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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Mahamat Nour Ahmed Ibedou de la Convention Tchadienne des Défenses des Droits de l’Homme(CTDDH) et Me Midaye Guerimbaye président de la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme(LTDH) se sont relayés lors d’un point de presse organisé par quatre organisations de défense des Droits de l’Homme entre autres la LTDH, CTDDH, le Collectif des Associations de Défense de Droits de l’Homme (CADH) et enfin Droit de l’Homme sans frontière (DHSF).Face à la presse nationale et internationale conviée à cette rencontre le vendredi 23 août 2019 au CEFOD situé au cœur de la capitale tchadienne, les deux représentants des organisations de la société civile eurent présenté les rapports de missions d’enquête sur les conflits inter-communautaires dans leur pays. Expliquant tour à tour le bien fondé de ses rapports de missions, les deux orateurs eurent précisé aux journalistes locaux que leurs multiples enquêtes sur le terrain relèvent des solides constats amers recueillis dans le sud et à l’est du Tchad sur la situation des droits de l’homme. Deux missions d’enquête ont été effectuées l’une au sud, à Goigoudoum (Mayo Kebbi Ouest), à Kolon (Tandjilé Ouest) et l’autre mission à l’est du Tchad, notamment au Ouaddai et Sila. Les rapports effectués dans les provinces du Ouaddai et du Sila, en date du 10 au 16 juin 2019, indiquent que les conséquences de ce conflit ont entraîné d’énormes pertes en vie humaines et matérielles dans les rangs de deux communautés. Les pertes humaines s’élèvent à 111 personnes tuées et 58 autres blessées, sans oublier les pertes matérielles. Ainsi ont-ils entamé leur point de presse : «Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chers invités, Les Conflits inter-communautaires dans notre pays n’avaient jamais atteint cette intensité et tant au Nord-est qu’au sud du pays, des communautés sœurs qui avaient toujours vécues ensemble dans une parfaite harmonie se sont misent à se faire la guerre. A l’est du pays, dans les provinces du Ouaddai et du Sila, cette furie meurtrière a hélas entraîné des très lourdes pertes en vies humaines et en matériel ; les dégâts psychologiques sur les habitants sont très importants et constituent en ce moment la principale source de haine et de rancœurs entre ces communautés ; il convient de souligner les très lourdes conséquences de ces conflits sur le vécu quotidien des habitants : la plus part des cultivateurs abandonnent leurs champs souvent situés à plusieurs kilomètres de leurs villages de peur d’être isolé et d’être ainsi la victime d’éventuelles représailles. Ceci constitue un risque certain de famine et donc susceptible de constituer un drame humanitaire jamais connu dans la zone. Les éleveurs se gardent également de s’aventurer assez loin de leurs villages ou Ferrick de crainte d’être attaqués ; ce qui réduit considérablement les champs des pâturages et des points d’eau ; cet état de fait entraine des conséquences désastreuse sur la santé des bêtes et la qualité du cheptel tchadien ».

