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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Si l’on en croit notre consœur Sylvie Andreau, dont l’article est publié depuis le 24 février sur le site du journal Le Monde, l’agriculture française connaît un sérieux problème en bras valides. Quelque 10 000 jeunes s’installent annuellement comme exploitants agricoles, ce qui reste en deçà du nombre des départs à la retraite. Les systèmes traditionnels de transmission père-fils ne conviennent pas à ces néoruraux. Les exploitations agricoles n’ont pas du mal à signer un million de contrats à durée déterminée, 32 000 CDI, des missions d’intérim, des stages et des contrats d’apprentissage. Le salon de l’agriculture constitue également une grande foire au recrutement. Considérée comme la première productrice européenne, l’agriculture française manque cruellement de bras et la situation devient alarmante, puisque  70 000 offres d’emploi ne sont pas pourvues. Plus grave, 30 000 exploitations cessent définitivement leur activité chaque année, sur un total de 430 000 exploitations recensées en France. La chute de la population agricole est irréversible compte tenu du fait que quatre agriculteurs sur cinq sont âgés de plus de 40 ans. «Il ne suffit pas de traverser la rue pour trouver un emploi mais de sortir des villes et de faire parfois à peine quelques kilomètres », raille Christine Lambert, la présidente de la puissante fédération agricole, la FNSEA, qui supervise l’organisation quotidiennement pendant le salon de l’agriculture une vaste opération de speed dating sur le stand, porte de Versailles. La redynamisation des campagnes passe aussi par l’installation de nouveaux exploitants. En 2018, ce sont 14 000 jeunes agriculteurs qui ont choisi de se lancer dans l’aventure. Les organisations professionnelles tiennent une comptabilité rigoureuse de cette population. Un quart concerne d’époux ou plus souvent d’épouses qui héritent l’exploitation familiale. La moyenne d’âge de ces primo agriculteurs est de moins 40 ans. Ce qui pose problème, puisque cette génération spontanée ne croit, elle aussi, que faiblement : +3%  en 2018. C’est loin pour pouvoir assurer le renouvellement des chefs d’exploitation proche de la retraite. Le Système de financement traditionnel de l’agriculture  est inopérant aujourd’hui.

 

Ces néoruraux sont venus mettre à mal le schéma de la transmission avec le fils reprenant l’exploitation familiale. Traditionnellement, les établissements bancaires finançaient des transmissions et d’avoirs en garanties du foncier et du matériel. Leur modèle de gestion du risque est quelque peu inadapté aux jeunes dépourvus de terre, ni troupeau, ni matériel qui demandent un crédit. Ils sont pourtant la relève aujourd’hui car ils représentent un projet sur deux. Le président Macron a dit vouloir s’attaquer au problème lors de sa visite samedi au Salon de l’agriculture. Il veut encourager l’accès au foncier et revoir la dotation jeune agriculteur. Celle-ci s’avère être le principal dispositif d’aide depuis sa mise en place en 1973. Réformée en 2015,  réévaluée deux ans plus tard pour atteindre 27 000 euros, cette dotation présente un double avantage. Elle offre d’une part, le coup de pouce nécessaire à des projets souvent coûteux en investissements, l’essentiel des installations relevant des « grandes cultures » à savoir le lait, la viticulture et la viande bovine, et d’autre part, la dotation offre également une garantie au maintien de l’activité après la sixième année. Beaucoup de néoagriculteurs ont pendant longtemps abdiqué avant cette étape crucial. «98% des jeunes ayant suivi ce dispositif sont toujours en activité dix ans après leur installation », indique-t-on dans le milieu des Jeunes Agriculteurs. Si l’on constate que le nombre d’exploitants bénéficiant du dispositif d’accompagnement financier a augmenté de 20% entre 2015 et 2017, il ne correspond qu’à moins de 5 000 projets par an. Même à ce niveau, les conditions sont loin d’être réunies pour assurer la relève. La mobilisation s’organise aussi dans les territoires ruraux.

 

Des recrutements sont opérés par les villages qui veulent des agriculteurs. C’est le cas par exemple à Saint-Pons-de-Manchiens, dans l’Hérault. Cette commune a dû accueillir déjà quelques jeunes vignerons venus cultiver la vigne et élever leur troupeau. Mais, il y a un réel envie de diversification. Surtout, Saint-Pons a été récemment victime de deux incendies. Ce qui rend indispensable, l’entretien de la garrigue. Quoi de plus efficace qu’un troupeau pour s’en charger. «On a essayé les brebis, mais cela n’a pas marché », raconte la mairesse Christine Pradel. Elle a usé de tout son poids pour assurer l’implantation de l’élevage de chèvres de Manuel Hourcade et fait depuis le tour des habitants du coin pour négocier le droit de pâturage pour le futur troupeau de chèvres, qui a besoin de 200 hectares. Des systèmes de financement innovants se lancent petit à petit au secours du secteur agricole. Miimosa, le pionnier, inauguré il y a quatre ans, est devenu incontournable. Quelque 1 800 projets d’agriculture ont eu de l’argent grâce au soutien de ce pionnier. «Le renouvellement des chefs d’exploitation relève de l’urgence sociétale. Il faut apporter des solutions simples, rapides, et inclusives», argumente Florian Breton, le fondateur de Miimosa. Parti de l’échange de prêt contre un don en nature (séjour à la ferme, fromages, légumes…), le site de financement participatif a diversifié sa gamme de solution. La plateforme accorde aujourd’hui des prêts pouvant atteindre 200 000 euros. Un taux de retour de 3,5% est offert aux épargnants.

Moussa Torna Yowanga

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