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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                                      Disent-ils vrai ou faux ?

Tchad, un pays à mille problèmes politiques par jour et quels problèmes!Difficile de répondre rapidement à  ces questions. Mais tentons tout de même de trouver quelque chose d’assez cohérent concernant  la délicate et sournoise visite d’Alexandre Benalla (né Maroine Benalla le 08 septembre 1991 à Evreux) en France. Cet ex-collaborateur du président Emmanuel Macron, se présente comme Adjoint au Chef de Cabinet du Président de la République et fonctionnaire français, chargé de mission à la présidence. Quelles sont les vraies raisons de sa visite au cœur de ce vaste pays de la Sous-région Afrique centrale ? Cette question fut posée par plusieurs médias tant nationaux qu'internationaux. Cependant peu d'entre eux détiennent des informations fiables et fondées. Qui donc serait capable de répondre le mieux et de façon exacte à cette grosse interrogation tordant le cou et coupant le sommeil aux journalistes africains et occidentaux ? Si certaines personnes espèrent éteindre leur soif en se tournant vers les journalistes d’investigations, qui probablement se battent nuit et jour à la chasse  de cette perle rare que ce monde politique Franco-Tchadien, très opaque, incompréhensible, indéchiffrable, insaisissable, impénétrable, voire obscur a forgé. En effet, en Afrique et particulièrement au Tchad, presque tous les Tchadiens attendent que c’est en France que sortirait cette vérité. Malheureusement ils se sont largement trompés et continuent de se tromper naïvement en mettant leur confiance à cette France manipulatrice. Car, le voyez-vous, depuis la révélation du voyage suspect d'Alexandre Benalla, aujourd’hui reconnu présumé utilisateur au moins de quatre «faux passeports diplomatiques et de service». Les médias français et leurs politiciens ont simplement détourné ailleurs la question liée aux véritables raisons de son voyage à N'Djamena en l’orientant uniquement vers la détention illégale et l'utilisation abusive. Ce jeune  de 27 ans s’est une nouvelle fois retrouvé, lundi 21 janvier 2019, devant la commission des lois du Sénat, qui apparemment enquête sur des dysfonctionnements qualifiés dimanche 20 janvier 2019 par le porte-parole du gouvernement de Macron, Benjamin Griveaux , « d’incompréhensibles pour les Français ».

Les sénateurs avaient déjà auditionné Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018, après sa mise en examen pour des violences sur des manifestants le 1er-Mai 2018, à Paris, alors qu'il était « observateur » aux côtés de la police. Il a de nouveau été mis en examen vendredi 18 janvier dernier, cette fois pour l'utilisation abusive de passeports diplomatiques après avoir été licencié, fin juillet. Voici ce qu'il faut retenir de cette audition, au cours de laquelle il a reconnu «un certain nombre d'erreurs». Face à ce monde politique bourré de mensonge, les commentateurs politiques tentent de trouver un juste milieu en ramenant soit des bribes d’informations ou des analyses personnelles sous forme des reportages pour calmer partiellement les populations franco-tchadiennes qui attendent toujours la vérité sur cette visite. Ainsi parmi ceux-là qui continuent de se battre pour briser ce cercle vicieux visiblement malintentionné, on retrouve Thomas Diestrich , cet écrivain, ex-haut fonctionnaire français qui eut publié le 21 janvier une excellente tribune dans les colonnes du journal français Libération  dont le titre : "Alexandre Benalla, pour tout l’or du Tchad ", accessible en version numérique.

Monsieur Thomas Diestrich débute donc sa tribune en ces termes : « Quel était le véritable objet du voyage de l'ancien garde du corps du président Macron au Tchad ? La question reste entière, malgré l’audition de l’intéressé devant une commission sénatoriale ce lundi. C’est peut-être en direction de la nouvelle manne du pays, l’or du Tibesti, qu’il faut chercher la raison de cette mission qui a suscité le scandale.

