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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Cela peut-être dans le cadre de la fête de Saint Valentin ayant eu lieu hier jeudi 14 février 2019 que cette enquête sur l’amour titrée : « Les rapports amoureux et la sexualité à l’ère du numérique » et signée du journaliste Stéphane Baillargeon que le Journal numérique canadien Le Devoir eut décidé de le publier. Ainsi, dans le reportage, le journaliste eut mis en exergue des témoignages vivants comme si on voit devant nous la scène se dérouler : « Florence est éprise d’Olivier et vice versa. Ils forment un couple depuis environ un an. Ils ont emménagé ensemble récemment. Et ce bonheur, les tourtereaux le doivent à une application de rencontre en ligne.« Je me suis inscrite sur Tinder à la recommandation de plusieurs amies », explique la Montréalaise Florence Wells, 35 ans, interviewée au téléphone la veille de la Saint-Valentin. « Je n’avais jamais essayé ce moyen avant parce que j’ai été dans une longue relation pendant toute ma vingtaine. J’ai été vraiment chanceuse. J’ai échangé avec beaucoup de personnes pendant une semaine, le premier rencart que j’ai accepté était avec Olivier et ça a fonctionné. »En fait, le rendez-vous galant marche beaucoup ainsi et pour de plus en plus de gens ici comme ailleurs. Un sondage Léger de 2016 a établi que chez les Québécois de moins de 55 ans, plus d’une personne sur deux a déjà fait appel aux sites ou applications de rencontre comme Tinder, eHarmony, Zoosk, Match ou le récent Facebook Dating, lancé au Canada en novembre.« On peut dire qu’on vit une révolution », commente Chiara Piazzesi, professeure de sociologie à l’UQAM, spécialiste des reconfigurations contemporaine des relations intimes, mais aussi des réseaux sociaux. « En fait, ce qui est révolutionnaire, c’est l’ampleur du bassin potentiel de rencontres auquel on a accès en ligne. Du point de vue sociologique, c’est la caractéristique la plus intéressante : les applications et les sites nous mettent en contact avec des personnes qu’on ne rencontrerait jamais dans la vie normale ou qu’on ne prendrait pas en considération même si elles étaient dans nos cercles de relations réelles ».

Le reportage du journaliste Stéphane Baillargeon ne s’arrête pas que là, il continue avec la même observation:« Là encore, la belle histoire d’amour de Florence Wells offre un cas d’espèce. « Olivier travaille dans le milieu des jeux vidéo, il fréquente les deux mêmes places et il est assez introverti, explique-t-elle. Normalement, on ne se serait jamais rencontrés, lui et moi. »Son amoureux lui a aussi expliqué que, de toute manière, s’il l’avait croisée dans un bar, il n’aurait jamais osé l’aborder. « Je mesure 1,83 m et je parle fort. Il m’a dit qu’il n’aurait jamais osé aborder une fille comme moi dans un bar même s’il aurait aimé m’approcher. »Évidemment, pour faire un tel choix, il faut être libre, une réalité assez récente dans le monde des relations. L’union choisie plutôt qu’imposée demeure une institution assez récente, et les outils numériques s’arriment à cette révolution pour la travailler et l’amplifier.« Le mariage d’amour commence à s’imposer au XIXe siècle, explique la sociologue. Pendant des siècles et des siècles, les unions conjugales servent d’autres buts que l’amour ou le bonheur, sauf dans les classes populaires, où le capital à transmettre est plus mince. C’est encore une hypothèse, mais des chercheurs américains pensent que depuis une dizaine d’années les rencontres numériques permettent une plus grande mixité sociale et raciale. Je suis un peu perplexe devant cette corrélation. On verra bien dans quelques années. »On peut par contre déjà confirmer le pouvoir accru des femmes dans le nouveau jeu de l’amour et du hasard. Cet empowerment est confirmé par Florence Wells, qui a reçu un déluge de proposition en une seule petite semaine sur Tinder.« Mes amies m’avaient averti que je recevrais des centaines de propositions. Il faut dire que j’ai un peu le profil plus rare pour les sites de rencontre, celui d’une trentenaire professionnelle sans enfants. »La professeure Piazzesi parle d’un « décalage de sélectivité » entre les hommes et les femmes. Elles demeurent extrêmement sélectives, tandis qu’ils le sont très peu. « Il semble y avoir une sorte de division genrée des rôles : les hommes sont censés initier le contact et les femmes les rejettent très souvent. La rencontre en ligne a aussi l’avantage d’être plus sécuritaire. Elle donne de la confiance. »Les mutations se confirment aussi pour d’autres catégories sociales. Les données américaines montrent que 90 % des relations homosexuelles se nouent par l’entremise du Web et l’avantage semble évident, surtout dans des milieux plus conservateurs.« Les sites permettent de savoir qui appartient à une communauté, ce qui est important pour toutes sortes de minorités, sexuelles ou ethniques, dit la sociologue de l’intime ».

C’est la partie la plus scientifique de son reportage, car le journaliste du journal Numérique canadien Le Devoir  eut pris plus du temps à observer des petits détaits : « Dans la panoplie des applications, on en voit donc qui s’adressent à des groupes précis, religieux, économiques ou culturels. »Elite Singles vise les célibataires « haut de gamme », Silver Singles, les vieux. Ashley Madison facilite les relations extraconjugales et SeekingArrangement relie des « sugar daddys » à de jeunes femmes voulant se faire entretenir. Shalom vise les juifs et Muslims4Marriage.com rassemblerait trois millions de clients.Reste que le match idéal demeure aussi rare que précieux. Dans ses recherches, Mme Piazzesi a observé beaucoup de frustration de la part de certains utilisateurs.« Dès qu’on commence à vieillir, les choses se compliquent. Les hommes de 40 ans et plus cherchent encore des corps de 20 ans. Les critères de sélection des hommes et des femmes sont différents. J’ai aussi entendu des plaintes sur l’algorithme de Facebook Dating qui fait des propositions inadéquates. »Florence Wells a apprécié la facilité des contacts tout en soulignant le problème de la profusion des choix. « Les gens peuvent finalement penser qu’ils vont trouver quelqu’un de mieux et reporter le moment de s’engager, dit-elle. Je me demande si les plus jeunes ne subissent pas davantage cette abondance. Moi, j’ai eu la chance de connaître autre chose avant, des manières différentes de séduire, et je pense qu’une application ne doit pas nous empêcher de garder les yeux ouverts autour de soi. »Les premières annonces galantes ont été publiées dans les journaux européens au XVIIe siècle. À la longue, elles sont devenues une des sources importantes de financement des médias d’information. Même Le Devoir en a proposé. Maintenant, comme à peu près tout le reste, la pratique a basculé en ligne. La rupture était consommée au début de la décennie. Le magazine The Economist a publié en août 2018 des données montrant qu’aux États-Unis, dès 2010, les rencontres hétérosexuelles en ligne avaient dépassé le travail, rattrapé les bars et les restaurants comme lieux de rencontre et talonnaient déjà les connaissances comme entremetteuses. Chez les homosexuels, la cause était déjà entendue : neuf relations sur dix se nouaient par l’intermédiaire d’une application ou d’un site ».

Ahmat Zéïdane Bichara

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