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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

La polémique autour de la question de l"augmentation unilatérale par le gouvernement des frais de scolarité pour les étudiants étrangers non communautaires continue de susciter de remous au sein du monde universitaire, notamment parmi les établissements  universitaires où plusieurs d’entre elles affichent leur opposition à la multiplication  par quinze des frais de scolarité applicable dès la rentrée 2019. C’est le journal Libération qui en fait écho dans un article publié le jeudi 17 janvier 2019. Les universités réfractaires font bloc contre ladite mesure gouvernementale afin d’obtenir tout au moins un recul des délais d’application du plan «Bienvenue en France », écrit notre confrère Balla Fofana. Le nombre d’universités refusant l’augmentation des frais d’inscription pour les étrangers va croissant. L’université de Paris-Nanterre avait clairement donné sa position dans un communiqué datant du 12 décembre. Cette forte hausse annoncée à l’automne par le gouvernement n’est pas du goût de sept autres universités, notamment Clermont-Auvergne, Aix-Marseille, Toulouse Jean Jaurès, Lyon 2, Nanterre, Rennes 2 et Angers. Toutes ces universités font front commun contre la hausse vertigineuse du coût d’inscription en licence qui passera de 170 euros par an à 2770 euros et en master (ou doctorat) de 243 euros (ou 380 euros) à 3770 euros pour tous les étudiants étrangers hors Union européenne. «Nous demandons un retrait de la hausse des frais d’inscription et la mise en place d’une réflexion collective sur l’accueil des étudiants étranger », se confie à Libération Nadia Dupont, la chargée de mission formation à l’université Rennes 2.

Le président de l’université Clermont-Auvergne, Mathias Bernard estime pour sa part qu’ «Au-delà des questions de fond (attractivité de nos universités, accueil des étudiants), ce qui pose problème avec le plan ‘Bienvenue en France’, c’est la méthode et le calendrier ». Clermont-Auvergne est la première à rendre publique son refus d’appliquer la hausse, en débat depuis novembre dans les universités. «Mon université, comme d’autres, est assaillie des demandes venant d’étudiants internationaux déjà inscrits qui aimeraient poursuivre leurs études et de futurs étudiants qui veulent savoir notre position. Nous devions d’être transparents sur le sujet », explique Mathias Bernard. Ce vent de panique s’explique essentiellement par le fait que Campus France affiche déjà sur son site les tarifs annoncés par le Premier ministre, bien qu’ils ne soient pas encore officialisés par un décret. Pour Jim Walker, le vice-président chargé des relations internationales de l’université Lumières-Lyon 2, «Clermont-Auvergne a ouvert le bal ». Il poursuit son explication à nos confrères de Libération «Nous avons suivi en nous disant qu’il faut créer une sorte de lame de fond.». La nécessité de mettre en place une stratégie commune a donné lieu à une rencontre des vice-présidents en charge des relations internationales des universités qui s’est tenue le 17 et 18 janvier dernier. «A aucun moment nous n’avions été consultés sur le montant des frais d’inscription alors que nous somme les premiers concernés », regrette Jim Walker avant d’enfoncer le clou : «Si plusieurs universitaires montent au créneau peut-être arriverons-nous à obtenir une consultation. ». En plus de la réunion des vice-présidents, il y aura également celle de la conférence des présidents d’universités (CPU) qui a sollicité auprès des autorités la suspension de la hausse des frais d’inscription. A l’exemple de Rennes 2, plusieurs universités se servent de la formule suivante pour exprimer leur détermination : «L’établissement utilisera toutes les possibilités réglementaires à sa disposition » pour ne pas appliquer à ses étudiants étrangers la hausse des frais d’inscription. Cependant lorsque nos confères de Libération ont contacté Rennes 2 et Toulouse Jean-Jaurès pour en en savoir plus sur ces «dispositions réglementaires», elles ont répondu qu’elles ne sont pas en mesure d’en dire davantage. «Nous attendons de voir ce que propose le décret gouvernemental avant de nous prononcer. Nous avons une position politique. Si besoin, nous trouverons une solution technique pour l’appliquer », explique Nadia Dupont. Pour monsieur Mathias Bernard, beaucoup d’universités n’ont pas encore officialisé leur position parce qu’elles ne savent pas encore si la demande de report portée par l’ensemble des présidents d’université sera acceptée, ou s’il va falloir bricoler pour ne pas mettre en œuvre la hausse des tarifs universitaires l’en prochain.

Le décret du 19 août 2013 peut être utilisé par les universités pour contourner légalement la forte hausse tarifaire. Celui-ci dispose que chaque établissement peut exonérer de frais d’inscription certains de ses étudiants, dans la limite de 10 % du total des élèves inscrits (cela comprend également certains étudiants communautaires qui en bénéficient déjà). On appliquerait une exonération partielle pour les étudiants non communautaires, ce qui permettrait le maintien du régime tarifaire actuellement en vigueur. Néanmoins, en l’état, ce décret ne permet pas de garantir aux universités une exonération à tous les étudiants étrangers concernés. Si l’on prend le cas de l’université Clermont-Auvergne, ce sont quelque 35 000 étudiants dont 4 000 élèves non communautaires qui s’inscrivent chaque année. Pourtant, seul 3 500 peuvent en bénéficier de la dérogation. Les étudiants étrangers représentent 9,8% des effectifs à Rennes 2. Il y a une nécessité impérative de réévaluer le quota de 10%, en faveur de ces universités et tant d’autres, chose qui n’est pas encore actée par le ministère de l’Enseignement supérieur. Cet avis de revoir ce fameux quota est loin d’être partagé par la ministre de tutelle, Frédérique Vidal, pour qui, «Les universités sont des établissements publics, opérateurs de l’Etat et qu’effectivement, en tant qu’opérateurs de l’Etat et fonctionnaires d’Etat, il est évidemment très important qu’ils portent les politiques publiques décidées par l’Etat », défend-elle sa position  lors d’une audition au Sénat, le mercredi 16 janvier. Elle met l’accent sur « le devoir d’obéissance et le devoir de loyauté » de « tout fonctionnaire » vis-à-vis de son ministère de tutelle. Elle avertit il y a quelques jours que la hausse des frais d’inscription n’avait pas « vocation à être remise en cause dans son principe comme dans son calendrier »

Moussa T. Yowanga

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