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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Sur les réseaux sociaux circule depuis le mardi 07 mai 2019 un article du journal tchadien Le Pays avec comme titre : «Pour en finir avec le contentieux Banana-Sara », signé la Rédaction. Que peut-on en tirer comme éléments de réflexion pour nourrir la curiosité des lecteurs en quête d'information et d'analyse percutante? A priori, la Rédaction du journal Le Pays prétend donner une leçon de moral, certainement à l'ensemble des fils et filles de ce grand pays tiraillé entre locuteurs du Français hérité de la colonisation et ceux de l'arabe, produit d'un fait culturel et religieux : « Entre les deux communautés voisines qui constituent le sud du Tchad, il y a plus à gagner ensemble qu’à perdre. Et que nos différences deviennent des sujets de plaisanterie et non de division». L’ensemble de ces journalistes formant la Rédaction du journal Le Pays, a-t-il finalement eu raison? L’Extrait d’une conférence en juillet 2004 prononcée par Albert Jacquard semble être la réponse à la question posée juste ci-dessus : « Les hommes ont un défi majeur à relever, celui de savoir vivre ensemble. Le « surhomme » n'est pas celui qui est très fort ou très puissant. Le surhomme, c'est l'ensemble des hommes. Dès lors qu'ils coopèrent, s'allient, dès lors qu'il n'y a pas de compétition  entre eux, ils peuvent progresser, atteindre des performances supérieures. C'est pourquoi il faut organiser, encore et toujours, des rencontres entre les hommes. C'est la seule richesse » Et pour mieux comprendre le bien-fondé ou le sens de l’extrait de la conférence d'Albdert Jacquard, lisons ensemble le premier paragraphe de cet article du journal Le Pays : « L’actualité politique de ces dernières semaines a été marquée par la désignation d’un nouveau chef de file de l’opposition. Le président de l’Union pour la Démocratie et le Renouveau (Urd), Nialbé Felix Romadoungar est, selon un arrêt contesté de la Cour suprême, le nouveau chef de file de l’opposition en lieu et place de Saleh Kebzabo qui a eu beau rappeler que selon la loi, le chef de l’opposition est désigné pour la durée de la législature. Le débat s’est poursuivi sur le terrain politique où des observateurs ont rappelé à Kebzabo qu’il paye ce qu’il a fait en 1996 quand il a refusé de soutenir le défunt président de l’URD, Wadal Abdelkader Kamougué face à Déby au deuxième tour de la présidentielle. De là à exhumer le vieux contentieux entre le Mayo-Kebbi-Tandjilé et le groupe Sara, le pas a vite été franchi. Sur les réseaux sociaux, les noms d’oiseaux ont fusé sans que le débat ne se poursuive et se vide. Mais en fait, qu’est ce qui oppose ce que nous appellerons les banana à leurs frères Sara? De nos investigations, le contentieux date des années 1970, après le coup d’Etat contre Tombalbaye. Excédés par l’attitude d’un administrateur, les populations du Mayo-Kebbi se sont révoltées contre le pouvoir central. La publication d’un mémorandum revendicatif des populations du Mayo-Kebbi a entraîné des arrestations de leurs auteurs parmi lesquels un certain Nassour Guelengdouksia Ouaïddou. La suite, une adhésion massive des cadres du pays Banana aux forces armées du nord de Hissein Habré qui défiait déjà le régime de Malloum. De là, date le schisme qui est la conséquence, il faut l’admettre d’une immaturité politique. Les banana sont devenus alliés des nordistes contre les Sara qui venaient de totaliser une vingtaine d’années au pouvoir ».

