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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Difficile comme question abordée ou posée par la journaliste de la RTBF Odile Leherte dans leur publication du mercredi 23 janvier 2019.Ainsi se demande-t-elle ? Les langes pour bébé sont-ils toxiques? Selon notre consoeur de la RTBF, une étude l'affirme, d'autres experts rassurent. Les parents utilisent en moyenne 4000 couches dans les premières années de vie de leur enfant. Plusieurs substances chimiques seraient présentes en quantités trop importantes dans ces langes jetables pour bébés. C’est ce que dit l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, un établissement public français) dans une évaluation publiée sur son site ce mercredi 23 janvier 2019. Les seuils sanitaires seraient dépassés pour plusieurs substances. Vu les risques pour la santé des bébés, l’Anses recommande d’éliminer ou de réduire au maximum la présence de ces substances dans les couches jetables en vente actuellement. Ce n’est pas la première étude qui analyse la toxicité des couches jetables. Le magazine français '60 millions de consommateurs' publie très régulièrement des dossiers sur le sujet : un dossier alarmiste en 2017, un dossier plus rassurant en 2018, même si le magazine estimait qu’il y avait encore trop de résidus toxiques dans certaines marques de langes jetables. Leurs concentrations sont 1000 fois inférieures aux valeurs limites européennes imposées.

Toujours l’année passée, en août, des experts du SPF Santé publique (l’administration belge qui se charge de la santé publique) publiaient une étude plutôt rassurante également. Ils avaient analysé la présence de substances nocives dans les langes pour bébé et concluaient que les valeurs limites européennes étaient respectées. On pouvait y lire que l’analyse des langes avait révélé la présence d’esters, d’alcool lourd, d’alcanes et de siloxanes, mais sans risque pour la santé. Par ailleurs, une analyse quantifiée de 20 échantillons de langes avait révélé des traces de « phtalates », de « nonylphénol », de « dioxines » et de « glyphosate ». Le SPF Santé publique précisait que ces substances comportaient un risque quand elles étaient présentes dans une certaine quantité. Et ce n’était pas le cas. « Leurs concentrations sont 1000 fois inférieures aux valeurs limites européennes imposées », pouvait-on y lire. Dans son évaluation des risques publiée aujourd’hui, l’Anses est beaucoup plus alarmiste. Elle pointe les risques présentés par des substances parfumantes, et par certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des dioxines, autrement dit, des perturbateurs endocriniens et des substances cancérigènes. L’Anses recommande d’éliminer ou de réduire au maximum les substances chimiques présentes dans les couches pour bébé à usage unique. Suite à ces constats, l’Agence émet plusieurs recommandations à l’attention des industriels. Pour elle, il faut supprimer l’utilisation de toutes les substances parfumantes, surtout celles qui peuvent faire réagir la peau du bébé. Elle estime qu’il faut mieux maîtriser l’origine des matières premières naturelles qui peuvent être contaminées avant même la fabrication du lange, mais aussi améliorer le processus de fabrication. Enfin, il faut renforcer les contrôles des substances chimiques présentes dans les couches et développer des règles plus restrictives au niveau national et européen pour sécuriser la fabrication des langes pour bébés.

Qui croire ? Les langes sont-ils dangereux pour la santé des bébés ?

