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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Signée Ghiziane Kounda, cette information publiée depuis hier lundi 24 juin 2019 par la RTBF nous révèle que son entourage avait assuré qu’il n’y aurait aucun tabou et en effet, durant près d’une demi-heure d’entretien, le Président du Rwanda, Paul Kagame a accepté d’aborder tous les sujets, y compris les questions qui fâchent, comme celles des Droits de l’homme ou de la démocratie dans son pays. Cette année encore, Paul Kagame, également Président de la Communauté régionale de l’Afrique de l’Est, ancien Président de l’Union africaine, était l’invité d’honneur des Journées européennes du développement (13ème édition), les 18 et 19 juin 2019 à Bruxelles. C’est un grand forum annuel qui rassemble pendant deux jours les acteurs les plus importants du secteur du développement : experts, chefs d’État, personnalités influentes issues de 154 pays. Paul Kagame dirige le Rwanda depuis le génocide de 1994. Président depuis 2000, il est à son troisième mandat et suite à une réforme de la Constitution en 2015, théoriquement il peut rester au pouvoir jusqu’à 2034. Ce que conteste vivement l’opposition. Cette année encore, un groupe d’opposants issus de la diaspora rwandaise (la plateforme P5 composée de cinq partis politiques) manifestaient devant le bâtiment de Tour et Taxis, où se tenaient les Journées européennes de développement, pour réclamer le départ de Paul Kagame. «Nous constatons que l’Union européenne déroule le tapis rouge à Paul Kagame dans le cadre des journées européennes de développement », déplore Fidèle Kabera, un des leaders de la plateforme P5. «Or, c’est un dictateur ! Les opposants sont soit en prison, soit en exil, certains ont disparus, d’autres ont simplement été assassinés. Nous voulons un changement radical du pouvoir en place au Rwanda, que ce soit au niveau sécuritaire, au niveau des droits de l’Homme, ou économique... ». Et d’ajouter, à titre d’exemple que l’opposition est toujours sans nouvelles du premier vice-président des FDU-Inkingi depuis le 7 octobre 2018, alors qu’il était emprisonné au Rwanda. Interrogé sur ces disparitions et le manque d’alternance politique, Paul Kagame affirme ne pas vouloir y donner de crédits, le plus important pour lui étant les progrès réalisés au Rwanda suite au génocide de 1994. «Les personnes qui parlent de ça, qui oublient d’où nous venons et où nous en sommes, et qui n’écoutent que des histoires recyclées. S’il n’y avait pas de stabilité ou un espoir de stabilité, il n’y aurait pas eu ces progrès…! ».De plus selon le président rwandais, parmi les opposants, figurent des personnes qui cherchent à déstabiliser le pays. «Si vous examinez le passé criminel de ces membres de l’opposition», répond Paul Kagame un peu agacé, « leur passé est questionnable. Certains d’entre eux ont fui le pays après avoir commis des crimes, corruption, meurtres ou les pires crimes commis dans notre pays… Ils ont fui dans ces pays d’Europe. Ils font du bruit comme s’ils étaient des démocrates ou comme des gens qui défendent les droits humains. Alors que ce sont des criminels absolus ».

On peut reconnaître à Paul Kagame rapporte toujours la RTBF, qu’il a sorti son pays du chaos après le génocide de 1994, qu’il a mis en place un programme de réconciliation entre Hutus et Tutsis, qu’il a instauré la parité au parlement et qu’avec l’aide massive du FMI et de la Banque mondiale, il a redressé le pays sur le plan économique.Mais certains chercheurs belges, dont An Ansoms de l’UCLouvain, contestent les chiffres de l’Institut national de statistique Rwandais sur la pauvreté. En 2014, l’Institut annonçait que la pauvreté au Rwanda était en net recul, passant de 44,9 % en 2010 à 39,1% en 2014. Or la chercheuse a observé des poches de famine dans certaines régions du pays, consécutivement à la politique agricole. La révolution verte ayant laissé pour compte des milliers de petits producteurs. La Banque mondiale soutient la validité des chiffres présentés par l’Institut mais reconnaît, des «incohérences» qui mériteraient «des recherches supplémentaires».«Moi je dis que la vérité doit être vue sur place », affirme Paul Kagame. «Ce n’est pas même ce que je dis. C’est vous qui devez la voir si vous voulez la voir. Prenons l’exemple du budget de cette année 2019-2020. Nous avons fait en sorte de financer notre budget avec nos ressources propres à hauteur de 70%. Il y a longtemps, avant la guerre, quand le Rwanda allait bien, le financement était à hauteur de 15% ! ».Alors que le Rwanda et la RDC étaient en froid du temps de l’ancien président congolais, Joseph Kabila, notamment en raison des conflits dans l'Est de la RDC, il semblerait que les relations entre les deux pays se sont réchauffées depuis l’élection de Félix Tshisekedi en janvier 2019. Le 31 mai dernier, Paul Kagame a même assisté à la cérémonie d'hommage à Etienne Tshisekedi, père de l’actuel président et figure historique de l'opposition en RDC. «Nos relations se sont considérablement améliorées », confirme Paul Kagame. « Et ce n’est pas qu’avec le Rwanda. Avec d’autre pays environnants, y compris avec des pays d’Europe. Les relations entre la RDC et ces pays se sont améliorées considérablement. Cela a à voir avec les changements survenus en RDC ».

Pourtant en janvier dernier décrit enfin la RTBF, lorsque Félix Tshisekedi était proclamé vainqueur de l’élection présidentielle en RDC au détriment de Martin Fayulu, l’Union Africaine, dont le président n’était autre que Paul Kagame, avait émis des doutes sur la validité des résultats. Elle avait même demandé aux autorités congolaises de suspendre les résultats définitifs, avant de se raviser. « Je m’occupe des événements présents », répond Paul Kagame, « Je ne suis pas une personne qui se perd dans le passé. Même dans nos pays, nous avons eu des histoires tragiques mais nous refusons d’en être otages ».L’Europe et l’Afrique sont liées par plusieurs accords de coopération, dont celui de Cotonou (2000-2020). C’est un accord qui régit les relations politiques et économiques, entre l’Union Européenne et les 79 pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Son objectif est de réduire la pauvreté. Comment? En aidant les pays ACP à intégrer progressivement l'économie mondiale. Mais pour Paul Kagame, « Ce partenariat était déséquilibré. Il aurait pu être bien mieux, parce que toute la période a été caractérisée par le fait que l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique étaient les bénéficiaires d’une aide, tandis que l’Europe nous fournissait généreusement cette aide. Et c’est tout ! Il n’y avait rien qui ressemblait à un partenariat. Alors que c’est un partenariat ».Comme l’accord de Cotonou expire en février prochain, les partenaires sont en pleines négociations en vue d’un nouvel accord. De fait, le monde a bien changé en vingt ans. L’Afrique en particulier a de nouveaux arguments à défendre face à une Europe moins dominante. Avec un marché potentiel de plus d’1.2 milliards de personnes, le continent a désormais le choix entre plusieurs partenaires. La Chine, avec sa nouvelle route de la soie, vient d’annoncer un investissement de 60 milliards sur le continent. Il y a aussi les États-Unis, la Corée du Sud, la Turquie… Tandis que l’Europe ne fait pas le poids, notamment dans le domaine des technologies numériques. Les grandes lignes d’un nouvel accord devraient être présentées en octobre 2019.

Ahmat Zéïdane Bichara

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