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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

« Les paroles s’envolent, les écrits restent », croit le proverbe français. Ceci est bien vrai. En effet, datant de lundi 27 mai 2019, c’est-à-dire à quatre jours de la fin de ce mois, cette déclaration du groupe parlementaire du Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain(MLPC) à l’occasion de l’interpellation du gouvernement sur les massacres des populations à Paoua et Batangafo, est encore d’actualité. Son contenu ne décrit pas seulement une situation malheureuse ayant eut lieu il ya de cela plus de deux semaines, mais beaucoup des vérités dites ci et là projettent les lecteurs dans le futur de ce pays, dont beaucoup de personnes pauvres sans aucune protection ne savent plus à quel saint se vouer et de quoi serait constitué leur avenir ? On peut provisoirement admettre comme pense ce proverbe malgache que : « le passé appartient aux ancêtres, l’avenir appartient à Dieu, seul le présent t’appartient ».Mais, c’est difficile de retenir son souffle ou de l’avoir assez fixe  lorsqu’on vit dans un pays où plus rien ne vous garanti la stabilité comme c’est le cas de la République centrafricaine où d'après la description de ces événements malheureux au fond criminel par les représentants du groupe parlementaire MLPC, la situation politique dans cette partie centrale du continent africain, reste dangereuse et surtout incertaine :«Honorable Nobona Clément, Député de Kabo, Honorable Président de l’Assemblée Nationale,Excellence Mr le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,Mesdames Messieurs les membres du gouvernement, Distingués invités,Honorables Députés chers collègues,Au moment où je prends la parole au nom de mon Groupe Parlementaire MLPC, je voudrais avant tout, exprimer ma vive compassion aux familles endeuillées de la République centrafricaine en général, et celles de Zangba, Satéma, Bohong , Lemouna et Koundjili dans la Sous-préfecture de Paoua en particulier, durement éprouvées ces derniers jours.J’associe à ces vœux de compassion, l’Inspecteur du Fondamental 1 Chef de Secteur scolaire de Kabo, qui a été froidement assassiné par des inconnus en armes sur l’axe Bossangoa-Batangafo, alors qu’il revenait d’une mission de formation à Bossangoa. De même, j’exprime mon indignation et je partage tout le dégoût du peuple centrafricain, face à ce déluge de tueries aveugles qui n’est rien d’autre qu’un génocide planifié et perpétré par des bandits sans foi ni loi du groupe armé des 3R du sinistre SIDIKI. Ce qui s’est passé à Zangba, Satéma, Batangafo, Bohong et enfin Paoua est édifiant. Les crimes les plus odieux y ont été perpétrés par des chefs des groupes armés qui ont tous la caractéristique d’être des étrangers se comportant en terroristes. Par conséquent ils doivent être traités comme tels. Comment accepter que les paisibles populations, rendues vulnérables par la misère, soient crapuleusement massacrées du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest comme des moucherons par des insensés venus on ne sait d’où et qui se font appeler pompeusement : « Groupes armés » ?C’est quoi « Groupes armés »?Qu’est-ce que le peuple Centrafricain a- t-il fait de si mauvais, pour mériter ce châtiment de Sodome et Gomorrhe, digne des peuples infidèles aux commandements de Dieu ? » 

Comme eut déclaré Bertrand Russell :« Les experts auront beau se mettre tous d’accord ,ils peuvent se tromper ».En lisant le second paragraphe de l’interpellation du gouvernement sur les massacres des populations à Paoua et Batangafo par le groupe parlementaire du MLPC,on voit bien facilement apparaître cette incrédulité ou une perte totale de confiance  sur les résultats de ses accords de Khartoum,le Soudan voisin.Où va la Centrafrique ?Toutefois, suivez de vous-mêmes ce qu’ils croient :«Honorable Président de l’Assemblée Nationale, Chers collègues, Monsieur le premier ministre, L’Accord de Khartoum ne doit pas être une simple chimère. Il ne doit pas rester un parchemin de plus, un accord de plus. L’Accord de Khartoum doit être entièrement mis en œuvre dans toutes ses dispositions, notamment ses points relatifs à la réactivité des mécanismes de suivi et surtout aux sanctions.Ce qui vient de se passer en moins d’un mois, en matière de crimes de masse, pousse notre peuple à se demander si l’Accord de Khartoum n’a servi que d’ascenseur social à des professionnels de la guerre, et que sa contrepartie attendue qui est la dissolution des groupes armés, la levée des barrières dans les zones occupées, la libre circulation des personnes et de biens, et surtout le redéploiement de l’administration et des FACA était repoussée aux calendes grecques.Honorable Président et Chers Collègues. Monsieur le Premier ministre,Notre peuple s’interroge, et nous interroge aussi nous, élus du peuple. Il nous demande si notre Etat existe encore. Il se demande avec insistance si l’objectif visé par les groupes armés réfractaires à l’application de toutes dispositions de l’accord n’est pas de jouer la montre, comme on dit dans les matchs de football, afin de tuer l’Etat centrafricain à petit feu ? Si nous avons cette même vision, vous comprendrez l’exigence actuelle de notre peuple qui demande que nos gouvernants prennent toute leur responsabilité pour le protéger et pour ramener la paix, rien qu’à la paix.Notre peuple, disais-je, ne s’interroge ? Il nous interpelle dans la rue, dans nos circonscriptions, dans les médias, sur les réseaux sociaux. Il nous demande pourquoi perdre tant d’années de négociation avec les terroristes pour arriver aux résultats qui sont ces massacres sauvages partout dans les quatre coins du pays ? Il nous demande pourquoi mobiliser chaque fois les centrafricains autour des tables de négociation avec des gens qui ont déjà arrêté leur logique avec un agenda caché? »