Et pour enfoncer le clou avec le second paragraphe de l’article du journal Le Pays concernant «l’affaire Saleh Kebzabo» ou la division entre les ressortissants du Sud du Tchad sur la question  de la désignation du nouveau chef de file de l’opposition, Jacques Salomé eut tiré en 2002 une remarque de bon sens : «Vivre ensemble, c'est tenter d'inventer un avenir commun avec des rêves si différents qu'ils vont parfois se blesser ». Ainsi la lecture de la suite de l’article du journal Le Pays nous aidera à bien saisir le fond de la pensée de son auteur qui n'est d'autre que Jacques Salomé : «Est-ce que la même logique a prévalu en 1996 au lendemain du premier tour de la présidentielle ? C’est ce que pensent de nombreux analystes. Non nous dit un témoin de la réunion entre les candidats opposés à Déby qui estime sur le tard qu’en fait» Kamougué et Kebzabo avaient tort ». Le premier pour avoir refusé de suivre la majorité qui demandait le boycott du second tour et le second pour s’être jeté dans les bras de l’ennemi commun. Ce qui n’a fait qu’accentuer la méfiance entre les deux communautés voisines qui constituent à elles deux l’essentiel de l’électorat du pays. « Le diviser pour mieux régner » s’est poursuivi produisant une version hideuse de l’histoire quand dans les facultés, les consignes de votes étaient données sur des bases tribales et régionalistes. A quelle fin ? Où cela a-t-il mené? Sinon consolider un système politique qui prétextait combattre l’injustice sociale mais qui s’avère être la plus grosse escroquerie de l’histoire de la nation tchadienne. Il est grand temps d’en finir avec cet antagonisme qui n’a été que mortifère pour tous et œuvrer à la construction d’une nation. Entre les deux communautés voisines qui constituent le sud du Tchad, il y’a plus à gagner ensemble qu’à perdre. Et que nos différences deviennent des sujets de plaisanterie et non de division ». Au sujet du vivre ensemble, le défunt président Sud-Africain Nelson Mandela ne disait-il pas que : «J’ai adopté pour idéal une société démocratique et libre où tout le monde vivrait ensemble dans la paix et avec des chances égales. J’espère vivre pour la conquérir, mais c’est aussi un idéal pour lequel je suis prêt, s’il le faut à mourir ».

Ahmat Zéïdane Bichara

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Avocksouma Djona A 10/05/2019 11:42

L'affirmation selon laquelle Saleh Kebzabo paie actuellement pour l'acte qu'il aurait posé en 1996 en ne votant pas pour Wadal Abdelkader Kamougué est totalement anachronique puisque cela n'a rien à voir avec un tel événement. L'acte en question avait bénéficié à Idriss Déby, or la décision de déchoir Saleh Kebzabo de son titre de chef de l'opposition comme celle d'empêcher que le congrès de l'UNDR se tienne à Mongo sont les faits du seul MPS, c'est-à-dire de Mr Déby.

Et personne n'a daigné analyser les raisons pour lesquelles le chef de l'URD est devenu le "chef de l'opposition": décès d'un député et félonie d'un autre. Que gagne le chef de l'URD à être chef de l'opposition? Pour faire quoi exactement? Doit-il remercier ceux qui ont manigancé la déchéance de Saleh Kebzabo? Dans quel but. URD est-elle devenu l'appendice du MPS? Comme Viva? Quelle sera la conséquence principale d'une telle forfaiture pour la vraie opposition? Et quelle conséquence pour l'UNDR? A mon avis, négligeable et minable. L'UNDR ne vit pas parce que son leader est le chef de l'opposition.

Et tout ça, qu'est-ce cela a à voir avec l'événément de 1996. C'est comme si on observait une chose et on concluait sur une autre. En biostatistique, on appelle ça "erreur de premier type".. Autre chose, après sa "défaite" de 1996, le Général Kamougué a pourtant bien prospéré avec le régime qui l'avait défait en acceptant le poste de Président de l'Assemblée Nationale. Où est la logique dans tout ça? La véritable question qui était intéressante à savoir est la suivante: existait-il entre l'UNDR et l'URD un accord de réciprocité de soutenir au second tour? Qu'est-ce qui se serait passé si c'était Kamougué qui devait soutenir ou non Saleh Kamougué s'il était au second tour? En politique, tout est une question de calcul ou d'alliance.

Enfin, le débat aurait été plus intéressant s'il portait sur le futur au lieu de pinailler sur ce qui s'est passé il y a plus de 23 ans.