Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Si la santé de l’économie américaine se porte relativement bien, il n’en est pas le cas de la dette qui s’envole pour atteindre un niveau très inquiétant. L’AFP rapporte dans sa dépêche datée de dimanche 17 février consultable sur le site canadien journal de Montréal que la dette américaine est plus massive que l’économie du pays de l’oncle Sam elle-même. Elle a battu les records sous l’ère Trump atteignant 22 000 milliards de dollars sans que cela n'émeuvent les républicains. Essentiellement composée des déficits chroniques et des intérêts de la dette, celle-ci était déjà significative avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche où elle s’élevait à 19.950 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB américain pour la première fois depuis la deuxième guerre mondiale. A titre comparatif, la dette française, qui elle aussi est en passe d’égaler le montant de son PIB, atteignait  un peu plus de 2.300 milliards d’euros fin septembre (2.600 milliards de dollars environ).

L’aggravation de la dette américaine s’explique principalement par les allègements fiscaux du gouvernement Trump, notamment en faveur des entreprises, et par l’augmentation des dépenses, surtout en matière d’armement. «Je devais d’abord remettre l’armée en ordre avant de me préoccuper des 22.000 milliards de dette », a estimé récemment le président Donald Trump. Son administration compte fermement sur ses réductions d’impôts susceptibles de creuser le déficit de 1.500 milliards de dollars sur dix ans, mais celles-ci (réductions) peuvent se financer d’elles-mêmes en dopant la croissance, donc les recettes. Pourtant le déficit budgétaire a grimpé de 17% à 779 milliards de dollars l’année écoulée, marquant son plus mauvais solde depuis 2012. Et d’après le Bureau du budget du Congrès (CBO), il devrait encore filer cette année pour atteindre 900 milliards de dollars. Après quatre ans d’excédent budgétaire sous Bill Clinton, le déclenchement de la guerre en Irak sous le mandat de George W. Bush a fait rechuter les finances fédérales dans le rouge. La crise financière en 2008 sous Barack Obama a obligé l’Etat de soutenir massivement le secteur économique. Les dépenses se sont explosées, provoquant la naissance du Tea Party, courant politique classé très à droite qui a en grande partie contribué à faire élire Donald Trump en 2016. Les dernières années du président Obama ont été marquées par une basse du déficit liée à la reprise économique et la réduction des dépenses publiques poussée par le Congrès. Alors que le déficit est reparti à la hausse sous l’administration Trump, les républicains, pourtant si exigeants en matière de l’usage des deniers publics, sont restés inertes. Cependant, ce sont le vieillissement de la population et le l’explosion des dépenses de santé et de la retraite qui, de façon structurelle, plongent le budget fédéral dans un déficit chronique.

Le président de la Banque Centrale Américaine (FED), Jérôme Powell, sans forcément vouloir se mêler dans la politique budgétaire, a alerté de temps en temps qu’il «est bien connu que le budget du gouvernement américain est sur une trajectoire intenable et qu’il faudra s’atteler à y remédier». Il est très difficile de se passer pour un donneur de leçons, quand le service de la dette lui-même a fortement gonflé en raison des hausses de taux d’intérêt de la Fed. Donald Trump n’a pas hésité à le lui faire savoir, qualifiant la Fed de «folle» et de «problème pour l’économie» lorsqu’elle augmentait les taux. Pour se faire une idée, la hausse du seul service de la dette a coûté 13 milliards de dollars de plus au gouvernement américain pour le mois de décembre. Parallèlement, la dette souveraine reste, grâce au dollar, un investissement sûr aux yeux du monde. Comme des ménages américains, certains pans de la dette des entreprises consommateurs sont davantage une source d’inquiétude. Les emprunts des entreprises américaines ont quasiment doublé en un peu plus de dix ans, alimentés par la politique d’argent bon marché menée par la Fed au lendemain de la crise de 2008. Leur dette se chiffre à 9 000 milliards de dollars et constitue, selon le patron de la banque centrale lui-même, un risque « macro-économique ».  Quant aux ménages, qui sont endettés à hauteur de 13 500 milliards de dollars, dont les trois quarts  avec des prêts immobiliers, ce sont des secteurs plus circonscrits mais plus fragiles qui  suscitent l’inquiétude. Les prêts étudiants, qui pénalisent la consommation des jeunes, ont atteint un record historique à près de 1.500 milliards de dollars. Les prêts automobiles, qui approchent le même montant (1.300 milliards), commencent à connaître des taux de retards de paiements et de défaillances qui ont récemment alerté la Fed.

Moussa T. Yowanga

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article