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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’ONU via l’organisation mondiale de la santé (OMS) comme les gouvernements se préoccupent au plus point de la question primordiale de la santé publique des populations. Françoise Wallemacq a consacré un article qui a été publié le mardi 19 mars. L’auteure pose un postulat de départ selon lequel pendant que l’eau se raréfie, la demande pour cette ressource vitale va exploser. Elle se demande comment gérer cette contradiction ? Cette situation alarmante a conduit l’ONU à faire un bilan des laissés pour compte. La crainte de voir exploser la demande mondiale en eau, est réelle. La consommation en eau à l’échelle mondiale augmente annuellement d’un pour cent. «C’est à cause de l’évolution des standards de mode de vie, explique Richard Connor, rédacteur en chef du rapport. «Il y a de moins en moins de pauvreté, les gens consomment davantage de viande, et cela consomme de l’eau. C’est vraiment un changement de niveau de vie qui amène une croissance dans la demande en eau. Il y a des facteurs aggravants de la situation : la croissance démographique, le développement et l’évolution des modes de consommation favorisent une hausse de demande mondiale de 20 à 30% par rapport au niveau actuel d’ici 2050. Au même moment, le changement climatique risque de compliquer l’accès à l’eau potable, avec des sécheresses et des inondations plus fréquentes. Alors que fondamentalement la quantité d’eau disponible sur la terre reste inchangée. «Mais il y a des endroits qui reçoivent moins de précipitations, et d’autres beaucoup plus qu’avant, détaille Richard Connor. Mais les endroits qui connaissent de pénurie d’eau augmentent.

 

Dans le sud de l’Europe, les sécheresses estivales deviennent récurrentes». Mais Richard Connor se veut rassurant. Il estime que les ressources en eau potables sont suffisantes pour la planète. En 2050, la population mondiale frôlera les 10 milliards d’habitants. Il y aura assez d’eau pour tout le monde. En revanche, il faudra changer nos habitudes de consommation, et être plus économes. Dans les mégalopoles africaines et les villes de plus d’un million d’habitant, la croissance démographique est de 5% par année, c’est énorme. Plus de 50% de ces citadins de l’Afrique sub-saharienne habitent dans des bidonvilles, qui sont dépourvus d’eau courante. En Europe, on estime que le coût de l’eau courante représente 1% du revenu familial. Mais ailleurs, ceux qui n’ont pas accès au réseau de distribution doivent aller chercher l’eau soit via des camions-citernes, soit via des vendeurs d’eau. Ils la paieront beaucoup plus cher proportionnellement pour une eau de qualité inférieure : 10 à 20 fois plus cher, pour le même volume. Comme ils sont plus pauvres, cela peut représenter 30% de leur budget. Dans ce rapport annuel sur l’eau, l’ONU et l’Unesco font le constat selon lequel  l’accès insuffisant à une eau potable de qualité et le manque de services d’assainissement des eaux usées coûtent cher en vies humaines, avec 780 000 décès causés par la dysenterie et le choléra chaque année, bien plus que les victimes de conflits de séismes et d’épidémie. Selon des estimations, environ 844 millions de personnes n’ont pas accès à un service d’eau potable sûr et seuls 39% de la population mondiale dispose de services d’assainissement sûrs. «L’accès à l’eau est un droit humain vital pour la dignité de chaque être humain. Pourtant, des milliards de personnes en sont toujours privées », regrette Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco. L’objectif de développement durable tel que défini par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui prévoit « d’ici à 2030 un accès universel et équitable à l’eau potable, à un coût abordable », pourrait ne pas être atteint. Les sources de pollution sont les matières fécales, le pesticides ou nitrates issus de l’agriculture, mais aussi des «polluants émergents » comme les résidus de médicaments.

 

Le rapport distingue la situation des pauvres en milieu urbain, des pauvres en milieu rural et les personnes déplacées de force. Les femmes sont souvent désavantagées dans l’accès à l’eau. Dans des milieux ruraux, « la charge d’aller chercher de l’eau incombe aux femmes et aux filles de manière disproportionnée », «un travail non rémunéré et non reconnu », souligne le rapport. Une situation spéciale est celle des réfugiés. Fin 2017, 68, 5 millions de personnes étaient déplacées de force à cause de conflits ou de persécutions. Ces populations «se heurtent souvent à des obstacles pour accéder aux services élémentaires en approvisionnement en eau et d’assainissement » et « les déplacements de masse exercent une pression sur les ressources et sur les services qui s’y rapportent », ajoute le rapport. Pour remédier à la situation, l’ONU ne propose pas de solutions miracles, mais ébauche quelques pistes, «Les gens fortunés qui payent très peu doivent commencer à payer plus pour que l’accès soit universel », suggère Richard Connor. Les gouvernements, mais aussi les acteurs privés, doivent investir massivement dans les infrastructures. Une pompe pour plusieurs familles pourrait déjà améliorer la qualité de l’eau de consommation à moindre coût. Les besoins sont estimés à  114 milliards de dollars annuels, trois fois ce qui est dépensé présentement, sans prendre en compte les coûts de fonctionnement et d’entretien. Mais il y a de sérieux problèmes de gouvernance à dépasser, conclut Ricahrd Connor. « Les habitants des bidonvilles ne paient généralement pas d’impôts, ils louent leur maison de façon informelle. Ils ne font pas partie de l’économie formelle. Ils sont ignorés, ils ne font pas partie des recensements. Parfois même, ils sont en situation illégale. Dans les deux cas, ces gens se retrouvent dans l’angle mort des autorités. Une excuse parfaite pour ne pas les relier au réseau municipal d’eau potable. Or les gens des bidonvilles ont les mêmes droits que les couches plus aisées ».

Moussa T. Yowanga

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