africaine» pour l’Afrique de l’Ouest et «franc de la Coopération financière en Afrique centrale» pour la partie centrale de l’Afrique. Deux zones bien distinctes se repartissent les pays utilisant le Fcfa, dont huit en Afrique de l’Ouest et six en Afrique centrale, composant deux unions monétaires bien séparées. D’abord, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Créé en 1962, Le siège de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est basé à Dakar. Sont membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, la Guinée équatoriale et le Tchad. Yaoundé abrite le siège créé en 1972 de l’institut d’émission, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).

Le second point rappelle l’héritage historique entre la quasi-totalité des pays partageant le Fcfa et la France. Il y avait une dépendance du Fcfa par rapport au franc français, ce qui se prolonge aujourd’hui avec l’euro. La valeur du franc CFA était indexée sur le franc français, remplacé aujourd’hui par le l’euro avec une parité fixe. La banque de France détient cinquante pour cent (50%) des réserves de change des pays utilisant le Fcfa. La France ne gagne pas d’argent avec ces dépôts. Cependant, la France verse actuellement une rémunération au taux planché de 0,75% par an en faveur de ces dépôts. L’avantage vanté par les tenants du maintien du Fcfa, c’est que le dépôt lui garantit une convertibilité illimitée avec l’euro. Par ailleurs, il existe une liberté complète des transferts entre pays à l’intérieur de chaque zone franc. C’est l’imprimerie de Banque de France basée exactement à Chamalières, en banlieue de Clermont-Ferrand, qui frappe les pièces et les billets en Fcfa. Le troisième point évoqué par le journal de Montréal concerne l’objectif de ces deux instituts d’émission que sont la BCEAO et la BEAC. L’objectif primordial est d’assurer la stabilité. Si l’objectif prioritaire de la politique monétaire de la BCEAO est d’assurer la stabilité des prix, l’objectif final de la politique monétaire de la BEAC est de garantir la stabilité monétaire. En quatrième point, nos confrères s’attardent un peu sur le débat contradictions entre détracteurs e défenseurs du Fcfa.

Depuis quelques décennies, un mouvement protestataire prend de l’ampleur contre le Fcfa considéré par ses détracteurs comme une monnaie «postcoloniale» qui perpétue l’influence de la France en Afrique en défavorisant les économies africaines, et ses défenseurs qui y voient surtout un instrument de stabilité monétaire qu’il apporte. Mais deux tendances fortes s’affrontent autour cette question : il y a ceux qui appellent à une réforme du Fcfa, dont la France se dit ouverte, et le camp de ceux qui exigent l’abandon pure et simple de cette monnaie. Les chefs d’Etat de CEMAC réunis en sommet extraordinaire le 22 novembre à Yaoundé, ont réaffirmé leur volonté de disposer d’une monnaie stable et forte. Leur communiqué final ne précise pas la nature de l’évolution du Fcfa, notamment s’agissant de l’aspect coopération monétaire avec la France. Toutefois, les dirigeants de l’Afrique centrale ont clairement affiché leur détermination d’engager une réflexion approfondie sur les conditions et le cadre d’une nouvelle coopération. De manière générale, beaucoup d’économistes plaident pour l’indexation du Fcfa sur un panier de devises comprenant l’euro, le dollar et le yuan chinois, correspondant aux principaux partenaires économiques de l’Afrique.

Le changement de nom est également réclamé pour de raisons purement symboliques liés au passé colonial du continent africain. Des économistes africains plus radicaux réclament le transfert des réserves de change vers d’autres institutions, et la fin de la politique monétaire rigoriste en faveur d’une priorité au développement économique et à l’emploi.Les quinze pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, Ecowas en anglais) ont décidé de remplacer le franc Fcfa par l’Eco qui verra probablement le jour courant 2020. Mais de nombreux analystes se montrent prudents voire sceptiques quant à la mise en œuvre de cette décision hautement politique dans un délai si court. Parmi les freins à l’aboutissement de cet important projet, ils citent entre autres les grandes disparités économiques, monétaires et budgétaires entre les pays de la zone, ainsi que les problèmes d’ordre technique inhérents à la nuisance d’une nouvelle monnaie. 

Moussa S. Yowanga

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