Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le président de la CSDT et Porte-parole adjoint de la Coalition des partis politiques pour la défense de la constitution (CPDC) s’est interrogé lors d’une conférence de presse organisée le lundi 20 mai 2019 à N’Djamena. Le seul sujet abordé concerne la question des futures élections législatives dans ce pays d’Afrique francophone qu’est le Tchad. En effet, comme eut constaté Georges Clemenceau : « Une dictature est un pays dans lequel on n’a pas besoin de passer toute une nuit devant son poste pour apprendre le résultat des élections».

C’est bien dit, mais s’agissant du Tchad, les partis politiques se battent encore pour que les élections libres se passent dans un délai raisonnable. Ne parlons même pas de la manière où elles seront organisées. Ce n’est pas encore le moment. Dieu, seul sait ! Pour l’instant contentons simplement du propos liminaire prononcé par monsieur Poddi Djimé Bichara de la CPDC :« Avant d’aborder le sujet de notre rencontre, je vous adresse tous mes remerciements pour votre disponibilité. La conférence de presse à laquelle vous êtes conviés ce jour est essentiellement consacrée à la gestion chaotique du processus électoral par le MPS. Il y a quelques jours, nous avons assisté à un show médiatique organisé par le Président du CNDP monté sur ses chevaux pour claironner, sans vraiment y croire, que 2019 est une année électorale. Il n’a donné aucune précision quant à la nature des élections qui seront organisées, pas plus que sur la date des scrutins. Le Président français Emmanuel Macron avait annoncé des élections au mois de mai 2019 ; nous y sommes déjà. Le Président Idriss Déby avait rectifié parlant de la fin du premier semestre 2019. Nous y serons dans quelques semaines. Qui croire ? Des élections en 2019, il est difficile de s’en convaincre, d’autant plus que la conduite unilatéraliste du processus par le pouvoir MPS trahit une volonté d’empêcher ou à tout le moins de retarder l’organisation des élections législatives et municipales ».

 

«Toute dispute est stérile », selon la citation d’Anatole France  en 1890 et pourtant, c’est  ce que l’opposition avait offert  sous forme d’un cadeau au peuple tchadien lors d’un forum gouvernemental ayant eu lieu il y a de cela quelques mois.

D’ailleurs le Porte-parole adjoint de la CPDC n’a pas oublié de le mentionner tout gaillardement: «Rappelez-vous la mise en place rocambolesque du CNDP au lendemain du forum gouvernemental. La dispute autour du gâteau était telle, au sein d’une certaine opposition, que le Président Déby a dû venir à la rescousse pour imposer une liste des membres entièrement à sa dévotion. Officine de toutes les manœuvres plus sordides les unes que les autres, théâtre de la corruption, des intimidations et menaces en tous genres, le CNDP est incontestablement devenu le principal obstacle à l’organisation des élections au Tchad. Les actes émanant de ce cadre faussement paritaire sont posés en détricotage de tous les consensus laborieusement établis par l’Accord politique du 13 août 2007.Il en est ainsi de la désignation des membres de la CENI par le décret 216 où la répartition des sièges de la composante opposition a été effectuée d’autorité par le pouvoir, en violation flagrante de la loi n°030/PR/2018 du 30 novembre 2018 portant création d’une Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et de l’ordonnance n°40/PR/2018 du 31 août 2018 portant statut de l’opposition démocratique. Ainsi, certains partis politiques légalement éligibles sont écartés- c’est le cas de l’ensemble des partis politiques membres de la CPDC - alors que d’autres qui ne remplissent pas les critères sont retenus. L’opposition démocratique, dans son écrasante majorité, a exigé l’annulation du décret 216 et composé une nouvelle liste des membres en conformité avec les lois. Il est avéré que des instructions prenant en compte les exigences de l’opposition démocratique ont été données par le Cabinet du Président de la République au Président du CNDP qui les a purement et simplement ignorées ».

