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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Dans une publication datée de mercredi 13 novembre par la RTBF, Valérie Hirsch consacre un article très édifiant sur la guerre contre les gangs au Cap en Afrique. La police a obtenu le renfort de l’armée dans cette lutte contre ce gangstérisme urbain. Au total 1200 soldats ont été déployés, depuis mi-juillet pour six mois. Ils sont venus à la rescousse de la police dans une dizaine de quartiers des Cap flats, une plaine dans la périphérie de la ville du Cap, où habite plus d’un million de métis. Ces quartiers construits à l’époque de l’apartheid, connaissent quotidiennement des fusillades entre groupes de gangsters. La police avance un bilan de 900 personnes tuées entre janvier et juin 2019, dans les Cape flats, soit autant que durant toute l’année 2018. La ville du Cap est réputée être la cité la plus dangereuse en Afrique et se retrouve 11e au monde, selon un classement élaboré par l’an dernier par le Conseil mexicain pour la sécurité publique. Des femmes et des enfants meurent régulièrement fauchés par les balles perdues. Des exemples sont lésions. C’est le cas de Mary Bruce, 48 ans, a été grièvement blessée à la jambe, alors qu’elle pendait sa lessive dans la cour de son immeuble, le 7 juillet, juste avant midi. «Trois gars étaient en train de se tirer dessus, explique Bruce. Une autre femme a été blessée. Mon propre fils a rejoint un gang à l’âge de dix ans », raconte Mary, qui guidera des séquelles toute sa vie de sa blessure. «Mon mari me battait devant lui. Mon fils a trouvé du réconfort dans la drogue et dans le gang, qui était devenu comme sa seconde famille. Il est mort d’une balle quand il avait 26 ans». Il règne un calme relatif dans les cape flats depuis l’intervention de l’armée.

Le nombre moyen de meurtres a baissé de plus de 50 à 30 par week-end, indique le ministre de la police Bheki Cele. Quelque 6000 personnes ont été arrêtées, 100 armes à feu et 600 couteaux, confisqués en trois mois. Une requête introduite afin d’assister à une intervention de l’armée, ou d’interviewer un porte-parole, a reçu un avis défavorable. Il faut donc se contenter seulement des témoignages, comme Aziza Kannemayer, une femme à la tête de 8 comités de citoyens qui aident la police. « Fin septembre, des policiers ont été pris au milieu d’une fusillade. Les soldats ont été appelés en renfort. Ils ont arrêté 27 personnes de manière plutôt rude. Un soldat a même sévèrement battu le président d’un de nos comités. Mais mis à part cette bavure, nous sommes heureux de l’intervention de l’armée ». Kannemayer aurait, toutefois, souhaité qu’elle ne dépende pas des renseignements fournis par la police : «Certains policiers corrompus protègent les gangsters ». Un centre de lutte contre la drogue dans les Cape flats est géré par le pasteur Ashley Potts. Ce dernier, lui également a assisté à une opération. «Des soldats sont descendus en hélico sur un terrain vague, pendant que la police bouclait le quartier. Mais les dealers ont vite donné leurs armes et la drogue à des habitants qui ne risquaient pas d’être fouillés. Les gens protègent ceux-là mêmes qui leur font du mal. En même temps, ces gangsters font vivre leurs familles, souvent très pauvres ».

Le Cap compterait 100 000 gangsters, selon Don Pinnock, écrivain, auteur du livre «Gang town ». Les gangs sont devenus plus violents depuis 2000, en raison de l’entrée massive des drogues importées et la profusion d’armes à feu provenant pour la plupart des stocks de la police. Un jeune chef local du gang « Dixies », âgé de 30 ans  et nommé David Brown clame haut et fort que «l’armée ne m’attrapera jamais ». Brown se distingue par son crâne rasé, les dents de devant manquantes (signe distinctif des métis) et revolver à la ceinture. Il affiche le bravache typique des gangsters. Il sort de prison où il a été incarcéré pour triple tentative de meurtres. «Parfois, j’en ai assez de cette vie mais que puis-je faire d’autre ? ». Les bandes de gangs sont alimentées par des jeunes souvent issus de familles violentes, alcooliques. Ils deviennent encore plus violents en prenant de drogues de synthèse, comme le « nyope ». Pinnock et Potts préconisent la décriminalisation de l’usage des drogues pour lutter contre le gangstérisme. Il faudrait bien plus qu’une  intervention militaire pour juguler ce fléau.

Moussa S. Yowanga

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