Nous avons soumis ces différentes études au toxicologue Alfred Bernard. Il en connaissait déjà une grande partie, mais a donc découvert, comme nous, celle de l’Anses ce jeudi. Et il se veut rassurant.« Je serais personnellement plus rassurant. Pour moi, il ne faut surtout pas paniquer. Car les substances les plus préoccupantes identifiées dans ce rapport ce sont les dioxines et les HAP, des cancérogènes et des perturbateurs endocriniens, et elles sont présentes en doses infimes ».Infimes ? Pourtant pour l’Anses, ces doses dépassent les seuils sanitaires. « Je pense que la méthodologie utilisée a fortement surestimé les doses de HAP, décrypte Alfred Bernard. Ce que l’Anses a fait analyser, ce sont des broyats de langes complets. Et puis elle a fait tester le passage via l’urine et calculer les doses absorbées ». Autrement dit, ce sont des langes entiers qui ont été broyés et analysés. Or « ces hydrocarbures aromatiques polycycliques se retrouvent dans les élastiques et le plastic à l’extérieur du lange », des parties extérieures du lange qui ne sont pas en contact avec les fesses du bébé. Les substances qui s’y trouvent ne peuvent donc pas migrer à travers la peau du bébé. Ajoutez à cela que « le passage de ces substances se fait uniquement quand les fesses du bébé sont humides, soit la nuit car avec les langes d’aujourd’hui, les fesses du bébé restent globalement sèches ». Selon le toxicologue, c’est donc bien une question de méthodologie qui expliquerait cette différence d’interprétation.Par ailleurs, les deux organismes auraient aussi utilisé des seuils différents. « Ils ont utilisé des seuils de toxicité extrêmement bas, des seuils théoriques utilisés en cas d’absence de toute exposition à l’environnement. Habituellement, on utilise d’autres seuils, qui ont plus de sens au niveau épidémiologique. Si on utilisait les mêmes seuils pour analyser l’eau du robinet, il faudrait arrêter de boire l’eau du robinet. Il faut un seuil pratique qui corresponde au monde réel ».Et Alfred Bernard d’insister : « Je ne suis pas alarmé, il ne faut surtout pas paniquer ». Le toxicologue a comparé les doses des substances chimiques en question avec celles qui sont présentes dans le lait maternel. « Non seulement on surestime les doses, mais en plus les doses de dioxine susceptibles d’être absorbées par les fesses des bébés sont 50 à 100 fois inférieures à celles présentes par exemple dans le lait maternel. Et les bienfaits du lait maternel pour l’enfant ne sont plus à démontrer ».Du côté du SPF Santé publique qui avait réalisé une étude sur le sujet en août dernier, on se dit serein par rapport à l'étude de l'Anses. « On n'est pas inquiet par rapport à cette étude, explique Vinciane Charlier, porte-parole du SPF Santé publique. Leurs résultats sont très similaires aux nôtres mais ils ont créé leur propre échelle d'évaluation, différente des critères d'évaluation européens ». Voilà qui fait d'ailleurs réfléchir le SPF Santé publique. « Nos experts trouvent intéressant d'éventuellement créer une législation spécifique aux bébés, mais cela doit être réfléchi au niveau européen ».Si le SPF Santé publique confirme qu'il n'y a pas de risque pour les bébés, il souhaiterait toutefois que le secteur élimine totalement les traces dans les langes.Alfred Bernard rejoint aussi l'Anses quand elle recommande une amélioration du processus de fabrication. « Il faut que le matériau en contact avec les fesses du bébé contienne le moins de traces de substances chimiques nocives possibles. Donc il faut utiliser de la cellulose et du polypropylène de bonne qualité et effectuer des contrôles à ce niveau-là ».Le toxicologue nous rappelle aussi de bien utiliser les langes jetables… « Le jour, il faut le changer régulièrement pour éviter qu’il y ait une absorption quand la peau est humide. Il reste donc la nuit, où il ne faut pas donner trop d’eau à boire à un enfant ».

Au Canada, Le Devoir, ce très célébre journal numérique rapporte dans un article publié hier mercredi 23 janvier 2019 portant la signature de la journaliste Améli Pineda que dans la cadre de l’exploitation sexuelle, le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a rendu public mercredi le portrait du « commerce du sexe » sur son territoire. Actuellement, 108 personnes sont exploitées ou à risque d’être exploitées sexuellement sur son territoire par près d’une quarantaine de proxénètes présumés. Le SPAL a dévoilé ce portrait tandis qu’il annonce l’implantation d’une nouvelle équipe pour aider les victimes d’exploitation sexuelle. Celui-ci révèle que la plupart des victimes étaient mineures lorsqu’elles ont commencé à se prostituer. Selon les policiers, elles ont en moyenne 14 ans lorsqu’elles entrent dans la prostitution. Certaines commencent dès l’âge de 12 ans, alors qu’elles viennent à peine d’entamer l’école secondaire.