« Nous devons leur apporter des réponses concrètes, Monsieur le Premier ministre ».Apparemment le prénom personnel invariable «leur »utilisé dans cette phrase porte ici, l’image des populations centrafricaines, manquant de tout, même des réponses concrètes. Disons simplement, elles manquent la vérité sur les raisons fondamentales de ces accords politiques de Khartoum entre le gouvernement central et les groupes armés. Comme eut constaté Jacques Salomé dans son œuvre « T’es toi quand tu parles paru en 1991 » : « la demande la plus répandue au monde est celle d’une écoute, pas celle d’une réponse ». Est-ce que, c’est ce que veut le peuple centrafricain ou le contraire ? Que disent les représentants du groupe parlementaire du MLPC dans le troisième paragraphe de leur intervention sur les accords  de paix de Khartoum au Soudan : « L’Accord de Khartoum a été cosigné par des garants et des facilitateurs qui ont individuellement et collectivement les capacités politiques et militaires pour faire respecter aux groupes armés signataires de cet Accord leurs engagements, tous leurs engagements et dans les délais. C’est pour cela que nous avons tous dit que cet Accord est différent des précédents. Mais si par malheur les provocations des groupes armés de ces derniers temps devaient rester sans réponse forte et robuste, nous pourrions alors dire adieu à l’Accord de Khartoum. Si les garants ne font pas jouer les sanctions de tout type, y compris militaires, d’autres massacres suivront inéluctablement, car il n’y a jamais deux sans trois, et comme le dit l’adage « qui a bu boira ». Les groupes armés après chaque massacre se contenteront de dénégations ou livreront de pauvres lampistes, et nous risquerions d’arriver ainsi à une mort clinique de l’Accord. Plus grave encore pour les élus du peuple que nous sommes, nous aurions assisté à la mort de tous les espoirs du peuple centrafricain dans cet Accord et à son droit à la paix et à la vie.Honorable Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur le Premier Ministre, chers collègues, Il est temps d’agir, et vite. La République centrafricaine a signé des accords militaires avec beaucoup de pays. Nous les avons votés ici même. Même si notre pays est frappé d’embargo militaire, tous nos pays amis le sont-ils aussi ? Pourquoi des pays amis avec qui nous avons signé des accords militaires ne viennent-ils pas à notre secours, alors qu’ils savent que l’arsenal militaire détenu par les groupes armés est largement supérieur à celui de notre pays qui est sous embargo ? Nous avons vu récemment la France, pays ami qui est lié à la RCA par un accord de défense, intervenir militairement au Tchad qui a été agressé en interne, pourquoi cette dernière ne vient-elle pas au secours de la RCA ?Monsieur le Premier Ministre,Devant ces interrogations, le Groupe parlementaire MLPC vous invite à réfléchir à la démarche stratégique qui permettra de convaincre notre peuple, et aussi notre représentation nationale que les massacres perpétrés à Bohong, à Paoua et à Batangafo, après ceux de Zangba et de Satéma, entraînant la mort gratuite des braves filles et fils du pays, ne se reproduira plus. Lorsque ces violences graves ont été perpétrées contre la population civile, le peuple s’attendait à une riposte exemplaire et immédiate comme vous l’avez fait sur les éléments du FDPC d’Abdoulaye Miskine sur l’axe Béléko ».

