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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le président américain a franchi le rubicon en signant vendredi une déclaration d’«urgence nationale (procède exceptionnelle) lui permettant de disposer sans passer par le Congrès, les moyens nécessaires pour la construction du mur à la frontière mexicaine, promesse de campagne. Les démocrates ont déjà contesté le initiative sans justification et ont appelé les élus de deux bords à se mobiliser pour « ne pas laisser le président déchirer la Constitution ». C’est une dépêche de l’AFP datée de ce jour samedi 16 février et reprise par le site canadien journal de Montréal, qui donne l’information. «Tout le monde sait que les murs fonctionnaires», a tenté de convaincre le public, depuis les jardins de la Maison Blanche au cours d’une conférence de presse particulièrement incohérente durant laquelle il a parlé notamment d’une « invasion » de drogue et de criminels. Cette procédure lui permettra de contourner le Congrès afin de débloquer des fonds fédéraux appartenant au Pentagone pour financer son ouvrage emblématique contre l’immigration clandestine venant de la frontière mexicaine. Ce sont au total quelque 8 milliards de dollars qui seront ainsi mobilisés  pour la construction dudit édifice maintes fois promis sur les estrades de campagne électorale. «La déclaration illégale du président, partant d’une crise qui n’existe pas, porte un coup violent à notre Constitution et rend l’Amérique moins sûre », ont réagi Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, et Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat.

Confiant et provocateur, Donald Trump a lui-même laissé ouvertement entendre qu’il avait avant tout à l’esprit un objectif politique. «Je pourrais faire le mur en plus longtemps (…), Je n’avais pas besoin de faire cela, mais je préfère que cela aille vite », a-t-il fanfaronné, suscitant, une avalanche de réactions dans le camp démocrate qui y a vu la preuve qu’il n’y avait aucune « urgence nationale ».  Conscient des possibles contestations, il a par ailleurs confié s’attendre à ce que des poursuites judiciaires soient lancées contre sa déclaration d’urgence nationale. Mais il ne s’en inquiète pas. «Heureusement, nous allons gagner », a-t-il assuré, affichant une confiance sans doute conforté par les juges conservateurs qu’il a nommés à la Cour suprême, la plu haute juridiction du pays. Toutefois, l’Etat de New York, un fief démocrate, a déjà fait savoir qu’il allait saisir les tribunaux. «La Californie vous donne rendez-vous devant la justice », a lancé le gouverneur de la Californie, Govin Newsom. Les opposants de monsieur Trump l’accusent de basses manœuvres politiques d’un président affaibli par la perte de la Chambre des représentants en novembre et son déconvenue fin janvier dans le bras de fer qu’il avait engagé avec le Congrès sur la question migratoire. L’initiative est vue par la Maison Blanche comme la marque d’un homme qui n’oublie pas ses promesses une fois arrivé au pouvoir.

Le président Trump, qui rêve déjà de la présidentielle de 2020, espère engranger de points auprès de sa base électorale sur la question de l’immigration. «Honte à tout membre du Congrès qui ne s’opposera pas clairement et vigoureusement à cette invocation illégitime » d’une urgence nationale, a dénoncé la très influente organisation américaine de défense des libertés civiles, ACLU. Quelque anciens présidents des Etats-Unis ont déjà en son temps eu recours à ces procédures exceptionnelles, mais dans des circonstances très différentes moins clivantes. Jimmy Carter avait utilisé ce moyen après la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979, Georges W. Bush en avait fait usage après les attentats du 11 septembre 2001. Et enfin Barack Obama y avait recours lors de l’épidémie de grippe H1N1. Selon Peter Schuck, professeur émérite de droit à l’université de Yale, «le fait que le président puisse avoir le pouvoir de gaspiller des milliards de dollars au nom d’une promesse de campagne idiote est, en soi, scandaleux ». Dans une contribution publiée par le New York Times, il estime que le Congrès devrait définir plus rigoureusement les conditions dans lesquelles le président peut avoir recours au «National Emergencies Act », voté en 1976. « Sur le long terme, ce sujet est autrement crucial pour la vitalité de notre démocratie que le fait de savoir si le président Trump aura finalement son mur ».

Moussa T. Yowanga 

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