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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Des violentes contestations agitent ces derniers jours et semaines au moins trois pays d’Amérique latine. Pourquoi ce ras-le-bol des Latino-américains ? Pour décrypter cette situation explosive, notre consœur Caroline Hick consacre un magnifique article publié le mardi 22 octobre sur le site de la RTBF. L’Equateur a connu au début de ce mois, une violente crise sociale qui a littéralement paralysé le pays durant une douzaine de jours. Cette crise sociale a éclaté à cause de la suppression des subventions sur le carburant. Le gouvernement a fini par reculer en abrogeant la loi contestée. La contestation a fait sept morts, plus de mille blessés, autant de personnes interpellées. Au Chili, on dénombre une quinzaine de morts après quatre jours d’émeute dans ce pays pourtant connu pour être un modèle de grande stabilité politique et économique. La hausse du prix du ticket de métro a été l’élément déclencheur de cette contestation qui a commencé vendredi. Le président chilien a finalement suspendu samedi cette mesure très contestée. La colère n’est pas retombée malgré ce geste d’apaisement. En Bolivie, de violents incidents ont éclaté lundi soir après la proclamation de résultats électoraux. Les manifestants protestent violemment contre un changement inexpliqué de tendance des résultats modifiant sensiblement l’issue de l’élection. Il ouvre la voie d’un quatrième mandat à l’actuel président socialiste Evo Molares. Certes, il n’y a pas de facteurs communs entre ces évènements dans la mesure où il s’agit des crises électorales en Bolivie, sociales en Equateur ou encore sociétale pour le cas chilien. Néanmoins, ces contestations populaires traduisent un ras-le-bol assez généralisé en Amérique latine. «C’est une région du monde où les inégalités sont très fortes », relève Gaspard Estrada, directeur exécutif de l’Observatoire politique de l’Amérique et des Caraïbes, à Sciences po (Paris). Alors, il suffit d’une petite goutte de trop pour déborder le vase.

A Sao Paulo au Brésil, les émeutes ont déjà éclaté en 2013 suite à la hausse du prix du billet de bus. Les manifestants dénonçaient alors le gouvernement, la corruption et les inégalités. C’est pareil ce qui s’est passé au Chili ce week-end. Malgré un PIB plus élevé que ceux d’autres pays de la sous-région, un tiers de la richesse du pays est détenu par 1% de la population et les services publics sont presque inexistants. «Les Etats ont assez peu d’argent pour investir dans les services publics. Dans un pays comme le Chili, le ratio de prélèvement obligatoire par rapport au PIB tourne autour de 20-25%, c’est très peu par rapport aux pays européens. En France, on frôle les 50%, explique Gaspard Etrada. Il résulte dans la plupart de ces pays dont le Chili, une incapacité gouvernementale à mener à bien certaines politiques rédistributives via l’investissement dans les services publics, ou assurer une protection sociale efficace aux citoyens. «En Amérique latine, le marché du travail est très précaire et l’augmentation de quelques centimes du prix du métro ou du bus a des conséquences importantes pour l’économie de ces sociétés précarisées.». La plupart des pays d’Amérique du Sud souffrent également de la dépendance aux matières premières comme le cuivre au Pérou, le gaz en Bolivie ou le soja en Argentine et au Brésil. L’économie vénézuélienne dépend étroitement de la rente pétrolière. Vers les années 2000, les cours élevés de ces matières premières ont permis à l’Amérique latine de connaître une décennie positive. Depuis quelques années, la frustration populaire fait émerger de nouveaux profils de dirigeants à travers les votes de protestation. C’est ainsi le cas de Jaïr Bolsonaro au Brésil, revendiquant une proximité filiale et nostalgique avec les dictatures militaires. D’importantes vagues migratoires (vénézelienne, haïtienne, centraméricaine) ont réveillé et nourri de sentiments nationalistes qui secouent aujourd’hui le continent américain. «Ces migrations provoquent des réactions de racisme, de début de xénophobie dans certains pays. C’est quelque chose qu’on n’avait pas constaté dans la région auparavant et c’est assez inquiétant.», se désole l’expert de Science Po. 

Moussa T. Yowanga

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