Si le métro de Longueuil a longtemps été le point de rencontre entre les proxénètes et les jeunes filles, le milieu de la prostitution est en mutation a expliqué le SPAL. « Il y a eu un changement des façons dont les filles tombent dans l’exploitation sexuelle. Vous ne verrez pas un proxénète assis aux abords du métro attendre deux ou trois filles pour les mettre sur le marché du sexe. Ça n’arrive plus de cette manière-là », souligne Fady Dagher, directeur du SPAL. L’arrivée des réseaux sociaux permet aux jeunes filles d’êtres « mobiles » sur le territoire. Par ailleurs, de plus en plus de jeunes filles gèrent elles-mêmes leurs clients et font du recrutement auprès de leurs amies.La police de Longueuil a donc annoncé lundi qu’une policière et une coordonnatrice responsable du volet psychosocial se dédieront dorénavant à temps plein à accompagner des victimes d’exploitation sexuelle qui tentent de quitter le milieu de la prostitution. Le projet vise principalement les femmes de 17 à 25 ans, une tranche d’âge, selon les policiers, qui se retrouve souvent dépourvue de services. « Au moment charnière où les victimes d’exploitation sexuelle atteignent leur majorité, peu ou pas de services s’offrent à elles », explique le directeur du SPAL. « Les policiers ne demandent pas aux victimes qui, où et quand ? Mais plutôt de quoi as-tu besoin ? Et pour nous, c’est une révolution », ajoute-t-il. Mais cette nouvelle approche n’écarte pas pour autant le travail des policiers pour démanteler les réseaux de proxénètes.« Soyez sans crainte qu’on ne lâchera pas prise du côté des proxénètes, ni de celui des clients […] mais on s’est rendu compte qu’en ce qui concerne les filles, il y avait un écart et c’est ce qu’on souhaite combler », explique Fady Dagher, directeur du SPAL.Le projet bénéficie d’une aide financière de 852 000 $ sur cinq ans du gouvernement fédéral. « Ce financement aide à lever les obstacles associés à l’abandon du commerce du sexe en faisant appel à des activités de sensibilisation et en offrant des services d’encadrement, de consultation psychologique, d’éducation, de développement des compétences et d’employabilité », souligne la députée de Longueuil–Charles-LeMoyne, Sherry Romanado, qui représentait le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale.

Toujours au Canada, d’après un article signé  de la journaliste Lisa-Marie Gervais depuis Sherbrooke et publié depuis le 24 décembre 2018 par le journal Le Devoir : « Apprendre le français en milieu de travail ».Ainsi commence le reportage de la journaliste Lisa-Marie Gervais.« Ton thé t’a-t-il ôté ta toux ? » Dans une petite salle à l’arrière de leur motel, John et Mia* essaient tant bien que mal de répéter ce virelangue, qui fait partie de leur leçon de français du jour. Leur professeure, Marianne Sabourin, une étudiante en enseignement du français au secondaire à l’Université de Sherbrooke, les écoute d’un oeil amusé mais bienveillant.Apprendre la langue de Molière n’a rien d’une sinécure pour ce couple d’entrepreneurs d’origine asiatique, qui a vécu à Montréal pendant dix ans avant de s’installer en Estrie il y a quelques années. « Avant de venir ici, je n’avais jamais écouté le français », explique John, qui, n’ayant jamais suivi de cours de francisation, estime avoir encore beaucoup de mal à s’exprimer. C’est justement pour pallier ce problème qu’a été implanté durant l’automne un nouveau programme de jumelage linguistique permettant aux immigrants parlant peu ou pas du tout le français de suivre des cours dans leur milieu de travail. « Beaucoup d’immigrants veulent et ont besoin de travailler. Mais s’ils prennent un cours, ils doivent prendre congé et ne peuvent pas travailler. C’est un cercle vicieux », constate Marianne Sabourin. « Qu’on se rende dans leur milieu de travail pour leur enseigner est un gros plus pour eux. On amène le français aux immigrants. » Bingo !L’idée est de compléter l’offre classique de cours en francisation en proposant une formule différente, souligne pour sa part Wim Remysen, professeur de linguistique à l’Université de Sherbrooke et instigateur du projet en Estrie. « Si vous travaillez dans la restauration, vous aurez besoin d’apprendre tout un vocabulaire qui ne sera pas nécessairement abordé dans un cours de français traditionnel », explique-t-il. L’« adaptabilité » de ce projet financé par le ministère de la Culture est sa grande force. « On axe vraiment sur les interactions et l’apprentissage du français oral. Dans une épicerie, un nouvel arrivant qui vend du dentifrice doit aussi savoir c’est quoi de la pâte à dents. »

