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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

« Reprise timide à Khartoum, Désobéissance civile, Répression sanglante » ,ce sont là les points clés de ce reportage vivant du journaliste Quentin Warlop avec l’AFP,mais mis en ligne depuis hier mercredi 12 juin 2019. Ainsi notre confrère Quentin Warlop des médias belges en collaboration avec l’Agence France Presse, fait ici un rappel assez précis des étapes de la crise au Soudan, où la vie reprenait timidement mercredi après la décision de la contestation de mettre fin au mouvement de désobéissance civile, lancé après une répression meurtrière, et de reprendre le dialogue avec l'armée. Née en décembre d'une colère contre le triplement du prix du pain dans un contexte de crise économique et de mesures d'austérité, la contestation avait pris la forme, depuis le 6 avril, d'un sit-in devant le quartier général de l'armée à Khartoum pour réclamer un changement de régime politique. Après la destitution du président Omar el-Béchir par l'armée le 11 avril, les milliers de protestataires avaient refusé de lever le camp, réclamant un transfert du pouvoir aux civils, jusqu'à leur sanglante dispersion le 3 juin.Le 20 mai, après avoir connu des avancées, les négociations entre les généraux au pouvoir et les chefs de la contestation s'achèvent brusquement sans accord sur la composition d'un Conseil souverain. Celui-ci devait assurer une transition de trois ans, avant un transfert du pouvoir aux civils.De leur côté, les mouvements islamistes font bloc derrière l'armée, espérant préserver la charia (loi islamique) en vigueur depuis le coup d'Etat ayant porté Omar el-Béchir au pouvoir en 1989. 

Dans ce reportage, le journaliste Quentin Warlop eut fait aussi un flash back vers une grève générale qui fut  observée les 28 et 29 mai.Fin mai, le chef du Conseil militaire de transition, Abdel Fattah al-Burhane, se rend en Egypte, en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, trois pays foncièrement hostiles aux soulèvements populaires dans la région, selon des experts. Les deux derniers avaient annoncé en avril une aide conjointe de trois milliards de dollars.Selon les médias soudanais, le général Burhane avait coordonné, alors qu'il était commandant des forces terrestres, l'envoi de troupes au Yémen décidé dans le cadre d'une coalition dirigée par Ryad intervenue en 2015 pour lutter contre les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran. « Lors de sa visite dans le Golfe, la situation en Libye et au Yémen a été rappelée au général » Burhane, avec l'idée qu'elle était le « résultat du manque de détermination des dirigeants », selon Mathieu Guidère, professeur à l'Université de Paris-VIII et spécialiste du monde arabe.Le 30 mai, la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera, qui diffuse régulièrement des images des manifestations, est fermée par Khartoum. Le 1er juin, le ministère soudanais des Affaires étrangères indique que l'ambassadeur du Soudan au Qatar a été rappelé à Khartoum pour consultation. Le Qatar, en conflit diplomatique avec l'Arabie saoudite, les Emirats et l'Egypte, était un allié historique d'Omar el-Béchir.Le 3 juin, l'armée, la police et des milices dispersent dans le sang le sit-in devant le QG de l'armée. Dès le lendemain, l'armée déclare caducs les accords conclus avec les contestataires et appelle à des élections dans « neuf mois maximum ». Les protestataires dénoncent un « putsch ». 

A Khartoum et dans tout le pays conclut-il de façon assez profonde et vraie avec des exemples à l’appui que des paramilitaires liés à l'armée -les Forces de soutien rapide (RSF)- sont déployés, se livrant selon des témoins à des exactions, y compris dans les hôpitaux. Les RSF sont considérées par beaucoup comme un avatar des milices Janjawid, accusées d'atrocités au Darfour (ouest).Depuis la dispersion, 118 personnes sont mortes et plus de 500 ont été blessées, selon des médecins proches de la contestation. Les autorités estiment à 61 le nombre de morts.Le 5 juin, les généraux se disent ouverts à des négociations « sans restriction », au lendemain d'appels de la communauté internationale à cesser les violences. Les chefs de la contestation rejettent la proposition de dialogue.Le 9 juin, une campagne de désobéissance civile est lancée pour accentuer la pression sur les militaires.Le 11 juin, la contestation annonce la fin du mouvement, après plus de trois jours de quasi-paralysie de la capitale. Un représentant de la médiation éthiopienne, initiée le 7 juin, déclare que le Conseil militaire et la contestation ont accepté de revenir prochainement à la table des négociations.Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne fermement la violence et appelle les militaires et le mouvement de contestation à œuvrer ensemble pour trouver une issue à la crise.Le 12 juin, la vie reprend timidement à Khartoum, où malgré la réouverture de certains magasins et le fonctionnement des transports publics, des habitants semblent préférer rester chez eux en raison du déploiement toujours massif de forces de sécurité, lourdement armées.Des experts de l'ONU demandent une enquête onusienne sur les violences.

Ahmat Zéïdane Bichara

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