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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Daniel Fontaine en tant que journaliste signe depuis hier lundi 15 juillet 2019 cette information pour le compte de la RTBF, où il nous informe que la ville de Goma la redoutait. Elle est arrivée dimanche. La fièvre hémorragique Ebola a été diagnostiquée sur un premier patient dans cette ville d’un million d’habitants, à la frontière du Rwanda. Le gouverneur de la province du Nord-Kivu et le ministère de la Santé appellent les habitants à garder leur calme. Ebola, c’est un virus très contagieux et souvent mortel. L’épidémie redoutée était jusqu’à présent cantonnée dans le nord de la province, dans les zones de Beni-Butembo. La maladie a infecté là-bas plus de 2500 personnes, dont 1600 sont mortes.« C’est même étonnant que ce premier cas arrive un an après le déclenchement de l’épidémie. On pensait que Goma serait touchée plus tôt », reconnaît Laurence Sailly, Coordinatrice de l’équipe d’urgence de Médecins Sans Frontière Belgique, de retour du Nord-Kivu.Il y a un grand travail à effectuer sur tout le chemin que le patient a parcouru«  Ce patient s’est présenté au centre de traitement de MSF Hollande à Goma », explique-t-elle. Il arrivait de la ville de Butembo, qui est dans l’épicentre de l’épidémie. Il a été se faire soigner rapidement après son arrivée à Goma et la maladie a été identifiée. C’est plutôt positif : le système de surveillance a fonctionné. Par contre, le patient était déjà malade en quittant Butembo. Il y a donc un grand travail à faire sur tout le chemin qu’il a parcouru et avec tous les gens qu’il a croisés sur sa route ». Butembo se trouve à 300 kilomètres de Goma.Le profil de ce patient a de quoi nourrir les inquiétudes. Il s’agit d’un pasteur d’une Église évangélique. Selon le ministère congolais de la santé, durant son séjour à Butembo, il a prêché dans sept paroisses différentes. Il touchait régulièrement ses fidèles avec les mains, y compris les malades. Lorsqu’il a pris la route pour Goma à bord d’un bus, il était déjà malade. 18 autres passagers se trouvaient à bord. Pour éviter une extension rapide de la maladie, les populations doivent être sensibilisées aux comportements à éviter. Il faut par exemple revoir les rites funéraires pour empêcher tout contact avec les fluides contagieux des victimes d’Ebola. Mais les campagnes de prévention se heurtent parfois à l’hostilité des populations.

Notre confrère Daniel Fontaine termine son article de presse en rapportant que deux agents de prévention ont été assassinés à Béni dans la nuit de samedi 13 à dimanche 14 juillet 2019. Selon le ministère de la santé, ces deux agents ont été tués à leur domicile par des habitants du même quartier « qui enviaient leurs voisins, car ils avaient trouvé un emploi dans la riposte contre Ebola ». Un médecin de l’Organisation mondiale de la santé avait été tué en avril. Des centres de traitement d’Ebola avaient également été attaqués à Butembo.« Il y a différentes causes à cette violence », explique Laurence Sailly. « Il y a beaucoup d’argent qui entre dans le système de réponse à Ebola. Il est probable qu’il y ait des enjeux sans lien avec les activités elles-mêmes, mais bien avec l’identité des bénéficiaires des contrats ». «  Il peut aussi y avoir une frustration des populations quand les enterrements sécurisés ne sont pas bien expliqués. Les gens ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas accomplir leurs rites habituels. Certains patients refusent aussi d’aller dans les centres d’isolation et de subir des interventions plus contraignantes. Il y a également eu des violences provoquées par des groupes armés ». La lutte contre Ebola a par ailleurs suscité une grande frustration politique des citoyens, fin de l’année passée, lorsque les autorités ont reporté les élections dans la région pour cause d’épidémie. « Ce report des élections a déclenché des violences, fin décembre 2018, dirigées contre les infrastructures et les acteurs de la réponse », se souvient Laurence Sailly.Vu cette animosité aux raisons multiples, la lutte contre Ebola relève-t-elle de la mission impossible, alors que la collaboration des populations est indispensable ? « Non », répond la coordinatrice d’urgence de MSF. « On a fait plus difficile il y a quelques années en Afrique de l’Ouest, quand l’épidémie s’est déclarée dans trois pays différents ». La difficulté, c’est d’expliquer les mesures de prévention aux populations locales, chaque fois qu’un foyer se déclare dans une zone. « Il faut beaucoup de flexibilité avec les communautés. Il faut chaque fois s’adapter aux interrogations des personnes. Il n’y a pas une recette magique qui va arrêter l’épidémie. Il faut travailler avec les communautés, pour que les gens comprennent que la meilleure protection, c’est leur propre comportement. L’identification précoce des patients est essentielle. Plus vite ils reçoivent les traitements expérimentaux disponibles, plus ils ont de chances de guérir ». 

La Rédaction

 

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