C’est la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui avait d’abord mis sur pied ce projet de jumelage dans la métropole. Depuis 2016, des mentors linguistiques, étudiants de l’Université de Montréal, se rendent dans divers commerces pour enseigner le français aux immigrants qui y travaillent. Un dépanneur tenu par une famille chinoise transformé en salle de classe ? Et pourquoi pas ?Charmé par le concept, Wim Remysen n’a pas hésité à l’importer. « J’ai senti tout de suite le potentiel de cette façon de voir la francisation et l’intégration. » Car, toutes proportions gardées, le besoin pour ce genre d’initiative était tout aussi grand dans une ville de plus en plus cosmopolite comme Sherbrooke. « Il m’était arrivé d’entrer dans des commerces tenus par des immigrants et de réaliser qu’ils avaient de la difficulté à communiquer avec moi en français, malgré toute leur bonne volonté », explique M. Remysen. « L’apprentissage d’une langue est toujours un défi important et il ne faut jamais oublier que quand on s’installe dans un pays, on a toujours un réseau de gens de notre communauté. On travaille souvent dans un milieu où tout le monde autour a la même origine et parle la même langue. Le contact avec des francophones ne va pas toujours de soi. »À leur arrivée à Montréal au tournant des années 2000, John et Mia ont tenu un petit commerce, travaillant sans relâche pour offrir une vie meilleure à leur fille, qui fréquentait l’école primaire du coin. Les quelques mots de français qu’ils connaissaient leur suffisaient pour fonctionner dans leur milieu de travail au quotidien. « On n’avait pas besoin de parler français aux clients. On disait quelques phrases et faisait des gestes », raconte John avec son accent chantant. « Mais le français, c’est aussi important pour le reste de la vie. Dans la rue, pour aller à l’épicerie. »Après des mois intensifs de recrutement, dix groupes de jumelage ont été mis sur pied à Sherbrooke. Malgré tout, cela n’a pas été facile de trouver des Afghans, Iraniens, Latino-Américains qui ont accepté de se prêter au jeu. « C’est quand même dur d’établir le contact avec eux et de leur expliquer que c’est pour leur donner des cours de français pendant qu’ils travaillent.

Ils ne comprennent pas qu’on va les aider et que ça va être gratuit », note Marianne Sabourin, qui est rémunérée pour donner ses cours.Le projet de jumelage possède un autre objectif : celui de sensibiliser la communauté aux efforts que les immigrants font pour parler français. « On a tendance à faire porter le fardeau de l’apprentissage sur le dos des apprenants, mais en même temps, pensant bien faire, les gens ont le réflexe, lorsqu’ils voient une personne ne maîtrisant pas le français, de lui parler en anglais », déplore M. Remysen. Pour lui, le client ou le passant dans la rue a aussi sa responsabilité. « On veut dire aux clients de ne pas hésiter à parler français aux commerçants. Pour pouvoir s’améliorer, ils ont besoin de pratiquer. Et ils ont la volonté pour le faire. »En rodage, le programme de jumelage demeure un défi pour les enseignantes — ce sont toutes des femmes pour l’instant. « Mais tu crées un beau lien avec ceux que tu aides. Oui, c’est du travail, mais on rigole beaucoup », souligne Marianne Sabourin.Les enseignantes doivent adapter le cours aux besoins des apprenants, se rendre disponibles pour eux et trouver une façon de transmettre des notions de participe passé dans une allée d’épicerie ou aux côtés du tiroir-caisse. « Si c’est utile ? Oui ! » s’exclame John, qui dit avoir le souhait d’offrir un meilleur service. « C’est sûr que je parle mieux que avant. » De toute évidence, il n’y a pas que le client qui est content.Mais ce qui est encore plus difficile que les règles parfois tordues de la grammaire, c’est de trouver du temps à y consacrer. « Il y a beaucoup de travail. On n’a pas de temps pour apprendre [le français] en dehors d’ici », complète Mia, qui, comme beaucoup de gens dans le domaine de l’hôtellerie, ne compte plus ses heures de travail.

Sélection de Ahmat Zéïdane Bichara

 

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