 

C’est la partie de la conférence de presse de la CPDC qui interpelle le plus : « Des questions taraudent les esprits : à quoi joue-t-on ? Y-a-t-il encore un Etat au Tchad ? Le navire-Tchad a-t-il encore un capitaine à bord ?C’est avec raison qu’on se pose ces questions si l’on ajoute que dans une lettre datée du 7 mars 2019, le Cabinet civil de la Présidence de la République écrivait, en réponse à un mémorandum de la CPDC, je cite :  «Monsieur le Porte-parole Adjoint de la CPDC, sur l’objet de cette préoccupation commune, le Président de la République, Chef de l’Etat, garant des Institutions, nous instruit pour vous dire que l’idée suggérée est bonne en soi, et que le dialogue est toujours nécessaire pour que nous parvenions à organiser des élections apaisées, crédibles et transparentes » fin de citation. Dans son mémorandum, la CPDC avait proposé l’organisation d’une table-ronde sur les élections. On en est aujourd’hui très loin. Tous les actes qui jalonnent le processus électoral en cours s’inscrivent dans un registre diamétralement opposé :Qu’il s’agisse de la nomination unilatérale des responsables du Bureau Permanent des Élections (BPE) placé d’autorité sous la tutelle du Ministère de l’Administration du Territoire ;qu’il s’agisse de la nomination d’un Chef de l’opposition démocratique par une décision de la Cour suprême, en violation de l’article 8 de l’ordonnance 40 portant statut de l’opposition ;qu’il s’agisse du découpage territorial inique où des circonscriptions de moins de 2000 habitants seront dotées du même nombre de sièges à l’Assemblée Nationale que des circonscriptions comptant plus de 80 000 habitants ;qu’il s’agisse de la Charte des partis politiques établie en violation de la Constitution qui consacre le pluralisme politique ; ou qu’il s’agisse du projet de Code électoral qui vide la biométrie de sa substance. Rien de tout cela ne laisse présager l’organisation des élections apaisées, transparentes et crédibles. Des scrutins organisés sur cette base seraient les pires jamais servis au Tchad. Les démocrates tchadiens ont l’impérieux devoir de s’opposer à cette forfaiture, de la condamner pour exiger des élections libres, justes, démocratiques et crédibles, prenant en compte les enjeux de paix et de stabilité. A ce titre, la CPDC exhorte tous les partenaires à œuvrer en faveur d’un processus électoral inclusif et transparent au Tchad. Elle lance un appel à la France, à l’Allemagne, aux Etats-Unis d’Amérique, à la Suisse, au Japon, à l’Afrique du Sud, au Nigeria, à l’Union européenne, aux Nations-Unies et à l’Organisation Internationale de la Francophonie et leur demande de faire preuve de fermeté, en contrepartie de leurs contributions techniques et financières, en vue d’obtenir l’organisation au Tchad d’élections législatives et municipales régulières. Tel est le vœu ardent des Tchadiens épris de paix et de justice ».

Moussa T. Yowanga/Ahmat Z. Bichara

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Avocksouma Djona A 24/05/2019 10:39

Que de pertinentes questions soulevées par Monsieur Poddi Djimé Bichara de la CPDC. mais je vois qu'il n'y a pas de réactions de la part des internautes, moins encore des politiques.Et pourtant, ces questions concernent l'avenir politique de notre pays. Lorsque des promesses sont faites et qu'elles ne sont pas réalisées, il est normal que l'on s'interroge et même qu'on s'inquiète. Vu de loin, il n'y a même pas à se poser des questions sur l'issue des élections futures si jamais elles auront lieu. pourquoi voulez-vous que le MPS qui contrôle déjà tout accepte de renouveler le bureau de l'Assemblée Nationale qui lui est totalement acquise? J'ai noté au passage que Mr Macron aurait promis les élections pour le mois de Mai, je ne sais pas à quel titre titre, mais que vaut sa parole aujourd'hui. Quant aux promesses de très hautes autorités nationales, on sait désormais ce qu'elles valent. Mes questions sont les suivantes: 1) que craint le MPS pour ne pas organiser les élections?; 2) Que peut bien attendre une opposition divisée, manipulée et affaiblie quant aux issues de ces élections dont on connaît déjà les résultats finaux?; 3) qu'attendre des puissances étrangères qui roulent déjà depuis belle lurette carosse pour le pouvoir actuel?; 5) Quelles conséquences prévisibles du statu quo actuel pour l'avenir politique du Tchad?

En tant que militant de base de l'opposition, il me semble que tout est parfaitement organisé dans notre pays pour que rien ne change. Que ceux et celles qui espèrent un changement dans notre pays le prennent pour dit. Et ce n'est pas le désespoir inerte qui fera bouger la machine à broyer. Les chiens peuvent continuer d'aboyer, mais la caravane passera toujours.