Ils s’appelaient Galmaye Derdimi et Hassan Kelle Lony. Ce n’était pas des enfants de chœur, loin de là. Il y a une dizaine d’années, ils avaient participé aux grandes rébellions qui, de l’est du Tchad, avaient fondu sur la capitale, N’Djamena. Leur rêve de gloire et de richesse s’était brisé à 300 mètres du palais présidentiel, sous le feu de l’armée française venue à la rescousse du potentat local, Idriss Déby. Après l’éparpillement de la rébellion, ils s’étaient retrouvés comme deux joueurs plumés à l’arbatachar, le poker tchadien. Alors, quand ils avaient appris l’existence de gisements d’or au Tibesti, cette immense région désertique et montagneuse de l’extrême-nord, ils n’avaient pas hésité. Avec leurs dernières économies, ils avaient acheté un peu de matériel artisanal, pas grand-chose, juste de quoi extraire quelques pépites. Comme des centaines d’autres, ils s’étaient installés à Kouri Bougoudi, une ville minière non loin de la frontière tchado-libyenne. Les conditions de vie y sont rudes. Le vent souffle en rafales et le sable griffe les visages. Le matin, un froid mordant engourdit les corps, avant que ne tombe une insoutenable chaleur, comme un couvercle sur une casserole en fonte.Il n’y a pas d’eau à Kouri Bougoudi, l’or bleu est convoyé par citernes et certains jours, quand le ravitaillement n’arrive pas, il se négocie presque plus cher que l’or jaune. Mais tout de même, pour les deux comparses, c’était le Pérou. Les pépites se trouvaient là, à portée de main, il ne fallait pas creuser bien profond pour les dénicher et les vendre une petite fortune. Et puis, il y eut cette aube terrible du 13 septembre. Les orpailleurs entendirent d’abord un bruit au loin, un brassement d’air saccadé et hypnotique, et quand ils comprirent enfin que c’était des pales d’hélicoptères, c’était déjà trop tard, les aéronefs étaient entrés en action, ils mitraillaient le camp des orpailleurs, on les avait envoyés pour tuer. Quand enfin les deux hélicoptères s’éloignèrent, les survivants relevèrent les corps sans vie de Galmaye Derdimi et de Hassan Kelle Lony. Ils avaient succombé à une attaque surprise de l’armée tchadienne.

Au bord de la faillite : Pour comprendre le bombardement de Kouri Bougoudi mais aussi la visite d’Alexandre Benalla au Tchad, il faut revenir bien en arrière. Le président tchadien Idriss Déby est arrivé au pouvoir en 1990, avec l’appui opérationnel de la DGSE. Déby, ancien élève de l’Ecole de guerre à Paris, s’est vite découvert des talents d’autocrate, à tel point que le magazine The Economist le considère comme le pire dictateur du continent africain. Pourtant, le militaire aurait pu être une sorte de Kadhafi sahélien et offrir à son pays une prospérité que l’exploitation des champs pétrolifères de Doba permet, en théorie. Il n’en fut rien. Déby et son entourage, principalement composé de Soudanais issus du même clan zaghawa que lui, ont fait main basse sur l’or noir, comme le souligne un rapport de Swissaid de 2017. La population, quant à elle, continue de végéter dans la misère. Le Tchad est actuellement classé 186e sur 189 à l’indice de développement humain des Nations unies.Mais ce qui stupéfie encore davantage, c’est qu’à l’heure actuelle, le régime tchadien ne tire pratiquement plus aucun bénéfice de l’exploitation de son pétrole, qui se monte pourtant à 170 000 barils par jour.

 La faute à un colossal imbroglio qui oppose l’Etat à Glencore, sulfureux négociant anglo-suisse en matières premières. En 2014, Déby entend racheter les parts de l’américain Chevron dans le consortium qui exploite le pétrole tchadien. Il emprunte alors 1,36 milliard de dollars (1,12 milliard d’euros) à Glencore, qui doit se rembourser «en nature», en prélevant une part du pétrole exploité. Problème : le prix du baril chute drastiquement dans les mois qui suivent et les hydrocarbures extraits ne suffisent plus à couvrir les échéances de remboursement ; d’autant que les caisses publiques demeurent désespérément vides.Selon les Panama Papers, le clan au pouvoir aurait détourné 10,76 milliards de dollars pour les placer dans des paradis fiscaux. Début 2018, le Tchad est au bord de la faillite. Déby sabre le salaire des fonctionnaires d’un tiers, mais il ne récolte rien d’autre qu’une grève générale. Glencore ne desserre pas l’étau, réclamant un remboursement immédiat de l’argent prêté. C’est alors que la France vole encore une fois au secours de Déby. Il faut dire que Paris a de tout temps considéré le Tchad comme sa chasse gardée. N’Djamena est le siège de l’opération Barkhane et Déby a rendu de bons et loyaux services dans la lutte contre les jihadistes au Mali. L’ancien employeur d’Emmanuel Macron, la banque Rothschild, est missionné pour appuyer l’Etat tchadien dans les négociations avec Glencore. Le 23 février, au plus fort de la contestation sociale, un accord est trouvé. Le soldat Déby est sauvé. Mais le coup est passé près.