«Sans hypocrisie et sans complaisance, je dois vous parler en tant qu’allié sincère, Monsieur le Premier Ministre, c’est notre peuple tout entier qui pleure et qui s’interroge sur la pertinence des actions du gouvernement en matière de sécurité, au vu des résultats ».C’est l’une des phrases les plus fortes de la déclaration du groupe parlementaire du Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain(MLPC).Et ils ajoutent en estimant :« qu’au lieu de cela, nous n’avons eu droit qu’à un communiqué laconique de compassion et à un ultimatum. Monsieur le Premier Ministre, Il fallait aller au-delà, et il faut aller au-delà, car la simple condamnation d’usage ne calmera pas les esprits du peuple meurtri. Lorsque celui-ci se lèvera un jour pour se défendre, il ne s’arrêtera pas en chemin, ne connaitra plus de peur, bravera le danger, il aura un idéal, celui de ne plus se laisser abattre comme un bétail à l’abattoir. Le MLPC, membre de la majorité présidentielle et parlementaire ne peut demeurer insensible à ces interrogations de plus en plus insistantes de nos compatriotes dans toutes leurs composantes, face aux multiples dérives et exactions des groupes armés que , pour les besoins de la paix et dans le cadre de l’Accord, vous avez été obligés de considérer comme des partenaires pour la paix. Le MLPC veut avoir des réponses afin de rendre compte, car nous avons aussi des explications à donner, des comptes à rendre à nos militants en particulier et au peuple centrafricain en général. Monsieur le Premier Ministre, aidez-nous à vous aider dans votre gestion des affaires de l’Etat. Honorable Président de l’Assemblée Nationale, chers collègues Députés, Avant d’ouvrir le feu sur nos compatriotes lors des massacres de Lémouna et Koundjili à Paoua , le chef du commando a tenu des propos traduisant une haine communautariste, qu’il se chargeait d’assouvir en tuant des innocents. Et il a prévenu que d’autres suivront parce qu’ils ont maintenant le « commandement ». De tels discours, hélas, démontrent une autre face de notre crise, que d’aucuns veulent absolument confessionnalisme, pour en tirer des subsides divers et variés, ici et ailleurs ».

N’a-t-il pas été dit dans Mathieu 7-7 de la Sainte Bible : « Demandez, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui frappe ».Ne trouvez-vous pas assez étonnant le dernier paragraphe de la déclaration politique du groupe parlementaire MLPC à l’occasion de l’interpellation du gouvernement sur les massacres des populations à Paoua et Batangafo? On sent à travers les écrits du groupe parlementaire du MLPC une perte totale de l'espoir  ou l'intervention divine à ramener la paix dans ce beau pays où normalement les fidèles catholiques sont majoritaires: « Dieu ne descendra jamais sur la RCA pour nous libérer de ces apprentis terroristes et djihadistes en herbe, dont certains sont venus de très loin pour manipuler nos compatriotes, occuper notre territoire, et créer des divisions factices. Aussi, mettons-nous dans la tête que la communauté internationale ne fera que nous accompagner, et qu’il nous revient à nous centrafricains de restaurer la paix et la sécurité dans notre pays. Pourquoi en Afrique de l’ouest, en Afrique du nord, les terroristes sont-ils traqués mais pas en Centrafrique ? Pourquoi deux poids deux mesures ? Ce sont ces mêmes terroristes et djihadistes en herbe chassés par différentes opérations anti terroristes dans d’autres pays, qui se retrouvent en RCA pour semer la désolation parmi les paisibles populations qui n’aspirent qu’à la quiétude. Non, la RCA ne doit pas être l’espace de retranchement des terroristes sous l’appellation de « groupes armés » pour piller les richesses de notre pays tout en massacrant les centrafricains. Quelle différence existe-t-il entre le mode opératoire de tueries pratiqué par les groupes terroristes et celui des groupes armés par rapport aux événements de Paoua, Bambari, Alindao ou encore de Zangba où des bébés, des enfants, des vieillards, des femmes et des handicapés qui ne pouvaient fuir, sont purement et simplement égorgés ou brûlés vifs? Honorable Président de l’Assemblée Nationale, Chers collègues, mon cœur saigne. Ne nous ne laissons pas nous distraire car notre pays est menacé dans son existence même, et ne soyons plus naïfs car seule notre mobilisation sauvera notre pays. Monsieur le Premier Ministre, prouvez-nous que vous êtes à la hauteur de votre noble et délicate responsabilité. Donnez-nous des réponses concrètes, donnez-nous des raisons d’espérer à un retour rapide sur les rails de l’Accord de Khartoum. Votre mission est délicate, nous le savons. Mais si votre vision stratégique ainsi que la démarche qui est en découlent sont bonnes et produisent des résultats concrets sur le chemin de la paix et de la restauration de notre Etat, le peuple centrafricain vous en sera reconnaissant. Dans ces cas, vous pourrez toujours compter sur notre soutien, car le MLPC est né dans la lutte pour la restauration de la République, et nous sommes convaincus que dans les circonstances actuelles de notre pays, la lutte pour la libération du peuple centrafricain redevient un impératif catégorique. A vous d’exercer un leadership éclairé et lucide, et que vos mains ne tremblent point lorsqu’il s’agit de prendre des décisions difficiles pour la République, car il en va de la survie de notre nation. Je vous remercie ».

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