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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

A l’instar de plusieurs pays, l’Afrique du sud ne fait pas exception en matière de la corruption qui gangrène la nation arc-en-ciel jusqu’au sommet de l’Etat. C’est notre consœur Valérie Hrsch qui révèle l’ampleur du phénomène de corruption à travers un article publié le lundi 04 février sur le site de la RTBF. Les Sud-Africains sont interloqués de constater l’ampleur du réseau de corruption mis en place par une société privée, qui aurait versé mensuellement 20 000 euros  de pot-de-vin à l’ancien président déchu Jacob Zuma. Jusqu’à maintenant, la Commission d’enquête sur les affaires de corruption s’était focalisée sur les pratiques frauduleuses et l’influence forte des frères Gupta, des hommes d’affaires indiens, dont l’un des fils de monsieur Zuma en étaient associés. Visiblement, la famille Gupta n’était pas la seule à avoir eu de relations scabreuses et gagné de fabuleux contrats par de moyens totalement illégaux. Un certain Govin Watson, directeur de la société privée Bosana, a fait pareil comme les frères Gupta. Selon son ancien proche collaborateur Angelo Agrizzi, il versait l’équivalent mensuel de 20 000 euros (une fois, glissée dans un sac Louis Vuitton) à la présidente de la Fondation Zuma, Didu Myeni. La somme était destinée à l’ex-président Jacob Zuma. C’est grâce à l’entregent de cette femme de sérail  que Watson rencontrera maintes fois monsieur Zuma. «Je me souviens qu’il s’inquiétait de savoir si le président recevait bien les 20 000 euros, a raconté Agrizzi. Je me rappelle qu’un jour, en 2015, il a apporté lui-même l’argent au président. Il a déposé le sac à côté de lui et lui a demandé, Dudu vous donne bien l’argent chaque mois ? La réponse a été oui».

C’est ainsi que Bosasa a pu engranger l’année suivante pour 80 millions d’euros de contrats publics, notamment pour renforcer la sécurité dans les prisons. Watson aurait également influencé Zuma pour nommer un nouveau chef du parquet. Ce dernier a enterré une enquête anti-corruption, déclenchée en 2009 contre Bosasa. Selon Agrizzi, Myeni lui aurait fait voir des documents confidentiels compromettants détenus par le parquet. Deux témoins, des employés de la firme ont également confirmé l’étendue du réseau de corruption et les contrats frauduleux octroyés à la société Bosasa. Beaucoup de gens ont été arrosés durant de nombreuses années. Ce sont entre autres deux ministres en exercice, des hauts fonctionnaires, journalistes, policiers et directeurs du ministère public. La classe dirigeante s’en trouve mêler de près ou de loin à la corruption au nombre desquels on compte le chef de l’Etat actuel, Cyril Ramaphosa. En décembre 2017, Bosasa a versé 33 300 euros à ce dernier, de fonds destinés à assurer son élection à la tête de l’ANC. Le chef de l’Etat dit ignorer la liste de ces donateurs. Mais il sera entendu ce mardi par le Protecteur public. Aucune personnalité incriminée n’a encore démissionné  depuis la révélation de cette nouvelle affaire, alors que jeudi, Zuma a déclaré avoir été un « bouc émissaire ». Meyni a, elle, accusé Agrizizi d’être un «raciste » et un « menteur ». Quant à Ramophosa, dit attendre les travaux de la Commission, d’ici un à deux ans, avant de « de passer à l’action ». Comme il a reconnu à Davos, «la vérité est très douloureuse pour le parti au pouvoir. C’est un processus cathartique qui nous permettra de mettre fin à la corruption». Les Sud-Africains souhaitent que la nouvelle chef du parquet, Shamila Batohi lance rapidement des poursuites à l’encontre des corrompus. Mais elle doit avant tout restaurer le blason de son institution dont la crédibilité a pris un sacré coup durant le mandat de Zuma. Quel sort sera réservé à l’actuel président qui entend conforter sa position lors de futures élections de mai, afin de neutraliser définitivement les partisans de Jacob Zuma, qui demeure toujours influent au sein de l’ANC. L’opposition affaiblie est loin de profiter de cette déconvenue du parti au pouvoir fondé par Nelson Mandela.

M. T. Yowanga

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