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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Bonne nouvelle pour les militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ! En effet, le  principal opposant du Cameroun a été libéré le  samedi 06 octobre 2019 à Yaoundé après neuf mois de prison, au lendemain de la décision du président Paul Biya d'arrêter les poursuites à son encontre et plusieurs de ses partisans, afin de tenter de sortir son pays des crises multiples qu'il traverse. Selon l’AFP, le tribunal militaire de Yaoundé a ordonné samedi midi l'arrêt des poursuites et la remise en liberté de 102 opposants, dont le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2018.Après l'audience, détenus et militants ont laissé éclater leur joie, chantant, dansant ou se prenant dans les bras.La foule scandait « Kamto, notre président, le peuple t'a choisi ». Un refrain repris régulièrement par ses partisans depuis la ré-election de Paul Biya, 86 ans dont 37 au pouvoir, à la présidentielle de 2018, dont le MRC conteste les résultats, estimant que leur candidat Kamto, arrivé deuxième, l'avait remportée. Aux alentours de 16H30 (15H30 GMT), Maurice Kamto est sorti de la prison, où il était reparti pour des formalités administratives. Assis sur le siège passager d'une voiture, il a salué, fenêtre ouverte, une foule de sympathisants venus l'acclamer. Il s'est dirigé vers son domicile, escorté par des dizaines de voitures et deux-roues dans un tintamarre de klaxons. « Si nous sommes là aujourd'hui c'est grâce à votre soutien constant. Je vous ai vus même quand vous ne me voyiez pas », a-t-il lancé à la foule massée devant chez lui. « Maintenant s'ouvre un nouveau chapitre de notre lutte, si certains pensent que le fait d'être libérés c'est la fin de la lutte alors ils n'ont rien compris », a-t-il affirmé, insistant sur le caractère « pacifique » de cette lutte.

Selon toujours l’AFP dont l’information circule depuis le samedi 06 octobre, M. Kamto, était incarcéré depuis près de neuf mois. Il avait été arrêté fin janvier avec des centaines de ses partisans à la suite de manifestations pacifiques organisées pour protester contre les résultats de la présidentielle.Lui et plus de 90 de ses soutiens étaient, depuis, poursuivis par la justice militaire, notamment pour « insurrection », un crime passible de la peine de mort, même si celle-ci n'est plus appliquée au Cameroun.Parmi les 102 personnes ayant comparu devant le tribunal figuraient de nombreuses personnalités de l'opposition qui seront également libérées: l'ex-conseiller économique du président Biya, Christian Penda Ekoka, l'avocate Michèle Ndoki, ou encore le célèbre rappeur Valsero, connu pour ses textes critiques à l'égard du pouvoir.M. Biya avait créé la surprise en annoncant vendredi soir par un tweet l'arrêt des poursuites contre « certains » responsables de l'opposition. Cette annonce était intervenue quelques heures seulement après la clôture du Grand dialogue national, convoqué par le président pour tenter de mettre fin au conflit séparatiste qui ensanglante les deux régions anglophones dans l'ouest du pays.

M. Biya avait déjà annoncé jeudi la fin des poursuites et la libération de 333 personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone. « Le chef de l'Etat réaffirme sa détermination à poursuivre sans relâche ses efforts dans la recherche des voies et moyens d'une résolution pacifique des crises et différends auxquels peut être confronté notre pays », indiquait un communiqué de la présidence. Le Cameroun, pays perçu pendant des années comme un relatif havre de paix en Afrique centrale, est confronté aujourd'hui à de multiples crises.Le nord du pays est sous la constante menace du groupe djihadiste nigérian Boko Haram qui multiplie les attaques. Dans l'ouest, dans les deux régions peuplées principalement par la minorité anglophone (16% des Camerounais), les combats et exactions des deux camps --groupes armés indépendantistes et militaires-- ont fait environ 3.000 morts en deux ans, selon des ONG, et forcé plus d'un demi-million de personnes à fuir leur domicile, selon l'ONU.A cela s'est ajoutée une crise politique inédite après la présidentielle de 2018, qui a vu de nombreux Camerounais descendre régulièrement dans la rue pour protester avant la vague d'arrestations de janvier et juin. Après avoir fait preuve d'intransigeance pendant des mois, l'apparent changement de ton et de cap de M. Biya est sans doute dû en partie à des pressions internationales inédites depuis le début de l'année, à la fois sur la crise anglophone et sur le sort des opposants incarcérés, en particulier de M. Kamto.Washington avait déclaré en mars qu'il serait « sage de le libérer », suivi de près par l'Union européenne, puis quelque mois plus tard par la France, l'un des plus fidèles soutiens de M. Biya, longtemps restée silencieuse.

Eric Mocnga Topona,correspondant spécial depuis Bonn en Allemagne

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