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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’Indemnisation des victimes du dictateur et criminel Hissein Habré, l’ancien chef d’Etat tchadien prononcée par les Chambres Africaines extraordinaires relève-t-elle purement d’un acte politique ? Cette question mérite bien d'être posée, puisque plus de deux ans après sa condamnation à perpétuité à Dakar au Sénégal, Hissein Habré continue toujours d’être protégé en bénéficiant d’une large clémence venant de la part de certaines hautes autorités sénégalaises. Et les preuves sont bien là. En effet, dans cet article de presse ci-après rédigé sous la plume de notre confrère Noël Sambou pour le compte du journal numérique SeneNews, on retrouve beaucoup d’informations montrant de façon suffisante le statu quo ou le blocus volontaire ou involontaire instauré par les autorités sénégalaises. Noël Sambou du SeneNews décrit très bien les choses : «Mission à moitié accomplie. C’est ainsi qu’on pourrait qualifier le procès de l’ancien président tchadien, Hissein Habré, organisé par le Sénégal à Dakar. En effet, après sa condamnation, à Dakar par les Chambres Africaines extraordinaires, la seconde étape consistant en l’indemnisation de ses victimes piétine encore. Faute de moyens conséquents du  »bourreau » pour indemniser ses victimes, un fonds spécial a été créé à cette fin. Et des donateurs sont prêts à mettre la main à la poche. Seulement le Sénégal qui est le pays le mieux qualifié pour abriter ce fonds, refuse de l’abriter par pure vengeance. Le président  Sall croit devoir rendre la gifle à lui administrée par Idriss Deby, en refusant de retirer son candidat en faveur de celui du Sénégal (Abdoulaye Bathily) lors de la dernière élection du président de la commission de l’Union africaine. La politique a donc clairement pris le dessus un dossier judiciaire. Conséquence après le procès l’espoir des  victimes s’est effondré, beaucoup sont en train de mourir sans réparation. Suite à la  reconnaissance du préjudice subi lors du procès, les victimes de Hissène Habré attendaient réparation. Mais depuis la fin de ce procès historique elles sont toujours dans l’expectative. Beaucoup sont en train de mourir avant d’avoir été indemnisé au grand regret de leurs avocats, notamment Me Assane Dioma Ndiaye. Au Tchad, l’avocate Jacqueline Moudeina serait harcelée par des victimes. En vérité, il faut une bagatelle de 82 milliards F CFA pour indemniser les 7396 victimes qui étaient venues à Dakar dans le cadre du procès. Alors que  tout était bien partie après la création du fonds par l’Union africaine destiné à cette indemnisation,  le président Sall  qui s’était personnellement engagé pour la tenue de ce procès, renonce à faire le nécessaire pour le finaliser cette seconde étape qui est la phase d’indemnisation des victimes ».

«Le président sénégalais estime n’avoir pas obtenu la monnaie de la pièce ».C’est toujours Noël Sambou qui continue de révéler la suite des informations cachées, rarement sues ou véhiculées dans les milieux Sénégalais et Tchadiens, où l'autoritarisme des régimes en place conduit parfois à l'autocensure ou à la peur de subir des représailles. L'auteur de cet article poursuit en parlant du président Sall : «Il a accepté d’ouvrir le procès à Dakar, de mettre ses infrastructures et des ressources humaines pour la tenue du procès. En retour lorsqu’il y avait un poste à prendre à la présidence de la commission de l’Union africaine le Tchad aurait dû en guise de reconnaissance se retirer tranquillement en faveur du Sénégal. Mais le Tchad a préféré maintenir son candidat Moussa Mahamat Faki qui est aujourd’hui président de la commission de l’Union africaine contre Abdoulaye Bathily, le candidat du Sénégal d’alors. A la demande expresse de l’union africaine, le Sénégal avait accepté d’organiser le procès de l’ancien président tchadien Hissein Habré, réfugié à Dakar avec sa famille depuis son renversement en 1990 par l’actuel président tchadien Idriss Deby. A cet effet l’Etat du Sénégal a revu son arsenal juridique, puis les Chambres africaines extraordinaires furent créées. Le procès se tient pendant au environ un an. Il fut financement à hauteur de 18 milliards de Fcfa principalement par des bailleurs de fonds étrangers. Les présumées victimes y ont été amenées du Tchad dans la capitale sénégalaise pendant toute la durée du procès. Elles ont chacune été confronté à Hissein Habré leur présumé bourreau. Certaines ont à  cette occasion revécue la douleur et l’émotion des tortures, voire de la mort, qu’on leur  a fait subir ou fait subir à leur proche ou parent. Le procès s’est déroulé normalement et comme on pouvait s’y attendre sans surprise Hissène Habré (74 ans) est condamné le 30 mai 2016 après l’ouverture du procès le 20 juillet 2015. Une condamnation à perpétuité pour « crimes de guerre», «crimes contre l’humanité», «tortures» et «viols» par les Chambres africaines extraordinaires (CAE) ».

« Habré purge encore sa peine à Dakar», comme le rappelle si bien le journaliste Noël Sambou du journal SeneNews. Enfin il termine cet article en se replongeant dans le contexte antérieur ayant conduit à la condamnation de l'ex dictateur Hissein Habré : «La peine sera confirmé 7 mois plus tard par la cour d’assise d’appel en l’absence même de Habré qui refuse toujours de reconnaître la cour d’exception qui le juge. D’ailleurs en première instance, il a souvent été amené de force à la barre et il refusait de prendre de répondre à quel qu’interpellation que ce soit de la cour. Mais des avocats avait été commis d’office pour lui pour le représenter contre sa volonté. Parce que monsieur Habré avait lui-même commis des conseillers qui eux ont opté pour le boycott à la demande de leur client.Pour la première fois le tort aux victimes a été reconnu. Mais cela n’était que la première phase. Une deuxième phase, capitale pour les victimes devrait être l’indemnisation. Chaque victime devrait bénéficier d’une indemnisation de 10 millions à 20 millions selon le préjudice subi. Et le coût global de l’enveloppe nécessaire pour la réparation de toutes les victimes répertoriées était de 82 milliards de Fcfa. Seulement les biens répertoriés de Hissein Habré sont très largement insignifiant pour cette indemnisation. C’est alors comme il est de coutume dans les tribunaux d’exception, il est demandé la création d’un fonds qui serait alimenté par des bailleurs de fonds, notamment ceux ayant participé au financement du procès ou toute autre bonne volonté. Ce procès a été jugé d’ «historique» sur le continent par les organisations de défense des droits de l’homme. Parce que cela donné l’impression de la fin de l’impunité. Pour la première fois, un ancien chef d’Etat a été jugé par un tribunal africain pour violation des droits de l’homme, notamment pour des crimes que la Cour pénale internationale a compétence à juger.«Un ancien dictateur n’avait encore jamais été personnellement reconnu coupable de viol par une cour internationale», a souligné le juriste américain Reed Brody, qui travaille avec les victimes du régime. Habré depuis 1999 pour le compte de l’ONG Human Righ Watch. S Une commission d’enquête tchadienne avait estimé le bilan de la répression sous son « règne» à quelque 40 000 morts. Chiffre que beaucoup mettent en doute parce que l’enquête n’en serait pas objective. Vu la situation dans laquelle  se trouve les victimes Senghane Senghor,  le chargé des questions  de Paix et sécurité à la Rencontre africaine pour la défense des Droits de l’homme se demande s’il fallait vraiment organiser  ce procès».

Ahmat Zéïdane Bichara

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