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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

 

«Les rêves nous figurent la vie à venir », considère Pierre-Claude-Victoire Boiste, dictionnaire universel (1800). Exactement, c’est ce que pense aussi monsieur Djoret, l’auteur de cette analyse pertinente sur la prise de conscience des jeunes Tchadiens à l’exemple de sa compatriote Zenab Orti. En titrant donc son intervention que l’on retrouve à travers les réseaux sociaux depuis hier lundi 06 mai 2019: «Le Tchad nouveau de nos rêves ne se réalisera pas sans rupture »,monsieur Djoret cherche  à susciter des débats riches et contradictoires autour des sujets politiques dans un contexte confus. Dans beaucoup de cas, monsieur Djoret semble avoir raison en estimant que le changement tant réclamé par beaucoup de Tchadiens ne se ferait pas en toute douceur, dans un pays tenu depuis plus de 29 ans d’une main de fer par un régime autoritaire aux actions désastreuses. Comme eut déclaré le défunt président français François Mitterrand  : « Un dictateur n’a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi ». Qui relèverait le défi au Tchad face au président dictateur Idriss Deby Itno ? La question reste pour le moment sans une réponse assez convaincante. En effet, rien qu’en lisant l’analyse de Djoret, on saisit précipitamment la souffrance du peuple tchadien face à un régime monstrueux qui  étouffent sévèrement ses libertés fondamentales. Pour l’auteur de cette analyse : « Il y a clairement aujourd’hui inversion des valeurs au Tchad. Celui qui cherche l’unité entre les Tchadiens est perçu comme proche du pouvoir. Celui qui combat l’injustice est une peste qu’il ne faut pas approcher de crainte d’avoir des problèmes. Celui qui travaille honnêtement, qui ne vole pas les deniers publics est un bête qui mourra pauvre. Celui qui s’investit à son travail, avec détermination, avec joie, sans voler du temps à l’administration est perçue comme un rêveur, qui croit pouvoir changer quelque chose. Le jeune qui rêve haut est trop ambitieux et l’ambitieux meurt tôt. L’enfant qui aime la justice doit être recadré, le travailleur social est perçu, non pas comme un engagé social, mais comme un chômeur en attente d’espérance. L’homme qui cherche à respecter les principes religieux est un attardé. A l’exemple de notre sœur Zenab Orti, l’activiste des droits humains est un suicidaire et non pas un homme au grand cœur...Au contraire, le ministre d’une République en banqueroute est le signe de la réussite dans la jonglerie. Celui qui détourne les deniers publics est entouré de courtisans. Le traitre est toléré. Le bon technicien doit être celui qui est le plus docile, qui cherche à arranger la situation au profit du régime et non pas celui qui exprime clairement son opinion à son chef. Celui qui, avec de l’argent volé, s’en va faire un pèlerinage dans les lieux saints, qui fait des offrandes qu’il n’aurait jamais faites avec de l’argent propre est le grand homme, même dans le milieu religieux. Pour être quelqu’un, pour être accepté, il ne faut pas aller à l’encontre de la houle…La construction d’une nouvelle espérance, d’un Tchad Nouveau, aura pour principal défi d’inverser cette tendance, de rétablir les valeurs fondamentales de la société Tchadienne. Que l’on ne se trompe pas, rétablir les valeurs qui fondent notre société, qui font que toute société progresse, est déjà aujourd’hui, le principal défi à relever. Il ne s’agit pas d’un combat qui doit attendre un nouveau leadership à la tête du pays ».

«Celui qui peut régner sur la rue régnera un jour sur l’Etat, car toute forme de pouvoir politique et de dictature a ses racines dans la rue », eut lancé Joseph Goebbels, cet homme d’Etat allemand (1897-1945). Ceci résume pratiquement  le point de vue de monsieur Djoret, lui qui semble persuadé que : « Ce combat contre l’inertie au sein des cellules familiales, au sein du cercle d’amitié, etc., beaucoup de Tchadiens déjà Debout en ont pris conscience et en sont sortis vainqueurs. Mais si l’on veut l’élargissement du cercle, la naissance de nombreux autres Tchadiens nouveaux, il importe de prendre conscience de tous ses enjeux. Car si, le Tchadien Nouveau devra naitre d’une certaine déchirure, contre lui-même, contre sa cellule familiale, contre son cercle d’amitié, il convient également de bien prendre conscience que le Tchadien Nouveau ne peut vivre seul. Il lui faudra se reconstituer son cercle d’amitié, faire l’effort de reconcevoir et d’élargir la fraternité. Mais, le Tchadien Nouveau est d’abord un homme de paix. La réalité sociologique nous impose de comprendre que le cercle familial reste un creuset important pour l’épanouissement, pour l’équilibre de l’individu : le premier combat du Tchadien Nouveau sera, après avoir pris conscience de son être social, d’amener sa famille à se transformer, à accepter les valeurs qu’elle-même transmet aux enfants : les valeurs de courage, d’honnêteté, de solidarité, etc. Il faudra faire de sa famille son premier allié. Ce combat, il faudra le gagner, au risque de laisser se perpétuer certains « principes » qui guident aujourd’hui la société tchadienne : tribalisme, népotisme, favoritisme, etc. Il faudra gagner ce combat avec la famille, sans cela, le Tchadien Nouveau ne peut être un homme complet. Le leadership dont le Tchadien Nouveau doit faire montre dès maintenant, c’est déjà donc de prendre conscience de l’impérieuse nécessité de transformer son cercle familial, son milieu. Comment faire autrement si l’on veut impacter toute la société ? Comme sur ce monument de la renaissance africaine, l’enfant doit montrer le chemin, il doit fixer le cap; devoir est à sa famille de le propulser, de l’accompagner vers le cap que l’enfant s’est librement fixé. C’est en cela seulement que l’on peut comprendre le dicton : « la jeunesse est le fer de lance de la nation ».Parents, portez vos enfants, afin qu’ils réalisent ce qu’ils ont comme valeur. Donnez-leur l’énergie dont ils ont besoin pour concrétiser les valeurs d’humanisme qui sont en eux. Donnez-leur la possibilité de guider la société vers le chemin, vers les horizons qu’ils se donnent eux-mêmes. Ne les tirez pas vers le bas, vers vos bassesses. Force à tous ceux qui, pour combattre le combat du peuple, sont obligés d’affronter leur milieu. C’est vous, les héros. Restez le fer de lance de la nation tchadienne naissante! »