Impitoyable répression : Dès lors, l’homme fort du Tchad se met en quête d’autres sources de revenus. Et un rapport du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) va éveiller son intérêt. Pendant trois ans, les experts de cet organisme public français ont cartographié les ressources minières de l’ensemble du territoire. Dans la région du Tibesti, ils ont découvert des quantités incommensurables d’or. Certes, depuis 2012, des orpailleurs creusaient de manière artisanale les premières couches du sous-sol mais personne ne pouvait s’imaginer les trésors que la terre aride du Tibesti contient en son sein. Dès lors, la fièvre de l’or ne quitte plus le Palais rose, la présidence tchadienne. Mais avant que des multinationales ne s’installent dans les zones aurifères et ne puissent exploiter de manière industrielle le précieux métal, il faut chasser les orpailleurs qui s’y sont installés. C’est précisément à ce moment-là, en août, que les bombardements de l’aviation tchadienne commencent. Mais les orpailleurs ne s’en laissent pas compter et prennent les armes, s’alliant avec les rebelles du CCMSR (Conseil de commandement militaire pour le salut de la République).

La population Toubou, elle aussi, se soulève, se fédérant en comités d’autodéfense.Des villes comme Yebbibou ou Miski chassent l’armée régulière de leurs murs. Il faut dire que le Tibesti, malgré sa faible population (environ 30 000 habitants), est coutumier des insurrections. Et les Toubou ne veulent pas être les grands oubliés de la ruée vers l’or, réclamant leur part du butin, mais aussi des routes, des centres de santé, des écoles, tout ce dont le pouvoir central les a toujours privés. En face, le régime répond par une impitoyable répression. Au cours des mois de novembre et décembre, l’aviation tchadienne bombarde à de multiples reprises la ville de Miski, ôtant indistinctement la vie à des insurgés du comité d’autodéfense mais aussi à des femmes et des enfants. Un convoi de mariage est même attaqué. Le 12 janvier, des mercenaires soudanais sont envoyés par le régime pour anéantir les derniers orpailleurs de Kouri Bougoudi. Pour Déby, il ne s’agit pas seulement de faire taire des doléances économiques, mais bien de procéder à ce que d’aucuns, sur place, n’hésitent plus à qualifier d’épuration ethnique. Quoi qu’il en soit, le régime tchadien tente désespérément de reprendre pied dans une région qui l’inquiète de par ses velléités insurrectionnelles et sa proximité avec la frontière libyenne, un véritable triangle des Bermudes en plein désert où se croisent trafiquants, mercenaires et rebelles.

Diplomatie de l’ombre : Dans ce conflit secret, l’armée française n’est jamais loin. Ses drones fournissent aux forces tchadiennes de précieux renseignements sur les mouvements des comités d’autodéfense dans une région qui ne compte pas un seul djihadiste. La France approvisionne en carburant l’armée tchadienne, à hauteur de 4 millions d’euros par an. C’est une information officielle, connue. Ce qui est moins rendu public, c’est que ce carburant alimente certainement les hélicoptères qui s’en vont massacrer des civils dans le Tibesti. A Faya-Largeau, à un peu moins de 500 kilomètres de la ligne de front, un hôpital de campagne est tenu par des médecins tricolores et les blessés des forces régulières s’y font soigner. Et l’on ne peut s’empêcher d’établir un parallèle avec les heures les plus sombres de la Françafrique, lorsque Paris appuyait la répression des insurgés camerounais de l’UPC ou le génocide des Tutsis au Rwanda, quand Paris oubliait d’être, selon la formule de Clemenceau, «un soldat de l’humanité» pour fermer les yeux sur des crimes contre cette même humanitéCar l’Elysée sait ce qui se passe au Tibesti, il n’ignore rien de cette sordide guerre de l’or auquel Alexandre Benalla va se retrouver également mêlé.

