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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le poste vacant de la direction de l’office de l’asile ne l’est plus en raison d’un consensus trouvé ente les ministères de l’intérieur et celui des Affaires étrangères après deux mois de flottement. C’est notre consœur Julia Pascual du journal Le Monde qui en consacre un article publié le samedi 09 mars. Les tractions ont finalement pris fin avec la décision de l’Elysée de proposer le conseiller d’Etat Julien Boucher pour succéder à Pascal Brice comme directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Actuellement directeur des Affaires juridiques du ministère de l’écologie, le nom de monsieur Boucher était cité depuis plusieurs jours déjà après que moult scénarios aient été échafaudés et écartés. Le choix d’Emmanuel Macron reste encore à être validé par les commissions des lois de l’Assemblée et du Sénat, ce qui relève plus d’une simple formalité lorsque le successeur de M. Brice semble faire consensus autour de sa personne. A la tête de l’OFPRA depuis six ans pour avoir accompli deux mandats de trois ans, M. Brice envisageait de rempiler pour un troisième mandat, mais son profil pose problème au ministère de l’Intérieur, qui exerce la tutelle administrative et financière de l’Office depuis 2010. Ce n’est pas le bilan de M. Brice jugé positif, qui le disqualifie dans un contexte de crise migratoire majeure, mais c’est surtout l’indépendance et la personnalité de celui-ci qui susciterait l’agacement d’une partie de l’administration de la Place Beauvau, au regard d’une demande d’asile croissante en France, pourtant elle est en relative baisse à l’échelle européenne. En 2018, ce sont plus de 122 000 demandes qui ont été enregistrées, soit une hausse de 22% sur douze mois. Au ministère de l’Intérieur, une partie de la direction générale des étrangers en France (DGEF) estiment que la demande d’asile est dévoyée par des personnes ne relevant pas d’un besoin de protection internationale mais qui arrivaient en France afin de trouver des conditions trop « généreuses » d’accueil et d’examen de leur situation. Cela est connu sous la théorie d’«appel d’air ».

 

La DGEF s’appuie sur le nombre important de demandes d’asile de la part de ressortissants albanais et géorgiens, au second et troisième rang des demandes d’asile en 2018, derrière l’Afghanistan. Selon l’administration, la politique française en matière d’asile-fondée sur la mise en œuvre de la Convention de Genève de 1951 relative au statut de réfugiés-alimente, en outre, les mouvements secondaires, venant d’Italie, d’Allemagne et d’Espagne, qui font de la France un pays de destination finale pour les migrants. Pour corroborer cette thèse, le ministère martèle souvent qu’environ un tiers des demandeurs d’asile en France ont déjà été enregistrés dans un autre Etat de l’Union européenne. A l’opposé, monsieur Brice, qui jouait d’une proximité non feinte avec le président de la République, défendait mordicus l’autonomie de son office par rapport à la politique migratoire. Entre Place Beauvau et le Quai d’Orsay, le choix n’était pas aussi simple. Comme potentiels candidats écartés, figure le chevènementiste Didier Leschi, préfet et actuel directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Mais choisir un préfet, serait interpréter au sein de l’Ofpra, comme une reprise en main de l’office, au péril de son indépendance. Le Quai d’Orsay fait du forcing pour nommer un diplomate. «Nous n’avons pas eu un problème de corporatisme mais de ligne, tient à préciser une source dans l’entourage de M. Le Drian. Nous souhaitons avoir un directeur qui incarne une certaine indépendance et en même temps la ligne du président, rigoureuse, ouverte et soucieuse du respect intégral du droit constitutionnel de l’asile ». En optant pour un conseiller d’Etat, Emmanuel Macron choisit l’option consensuelle. «Julien Boucher fait consensus parce qu’il a une grosse expérience en matière de libertés publiques pour les avoir pratiquées au Conseil d’Etat et il est respecté comme directeur, poursuit cette même source. En tant que personne, il est extrêmement volontaire et je n’ai pas de doute sur son indépendance ». Au ministère de l’Intérieur, on se félicité aussi : «Il a fait l’unanimité. Mettre un juriste à la tête de l’Ofpra est un choix très pertinent». «C’est un accord entre Christophe Castaner et Jean-Yves Le Drian sur la base de quelqu’un proposé par le ministère des affaires étrangères », résume Daniel Cohn-Bendit, ancien eurodéputé et proche d’Emmanuel Macron. Il veut y voir un signal positif : «Maintenant, on verra ce qu’il fait.»

Moussa T. Yowanga

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