Comme le disait à juste titre le défunt président français François Mitterrand : « Le courage consiste à dominer sa peur, non pas à ne pas avoir peur». Il a effectivement raison, car nombreux de ceux-là qui tentent de relever le défi, pensent qu’ils n’ont pas peur, lorsqu’ils s’engagent à affronter une force plus supérieure que la leur. La peur est bien présente partout, que l’on cherche à relever un défi quelconque ou que l’on  y renonce! La solution à toutes ses difficultés, est simplement l’action ou des actions politiques utiles et fortes. Selon toujours François Mitterrand : «L’action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l’incertitude ». Ceci est bien vrai, voilà pourquoi monsieur Djoret en tant qu'analyste politique au regard de sa brillante analyse, sur la situation politique de son pays croit fermement que : « Ce défi doit s’imposer dès la base, lorsqu’il s’agira de refonder les bases de la République, lorsqu’il s’agira de réinventer les institutions et de les rendre fortes. Car le premier pas concret vers un Tchad Nouveau devra passer par la refondation de la République sur de nouvelles bases, une République qui donne un sens nouveau à la nation, à la laïcité, à la forme de l’État, aux valeurs qui fondent la famille, au rôle de nos Autorités traditionnelles, à l’équité intergénérationnelle, etc. Et ceci, sans compromis, ni compromission de toute sorte. Le Tchad Nouveau refondé doit déjà être le produit de Tchadiens Nouveaux. Nous reviendrons, à l’occasion d’autres réflexions, sur chacun de ces aspects. Mais que l’on ne s’y trompe point en effet : le Tchadien Nouveau qui fondera le Tchad Nouveau devra avoir pris pleine conscience de l’inversion des valeurs qui caractérise aujourd’hui la société tchadienne. Il devra avoir pris position contre cette inversion des valeurs ; il aura construit la chaine de solidarité nécessaire pour lui donner la force de tenir et de poursuivre l’indispensable chemin qui permet à l’homme, non pas d’exister en tant larve qui se meut en attendant de périr, mais en tant qu’être qui doit vivre, c’est-à-dire impacter sa société. Le passage vers un Tchadien Nouveau suppose une véritable mutation. Mais comme toute mutation, cela se fera dans la douleur, ne nous y trompons pas. Il suppose une renaissance individuelle. Bien plus: elle suppose un effort conscient de se séparer des « valeurs » d’aujourd’hui. Et alors, le Tchadien-nouveau naitra dans la douleur, car cette renaissance supposera affrontements au sein de la cellule familiale d’abord. Il s’agira d’imposer aux pères, aux mères, aux frères, l’inéluctable vérité qui est que les valeurs de justice, d’honnêteté, de probité, d’impartialité, de courage, etc. transmises de génération en génération doivent être vivaces, devenir concrètes et non pas être mise entre parenthèse à cause d’une certaine exception tchadienne, d’une certaine réalité qui n’est, somme toute que relative, relative parce que temporaire. Il faudra mener ce combat contre les amis, contre les collègues de travail qui s’inquièteront de ce que le Tchadien Nouveau prenne ses responsabilités d’humain dans une société en décadence, qui s’inquièteront des « risques démesurés » que le Tchadien Nouveau prend. Car, être humain, ce n’est pas être autre chose que de prôner les valeurs d’humanismes qui ne vise autre chose que le plein épanouissement de la personne humaine et au respect de sa dignité. Il faudra déjà, au-delà de tout, faire accepter le sens du sacrifice… » « Il faudra déjà, au-delà de tout, faire accepter le sens du sacrifice », c’est l’une de ses phrases les plus fortes. Et qui fait écho fort justement à la citation d'Aneurin Bevan : «Dans le monde d’aujourd’hui, ce n’est pas le corps des hommes, mais leur esprit qui est l’enjeu de la lutte politique ».En d'autres termes, c'est l'exercice auquel vient de se livrer Djoret, mettant au service de son peuple à l'aide de sa plume pour qu'un jour sait-on jamais, cette détermination fasse tomber le régime honni d’Idriss Deby Itno, viscéralement allergique au changement qui est en train de se faire progressivement dans la rue grâce aux Tchadiens engagés comme Djoret et Zenab Orti.

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