Dans ce pan de l’affaire, l’homme-clé n’est pas l’ancien garde du corps de Macron mais bien son nouveau mentor, Philippe Hababou Solomon. L’homme d’affaires israélien est un habitué du Palais rose, où Déby le reçoit en ami. Et Hababou Solomon le lui rend bien : il a récemment joué les missi dominici pour réconcilier le Tchad avec deux Etats. Le Qatar tout d’abord, pour qui Hababou Solomon travaille en tant que consultant, cultivant sa proximité avec la famille de l’émir Tamim al-Thani. Israël, ensuite. Même si des mercenaires liés au Mossad travaillent depuis 2006 au Palais rose où ils sont affectés à la cellule d’écoutes téléphoniques, les relations diplomatiques entre le Tchad et l’Etat hébreu étaient rompues depuis 1972. Le lien s’est reconstitué à la faveur d’un séjour de Déby à Tel-Aviv, fin novembre. A cette occasion, le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a consenti d’importantes ventes d’armes au président tchadien, notamment des véhicules blindés RAM MK, indispensables à la «pacification» du Tibesti.

Fin novembre, moins d’une semaine après le retour du président tchadien en provenance d’Israël, c’est au tour d’Hababou Solomon d’atterrir à N’Djamena, en compagnie d’Alexandre Benalla. La visite est aussi courtoise qu’intéressée. Hababou Solomon vient chercher sa rétribution pour ses bons offices, sa diplomatie de l’ombre au Qatar et en Israël. La délégation de dirigeants de la société turque Sur International qui les accompagne et qui vient vendre des uniformes militaires est un leurre, une couverture. Hababou Solomon et Benalla ont des ambitions de Rockfeller plutôt que de fripiers. Au soir du 3 décembre, Hababou Solomon annonce à Déby que des investisseurs qataris proches de l’émir sont prêts à se lancer dans l’extraction de l’or du Tibesti.Les Qataris ne sont pas des néophytes en la matière. En 2014, ils avaient déjà participé à l’exploitation de l’or du Batha, une région du centre du pays. Là, l’affaire promet d’être encore plus juteuse. Le montage est simple : une joint-venture domiciliée en Turquie mais à capitaux qataris, Barer Holding, doit discrètement prendre le contrôle d’une société fantôme, Sogem SA, qui dispose déjà d’un agrément étatique pour exploiter l’or depuis le 11 avril. Il faut dire que la Sogem SA est contrôlée en sous-main par des proches de Déby, notamment son neveu et grand argentier, Abderrahmane Mahamat Itno, alias «Bedey». En échange, Barer Holding s’engage à apporter la mise de fonds pour démarrer l’exploitation aurifère. La joint-venture pourra ensuite s’approprier 65 % des bénéfices, 35 % allant au clan Déby.

Atout maître :Dans la négociation, l’ancien garde du corps d’Emmanuel Macron a été plus qu’un intermédiaire. Il s’est révélé atout maître. Car Déby en est persuadé : en s’adressant à Benalla, il parle à l’oreille d’Emmanuel Macron. Est-ce réellement le cas ? Emmanuel Macron a-t-il fait de son ancien garde du corps l’instrument d’une diplomatie parallèle ? Pourtant, l’Elysée a toujours affirmé tout ignorer de l’équipée de Benalla en terre tchadienne, passeports diplomatiques en poche. Quoi qu’il en soit, les 22 et 23 décembre, le président français s’est rendu à N’Djamena et a affiché un soutien indéfectible à Déby. Sans un mot bien entendu pour la tragédie qui se déroule dans le nord, loin des caméras. Pendant ce temps, la ville de Miski n’a pas cessé d’être assiégée, Kouri Bougoudi d’être un théâtre d’affrontements et chaque matin sur les montagnes acérées d’un Tibesti-martyr, d’une région bientôt envahie par les pelleteuses des multinationales de l’or, se lève une aube encore plus rouge que la veille. Contactés par Libération, Alexandre Benalla et Philippe Hababou Solomon n’ont pas donné suite ».

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