C’est dans ce second paragraphe que successivement les deux intervenants eurent mis l’accent sur les conséquences lourdes de ces attaques inter-communautaires. Mahamat Nour Ahmed Ibedou de la CTDDH et Me  Midaye Guerimbaye de la LTDH admirent en tant que représentants des Organisations de la Société Civile que  les autorités administratives ont failli à leur mission. Pourquoi, parce que beaucoup d’entre eux prêtent une main forte dans les conflits inter-communautaires, doigte Me Midaye. Selon Mahamat NOUR Ibedou, il y a de mains invisibles derrières tous ces massacres à l’est du Tchad. À l’époque il y a eu aussi des conflits inter-communautaires. Entre-temps, les éleveurs étaient des vrais éleveurs. Mais aujourd’hui, c’est les généraux qui sont devenus des éleveurs. D’après lui, le conflit inter-communautaire n’a jamais atteint ce niveau. C’est par la complicité de nos autorités qu’aujourd’hui les conflits inter-communautaires deviennent des difficultés graves déstabilisant le vivre ensemble des Tchadiens. Le rapport de mission note que les récents conflits inter-communautaires à l’est du pays ont fait de nombreux dégâts en termes de pertes des vies humaines et matérielles. Voici ce qu’ils ont dit lors de cette conférence de presse : «Il convient d’ajouter à ce sombre tableau, l’arrêt des marchés hebdomadaires poumons du commerce rurale qui, du fait de l’absence de libre circulation des marchandises a anéanti toute activités économique dans la zone. Voila mesdames et messieurs les conséquences de ces conflits inter-communautaires que nous connaissons ces dernières années et que nous continuons à connaitre actuellement. Il convient de faire remarquer qu’à l’Est du pays, principalement dans la Province du Ouaddaï, ce sont les conflits agriculteurs-éleveurs qui se sont mués à la longue en des conflits inter-communautaires; par contre dans la province du Sila, ce sont les problèmes liés à la propriété des terres qui est la cause des derniers conflits entre deux communautés les Mouro et les Dadjo ; conflit qui a entraîné 109 morts. Pour revenir au Conflit inter-communautaire au Ouaddaï et une partie du Sila, le bilan présenté par la mission des ADH est de : 10 villages attaqués et incendiés ; 110 morts et une femme disparue ; 58 blessés ; 343 cases brûlés ; 107 bœufs tués ; 56 chevaux tués ; 1073 moutons et chèvres tués ou disparus 122 jardins détruits ; 150 arbres coupés ; 3 moulins détruits ; 30 motos confisquées par les gendarmes. Le fait qu’avant l’avènement du pouvoir actuels, les conflits éleveurs agriculteurs et inter communautaires n’aient jamais atteint cette ampleur est révélateur du degré de responsabilité directe ou indirecte des autorités centrales et locales actuelles : en effet, depuis 1990 ; les responsables locaux devenus propriétaires d’importantes têtes de bétail pour la plupart, arment les berger à leur service ; ceux-ci se sentant protégés n’hésitent pas à user de ces armes contre les agriculteurs en cas de conflit ; lors de règlements de ces conflits, les autorités prennent systématiquement la défense des éleveurs et punissent les agriculteurs ; une rancœur due à ce sentiment de frustration alimente souvent les prochains conflits et ainsi de suite ».

Et enfin le troisième paragraphe eut permis aux représentants des Organisations de la Société Civile tchadienne de tirer une conclusion assez forte, en mettant surtout en garde l’Etat tchadien représenté pour sa part par des responsables militaires et civils. En effet d’après eux, les communautés tchadiennes s'entretuent pour rien, faute de l’administration Tchadienne ne sachant plus trouver des solutions  idéales sur la chefferie traditionnelle et la gestion du territoire. Cela vaut la peine de lire ce qu’ils ont dit sous forme d’une conclusion et de ce qu’ils ont laissé comme information à la presse locale et internationale : «Cette responsabilité des autorités est corroborée par les multiples rapports élaborés par les nombreuses missions que nous avions diligentées dans la région ; cette responsabilité se rencontre dans presque tous les conflits de différentes manières : indirecte en retardant au maximum leur intervention en cas de conflit, livrant les protagonistes à eux-mêmes et se contentant de venir à la fin des événements pour compter les morts et de transporter les blessés vers les centres de santé. Cette responsabilité indirecte consiste pour les responsables à Imposer volontairement des solutions boiteuses porteuses de germes des potentiels conflits. Directe en créant de toutes pièces les conditions d’un conflit éleveurs agriculteurs à l’image de l’acte posé par un ancien gouverneur du Ouaddaï qui consiste à interdire par arrêté le ramassage de l’herbe sèche et à raccourcir la date d’enlèvement des récoltes imposée aux agriculteurs ; ce qui a permis la destruction massive des récoltes par le bétail introduit dans les champs dont les récoltes n’étaient pas encore enlevées. Des témoignages concordants ont attesté de la distribution des armes à certains protagonistes et même leur transport vers le champ des conflits par le commandant de légion de gendarmerie de la province du Ouaddaï malheureusement en poste jusqu’aujourd’hui. Nous dirons en conclusion qu’à la lumière des dernières déclarations du Chef de l’état intimant l’ordre aux militaires de tirer sur les belligérants en cas de conflit, nous pensons que le pays n’est pas prêt de sortir de ce phénomène très dangereux pour notre avenir pour la paix et la cohésion sociale si une action urgente n’est pas entreprise à temps au niveau national et international. Il faut ajouter le fait qu’en ce moment presque tout le territoire national est en proie à des violences de toutes sortes ; certaines de ces violences sont le fait des responsables de l’état : le cas le plus flagrant est illustré par les événements du nord du pays qui se déroulent au Tibesti où des manifestations pacifiques avaient été réprimées dans le sang. Je vous remercie de votre aimable attention ! »

La Rédaction

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